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- Tosca - A ton regard perdu, on voit l'humanité -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples
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Teobaldo Del Toro10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Tosca - A ton regard perdu, on voit l'humanité ( le Mer 26 Juil - 13:06 )
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L'hésitation dans la chair. Le doute dans l'âme. La silhouette de l'ancien prêtre se dresse face à la porte d'entrée de l'Eglise. Son église auparavant. Là il a officié. Là où il a reçu tant de personnes. Là où il a œuvré toute sa vie. Toute sa vie avant de sombrer. Son église. Son échappatoire. Son point de chute. Pour partir de son village. Pour se défaire des boulets qu'on lui a menotté aux chevilles. Les a-t-il défait pour autant aujourd'hui ? L'écho du néant en toute réponse. Son église. Son refuge. Son œuvre. Une des plus belles choses qu'il a fait. Ses pieds le brûlent comme pour l'empêcher d'entrer. Un paroissien qu'il a connu pénètre la demeure de Dieu en lui lançant un regard de travers. Gêné, Teobaldo détourne le regard et s'apprête à faire marche arrière. Repartir de là où il vient. C'est à dire nulle part. Une main l'accoste et l'arrête. « Mon frère, tu es tout aussi bienvenu dans la maison de Dieu qu'une autre personne » L'homme fait face à son interlocuteur. Il se confronte à une soutane et un sourire compatissant. Le voilà donc son remplaçant. Là. Qui se dresse face à lui de toute sa jeunesse. Pendant un instant, il a l'impression de se voir il y a des années de cela à accoster les brebis perdues venues hésiter devant la porte de la demeure du Divin. « Viens. Entre » Pendant un court instant, Teobaldo a envie d'hurler et de prendre la poudre d'escampette afin de disparaître d'ici. Un cri se bloque dans sa gorge. La frustration. C'était son rôle. Son job. Le but de sa vie. Celui pour lequel il a tout abandonné. Tout. Un possible bonheur d'une vie en couple. Une éventuelle histoire d'amour. Peut-être une famille. Tosca. S'il avait eu le cran. Le courage de se déclarer. D'assumer. Et aujourd'hui, plus rien. Il n'a plus rien. Tout ces sacrifices pour du vide. Déglutissant à peine, l'homme hoche la tête et accepte d'entrer dans la bâtisse qui n'est plus chez lui désormais.

Il s'installe sur le banc de la dernière rangée et laisse son regard se perdre sur la dégaine du fils de Dieu crucifié. « Toi aussi, tu t'es sacrifié pour quedalle » Qu'il marmonne dans sa barbe de quelque jours. Alors qu'il allait sortir sans demander son reste, une chevelure caramel attire son regard. Il la reconnaîtrait parmi toute. L'apparition de Tosca dans l'allée le visse sur son banc et l'assomme comme un boxeur qu'on viendrait de mettre K.O. Tosca. Oh Tosca. Toujours aussi belle. Toujours la même. Si ce n'est ce regard perdu qu'il ne connaît pas. Qu'il ne lui connaît pas. Non. Dans son regard, il y a toujours vu des étincelles. Un feu ardent que rien ne pouvait éteindre. C'est ce qu'il croyait dur comme fer jusqu'à aujourd'hui. Plusieurs fois, après sa première visite, il avait eu envie d'aller la voir, de lui parler mais n'avait osé. Paralysé par l'idée qu'elle l'aie oublié. Meurtri de n'être … plus rien pour elle. Il l'avait perdu. Peut-être depuis plus longtemps au fond. Demeurer encore le rôle de l'ami mais ça aussi la vie le lui avait enlever. Il n'était plus rien pour Tosca. Quand elle, elle est encore tout. L'envie de s'en aller se prononce encore plus sous son cœur qui se serre mais il n'y arrive pas, Teobaldo. Il n'arrive pas à défaire son regard de la silhouette de Tosca. Il n'arrive à s'en aller et lui tourner le dos. Pas aujourd'hui. Non. Pas aujourd'hui. Alors que le regard de Tosca semble se tourner en sa direction, le brun baisse la tête brusquement et enfonce ses mains dans ses poches. Niveau discrétion, peut mieux faire. « Tenez ! Ce sont les activités paroissiales de la semaine » Sursautant, Teobalo se tourne vers la jeune femme qui lui tend un papier. Nouvelle paroissienne sûrement car elle ne lui dit rien et elle ne semble pas le reconnaître. « Merci » Ses doigts s'emparent du papier dont il ne sait que faire. Ses yeux se reposent sur Tosca alors que ses mains s'agitent inconsciemment. Elle s'est posée à peine plus loin. A quelque rangées de lui. S'il se penchait, il pourrait toucher du bout des doigts sa longue chevelure dorée. Tellement proche mais en même temps si éloignée. Dans sa main droite, un origami plié machinalement. Sans se rendre compte. Une colombe. La paix. Sans réfléchir, Teobaldo se redresse et s'approche du banc de Tosca. Quel fou. Je suis fou. Qu'il se dit dans sa tête mais ses gestes, c'est comme s'il ne les contrôlait plus. Sa dégaine se pose à la place libre près de son amie d'enfance. Son premier amour. « Bonjour Tosca » Sa main se tend vers la femme, révélant la colombe pliée, posée aux creux de sa main. « C'est pour toi » Un raclement de gorge vient éventrer le silence. « Je suis Teobaldo Del Toro. Nous sommes du même village et avons grandi ensemble » L'incertitude le possède tout entier. Des « et si » peuplent son esprit. Et si elle a peur de lui ? Taulard fraîchement sorti ? Et si elle ne désire pas lui parler ? Et si elle le rejette ? Lui, tout entier. L'idée le fêle déjà mais que peut-il y faire si ce n'est accepter sa condition de renégat ? Il ne peut que respecter les choix de Tosca comme elle a dû le faire avec lui des années auparavant. « Je suis désolé. Ma présence t'importune peut-être. Je peux te laisser... » Le silence s'installe. Se suspend au temps. Il appréhende, Teobaldo mais il attend le verdict. Sa condamnation.



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I wear this crown of thorns upon my liar's chair, full of broken thoughts I cannot repair. Beneath the stains of time, the feelings disappear. You are someone else. I am still right here © signature by anaëlle.
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Sujet: Re: Tosca - A ton regard perdu, on voit l'humanité ( le Mer 26 Juil - 22:06 )
O Lord, please grant me your strength
to recover from any disease
O Lord, would you heal my heart
If it were broken at your ease ?
O lord, please give me an answer
I could really die from this.


Elle y est. La demeure de Dieu, l'ambassade des Hommes touchés pas le divin. C'est étrange. Dit ainsi, il lui aurait été plus logique de trouver ce lieu davantage chaleureux. Mais elle est ici, et la pierre froide l'englobe en son entière. Les vitraux déversent leurs couleurs délavées sur les bancs de chêne sculptés, car le soleil s'endort, lui aussi, en cette fin d'après-midi. Debout, seule au-milieu de la nef unique, Tosca laisse ses yeux arpenter la moindre parcelle de l'édifice. Tournant légèrement sur elle-même, elle insiste sur chaque détail, chaque morceau de temps gravé dans ce bâtiment. Il doit bien y avoir quelque chose. Il doit y avoir quelque chose. Forcément.
Ses frères le lui ont dit. Cet endroit devrait être spécial pour elle. Ce fût l'endroit où elle célébra son mariage, celui-là même qu'elle a, comme le reste, oublié. Et ce n'est pas celui qui semble être son époux qui se prive de lui rappeler combien, chaque jour durant, ils ont été heureux.
Mais pour elle, rien de tout cela n'a de sens. Et tant que ne jaillira l'implacable vérité, celle qui tient si ardemment la porte de ses souvenirs close, elle ne pourra jamais se résoudre à croire pleinement ses proches.

Alors elle est venue, d'elle-même, dans cet endroit si symbolique. Échappant à la surveillance constante de sa famille, à la recherche de cette émotion vivace, de cette étincelle qui, enfin, agira comme clef pour la libérer. Quelques pas de plus et elle s'avance vers l'autel. Les flammes vacillantes des cierges allumés l'hypnotisent, dansant en silence tandis que ses propres pensées vagabondes. L’indicible lui broie le cœur, la peur la tétanise : et si elle s'épuisait pour rien ? Et si ses souvenirs étaient condamnés à rester enfermés dans son propre palais de mémoire ? Que deviendrait-elle ? Pourrait-elle continuer à croire aveuglément les propos de ses connaissances, quitte à devenir leur marionnette incapable de jugement ? « Tosca ? Est-ce bien toi ? » Une voix dans son dos coupe alors le flot de questions déprimantes. « Eh bien, mon enfant... Je suis ravi de te revoir. Il y avait des années que tu n'étais pas revenue ici. Depuis ton mariage, si mes souvenirs sont bons. » Un paroissien se tient près d'elle, le sourire sincère pendu à ses lèvres. « Ah oui ?... Peut-être... Si vous le dites. », souffle-t-elle, presque intimidée. Elle se confronte tout les jours à toutes ces personnes qui en savent beaucoup trop sur elle, tandis qu'elle ne sait rien. Elle tisse, sans le vouloir, une carapace protectrice. « … Tu sembles soucieuse, mon enfant. Puis-je t'aider d'une quelconque manière ? Sache que tes paroles ne seront jamais ébruitées, tu peux te confier en toute quiétude. » Elle marque un temps, hésite. « Je... vais bien, je vous remercie, mon père. J'ai simplement besoin... de réfléchir. » L'homme d'église sourit un peu plus, tournant son regard vers la figure christique qui les surplombe. « Alors sois sereine. Quelques soient tes doutes, le Seigneur t'aidera sûrement à trouver ta réponse. Va en paix, Tosca. » Il s'éloigne, lentement, vaquant à d'autres occupations. Tosca le regarde s'éloigner et finit par faire de même, inclinant la tête vers l'entrée de l'église alors qu'elle se dirigeait vers l'un des bancs. Et c'est à cet instant qu'elle l'aperçoit. Lui.
Elle avait déjà rencontré cet homme une fois après son réveil. Il était venu à l'hôpital, rapidement, avant de s'en aller. Quelques minutes seulement mais Tosca n'avait pas su effacer ce visage qui pourtant ne lui disait rien. Subsistait l'impression étrange que cet homme n'était pas n'importe qui. Qu'il y avait, en lui, en sa présence, l'une de ces fameuses clefs qui pourrait briser l'un des verrous de sa mémoire. Pensive, elle prend finalement place, n'osant pas l'aborder. C'est idiot, se dit-elle. Elle n'aurait rien à perdre. Presque tout à gagner si son impression se confirme... Mais elle reste là, assise, les yeux clos. Prie-t-elle ? Ce serait bien la première fois.
L'instant passe, elle songe, mutique, à des images, des sons, des couleurs qui lui rappelleraient ce fameux mariage. Elle fouille, archéologue de sa propre histoire. Même le visage de l'époux ce jour-là lui conviendrait... époux qui serait, d'après ses conclusions, cet Orfeo qui partage sa vie. Etait-ce bien lui ? Ou un autre...
Il y en avait... peut-être un autre.
« Bonjour, Tosca. »
Toutefois, on l'interrompt. Ses yeux se rouvrent alors qu'elle croise à nouveau le regard de cet inconnu, qui s'est rapproché à son niveau entre temps. « Bonjour... ? Vous... étiez à l'hôpital. Je vous reconnais. », répond-elle, légèrement surprise. L'émotion revient, subtile, s'insinuer dans son cœur. Elle n'arrive pas à lui en vouloir d'avoir interrompu sa méditation. Tandis qu'il lui tend un pliage d'oiseau, elle l'observe, en silence, pour lentement descendre son regard vers l'origami précieusement confectionné. Presque comme un véritable oisillon délicat, elle le prend dans ses mains et le garde contre elle. « Merci... C'est très joli. Vous êtes doué... »
L'homme prend finalement place à ses côtés. Curieusement, elle ne s'éloigne pas. Sa crainte n'a pas lieu d'être, c'est comme une évidence qui l'empoigne. Quand, enfin, il décline son identité, un bond se crée subitement dans son être tout entier.
Il y a quelque chose. Il y a forcément quelque chose.
Teobaldo Del Toro. L'ami de longue date, du même village. L'ami... « Vraiment... ? », souffle-t-elle, avant de sourire de manière presque désolée. Elle voudrait pouvoir le croire, réellement. « Je suis désolée... Je ne me souviens pas. Je n'ai rien d'autre qu'une sorte de sensation chaleureuse, lorsque je vous vois. C'est un peu étrange, dis comme ça. » Mais alors qu'elle trouve une piste de recherche, celle-ci veut s'enfuir, subitement. Elle ne comprend pas. Il vient vers elle pour s'envoler à nouveau. Elle ne peut pas s'y résoudre. Comme prise d'un élan soudain, elle le corrige. « Non, non... vous ne me dérangez pas. Ne partez pas... » Sa voix déraille légèrement, prise de peur à l'idée qu'il puisse s'enfuir et qu'elle reste seule à combattre. « … Pour tout vous dire... vous le savez peut-être déjà, mais j'ai perdu la mémoire. C'est comme si je n'étais plus rien ni personne, et... je recherche la Tosca que j'ai pu être par le passé. » Elle implorerait presque. « Est-ce que... je peux vous demander votre aide ? Si nous nous connaissions si bien que ça autrefois... » Si ce n'est pas le Seigneur qui la sauvera, peut-être que ce Teobaldo pourrait s'en faire l'incarnation, l'espace d'un instant. Tosca attend, le regard empli d'espoir. Bientôt les carreaux des vitraux ne refléteront que la nuit noire.
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Teobaldo Del Toro10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Tosca - A ton regard perdu, on voit l'humanité ( le Jeu 27 Juil - 10:10 )
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Son visage reste impassible alors que son regard la couve. Le corps est placide mais l'esprit tumultueux. Impétueux. L'envie d'hurler. Lui hurler de le voir. Le voir lui. Avoir un tout autre reflet que celui qu'elle lui renvoie. Un inconnu. Un disparu. Un déserteur. Un mort. Il le savait, Teobaldo, qu'il était mort à la seconde où son père avait commis son horreur. A la seconde où, lui-même, avait ôté la vie à son confrère quelque années auparavant mais aujourd'hui. A cet instant. Il venait de mourir une troisième fois. Celle-ci semble plus douloureuse. Tortueuse. Le venin est lent. Lancinant. Et se diffuse dans sa chair lentement prolongeant la souffrance sournoisement. « C'est bien cela. J'étais à l'hôpital avec Dafne » Parce qu'il n'aurait certainement pas trouver le courage de s'y rendre sans Dafne. De la confronter. De se percuter au vide qui a pris la place de tous leurs souvenirs. De tous leurs moments. De lui. D'elle. D'eux. Ensemble. « De rien. C'est quelqu'un de très cher qui m'a appris à les faire » Un faible sourire se niche sur les lippes du quarantenaire alors que son regard se perd dans les couleurs mourantes des vitraux par l'arrivée de la nuit. Les origamis. Un pilier de leur relation. Tosca. Sa sauveuse. Elle était apparue un matin devant sa fenêtre, son air espiègle dans les yeux. Elle avait collé un origami sur sa vitre avant de s'en aller en rigolant. De tous les levers de soleil de sa vie, ce fut le premier qu'il fut heureux de voir. Celui-ci et ceux d'après. Tosca. Oh Tosca. « Tu n'as pas à être désolée, Tosca. Ce n'est pas ta faute » Il se veut rassurant, Teobaldo. Il se refuse à ce que la culpabilité remplisse son regard. « Pas si étrange que cela. Je l'ai toujours ressenti ... aussi lorsque je suis avec toi. Je suis ravi de savoir que quelque chose subsiste tout de même » Après tout, Tosca, elle le lui avait dit dans sa dernière lettre qu'une part de lui serait toujours avec elle. Peut-être est-ce cette fraction d'amitié qui survit dans ses abysses immaculés ? L'ancien prêtre s'y accroche. Ouais. De toutes ses forces. C'est déjà exister quelque part en elle, même juste d'une façon infirme. Il s'y accroche car aujourd'hui, c'est tout ce qu'il a. Son sourire se prononce un peu plus sur son visage alors que le soulagement l'envahit. Tosca. Oh Tosca. Elle ne l'a pas rejeté. « Je ne partirai pas, Tosca. Je reste avec toi. » Cette fois-ci, oui, il reste. Il restera. « Oui, effectivement, je suis au courant … » Il s'arrête. Se coupe dans son élan. Il ne veut pas lui dire que pour lui, elle est toujours là. Tosca. Sa Tosca. Oui, toujours là dans sa tête et son cœur. Elle ne s'en ira jamais. Le temps le lui a démontré. « Bien-sûr. Tu as mon aide et mon soutien autant que tu en auras besoin. Je serais là » Une promesse en suspens. Celle d'être là. Oui. « Pour commencer, tu peux me tutoyer. Après tout, nous sommes entre amis » Teobaldo, il essaye de la mettre à l'aise. De lui tendre la main d'une certaine façon. Le désir ardent qu'elle se remémore qui elle est. La magnifique personne qu'elle était. La Tosca qu'il a toujours connu. La merveilleuse. La fonceuse. Celle qui n'avait pas froid aux yeux. Celle qui avait tendu sa main à ce gamin paumé et désespéré. Celle qui l'avait sauvé. Lui. « Tosca … tu es la personne la plus belle que j'ai eu la chance de connaître. Un cœur si bon. Tellement bon. Toujours prête à aider son prochain, à tendre la main. Tu m'as inspiré. Toute ma carrière pastorale, j'ai voulu être comme toi » Teobaldo marque une pause. Farfouille dans tous les mots et discours qu'il a envie de dire. Toutes les descriptions qu'il peut faire de Tosca. Sa Tosca. « Tu as aussi ton caractère. L'impulsivité dans les gènes. Tu n'as jamais eu peur de me dire mes quatre vérités. De dire haut et fort ce que tu pense. Oh ! Combien de fois tu m'as passé un savon ! » Un rire s'échappe de ses lèvres alors qu'il secoue la tête en se remémorant les innombrables leçons de morale qu'elle lui avait faite. « Je peux t'affirmer que pour le lancée d'objet en tout genre, tu ne ratais jamais ta cible. Même avec le temps, je n'arrivais pas à esquiver » Il hoche la tête, le regard dans le vide. « Tu as toujours été une merveilleuse amie envers moi. La meilleure »  Mélancolie et nostalgie dans les iris. Teobaldo se sent ému. Sent les larmes se rapprocher dangereusement. Prenant une grande respiration, il secoue la tête et reprend la parole. « Désolé, je me suis laissé emporter. Peut-être as-tu des questions pour moi ? Des choses que tu veux savoir ? Si je le peux, je te répondrais »



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Sujet: Re: Tosca - A ton regard perdu, on voit l'humanité ( le Jeu 27 Juil - 14:39 )
Truth, unspeakable, barenaked truth
Those words craven by mankind
Truth, gentle, unblushing truth
First virtue of all history.


Près de ses yeux s'étend l'horizon. Elle n'a qu'à tendre la tendre pour l'attraper. Le regard perdu dans ceux de Teobaldo, Tosca cherche à comprendre. Elle l'écoute, bercée de cette voix si familière. La voix douce et ténue de cet homme, elle est consciente qu'elle l'a entendu maintes et maintes fois. Et qu'elle pourrait s'en envelopper, chaque jour se faisant. Qu'elle pourrait l'écouter parler des heures sans se lasser. Ce sentiment s'étend comme un pont au-dessus du gouffre qui les sépare. Lui seul saura la guider. Teobaldo, l'invisible, le mystérieux, Teobaldo l'homme de foi en qui elle doit placer la sienne.

Elle se surprend à sourire, doucement, timidement. Son cœur s'échauffe au fur et à mesure des paroles prononcées. Dafne est évoquée, douce enfant qui se tient près d'elle depuis son retour. Sa nièce. Sa filleule. Elle ne tarit pas d'éloges quant à leur relation passée, la prouve à coups de photos, de moments, gravés dans son crâne à elle. Et Tosca lui sourit, à elle aussi. Car elle sait, tapie au fond de son être, que la jeune femme ne ment pas. C'est l'intuition qui prime avant tout. Elle n'a plus que ça.
L'attention se porte ailleurs. La colombe de papier sur les genoux, ses doigts en trace le contour, longuement. Quelqu'un de très cher. Un battement de ventricule plus fort que les autres pousse l'italienne à réfléchir. « Je la connais peut-être, cette personne... », murmure-t-elle, pensive. L'oiseau plié, formé, imaginé. Quelque chose dans ce cadeau suspend le fil de sa mémoire. De drôles de flashs colorés d'un soleil saturé s'exposent contre le sol marbré de l’église. Quelques secondes à peine, il lui semble qu'elle est sur le point d'atteindre quelque chose. Les mots de Teobaldo résonne dans son esprit comme tout un tas de sacrements. Comme si chaque syllabe avait le pouvoir de résonner avec elle. Comme si il était cette partie manquante qui lui fait tant défauts. « Vous... », débute-t-elle, avant de se reprendre. « Tu... es mon ami. Je le sais. Je le sens. » Elle prononce ces affirmations comme une enfant perdue, avide de rencontrer la main chaude et rassurante d'une personne aimée. Teobaldo a compté. Beaucoup. Énormément. Elle peut le certifier. La nature et les détails de leur relation passée sont encore nébuleux, cependant. Toutefois... la piste s'éclaire.

Elle sourit, pensive. Presque un peu triste alors qu'il évoque la Tosca d'avant, bien qu'elle le lui ait indirectement demandé. Elle reste là, alors qu'il parle, parle tant et tant de cette ombre. Solaire, superbe, attirante. L'amie de tous, l'altruiste, l'impulsif brasier du village napolitain. Elle se surprend à craquer un rire tant l'homme en face d'elle a le verbe nombreux, chaleureux, quand cette jeune femme du passé entre en scène. Il lui donne envie de l'aime à son tour. Ce fantôme. Cette morte. Malheureusement, l'inconnue demeure tapie derrière le palais de mémoire, captive, hurlante à qui peut l'entendre qu'elle ne désire rien d'autre que la liberté. C'est une autre femme, partie, disparue. Écrasée par le poids du destin. Une merveilleuse amie. La meilleure. « … Je... » hésite-t-elle, malgré tout, touchée de sa sollicitude à son égard. Presque tendrement, ses mains viennent saisir l'une des siennes. Ce contact. Ça aussi, elle connaît. « Je ne sais pas quoi dire... Tu avais l'air de beaucoup m'aimer. Et moi aussi... Mais ça... je peux le sentir. Vraiment. Nous étions proches... je le sais. » Elle espère, au fond d'elle, que ce sentiment est sincère. Qu'il ne s'agit pas d'une illusion créee par les paroles de cet homme. Toutefois, même réelle, l'amitié ne fait pas tout. Le prisme biaisé de Teobaldo  à son égard pourrait fausser le concept de son passé. Cette frayeur la domine alors. « Si j'ai été cette Tosca que tu décris... Si j'ai pu être aussi différente de celle que je suis aujourd'hui... Penses-tu que je parviendrai à redevenir, un jour, ne serait-ce que le quart de ce que tu viens de me raconter ? » La digue est rompue, les doutes se verbalisent, calmes, implacables. Funestes, vengeurs. « J'ai peur. »Souffle doux, les mains se resserrent autour de celle de l'homme. « J'ai peur de ne jamais redevenir comme avant. J'ai peur de ce que je pourrais découvrir, et de comprendre la raison de mon amnésie. Mais aussi, que personne ne veuille me dire réellement ce qu'il s'est passé. Qu'on me tienne au secret toute ma vie pour me protéger... Ça, je ne pourrai pas le supporter. Je n'ai pas besoin de l'idéal... juste de la vérité. » Doucement, ses mains lâchent la sienne. Confuse, ses émotions ont pris le dessus, elle ne sait plus où se mettre. Comme autant de fois où celles-ci ont joué contre elle, Tosca se sent mal à l'idée de décharger sa frustration sur la seule personne ici capable de l'aider. Elle rabat une mèche de cheveux derrière son oreille, baissant les yeux. « Pardon... Excuse-moi. Je ne devrais pas te dire ça. Ce n'est pas de ta faute... Tu es déjà si gentil... d'accepter de me dire tout ça. » Nouveau sourire, plus doux. Elle songe, le regard perdu vers l'autel. Le Christ les regarde, presque tendre, mais curieux. Du haut de sa propre croix, il juge celle que Tosca s'efforce à porter.

Le silence retombe, ennemi du bien. Elle ne veut plus se murer derrière ses propres questions. Elle a enfin l'occasion de se confier. Et Teobaldo est là pour ça. Pour elle. C'est lui, cette main tendue dans l'obscurité. « Des questions... Je n'ai que ça... » Léger soupir, derrière une ombre de sourire. Elle cherche de nouveau, parmi ses propres interrogations, laquelle serait la plus apte à tomber, couperet délicat. Certaines paroles de ses frères reviennent alors, subitement. « On m'a dit... que je me suis mariée ici. Il y a dix ans... Tu étais là ? Comment c'était, cette cérémonie ? » Les images lointaines sont terriblement floues, surface d'un lac trop profond où elle se noie depuis trois mois. Battante, paniquée, elle étire le bras pour attraper le soleil, au-delà de l'eau, vivace, mais il lui échappe. Encore. « Et... c'est étrange de demander ça, mais mon mari, enfin celui qui me dit l'être... Cet Orfeo. Tu le connais ?  Est-ce que... tu peux me parler de lui ? » Elle se sent étrangère à sa propre existence Spectatrice d'un conte raconté par un autre. Teobaldo, le narrateur, la tendre, la lumière. Teobaldo, le soleil au-dessus de la surface. « Etions-nous heureux, tout les deux ? »
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Teobaldo Del Toro10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: Tosca - A ton regard perdu, on voit l'humanité ( le Mer 23 Aoû - 13:35 )
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Son regard se pose sur l'origami posé dans le creux de la main de Tosca. Sa chère Tosca. De futiles pliures de papiers devenus l'essence de leur amitié. La naissance. « Oui, tu la connais. Tu la croiseras bientôt j'imagine » Le ton de sa voix est doux. A la limite du murmure. Comme s'il priait. La priait de se souvenir. De se souvenir d'eux. Mais en même temps, c'est comme s'il demandait à ses espoirs de se taire. De s'enterrer. Afin d'accepter la situation. N'est-il pas plus mal qu'elle ne se souvienne de plus rien ? Oublier la douleur qu'elle a ressenti. Les troubles par lesquels elle est passé. Oublier ce qu'ils étaient pour ne pas savoir ce qu'il est devenu. Pour ne pas être témoin du désastre qu'il est devenu. Teobaldo hoche la tête, la couvant du regard. Son cœur se ramollit aux mots de Tosca. Sa Tosca. Quelque part au fond d'elle, cette amitié, elle le ressent encore sans se l'expliquer. La maladie aurait-elle été vaincue par leur amitié d'une certaine façon ? C'est une prise à laquelle il se raccroche de toute ses forces. Se pourrait-il qu'il n'aie pas été totalement rayé de la carte ? Qu'il existe encore en elle ? Même d'une partielle manière c'est tout de même exister. Perplexe, il observe ses mains se lier à celles de Tosca. La paralysie l'atteint alors son épiderme réagit à son contact. Le brasier d'un amour qu'il a toujours tenté de détruire lui brûle le cœur. Ca lui pèse. Ca lui fait du mal. Ca le torture mais en même temps l'apaise. Le réconforte. Il se fait force pour ne pas la prendre dans ses bras, la serrer contre lui. Il se fait souffrance pour résister et rester de marbre comme un mort. Oh Tosca. Comme il t'aime. Oh Tosca. Comme il aurait aimé conjuguer cette amour au passé. Oh Tosca. Comme il est désolé. Sa raison lui dit de reprendre sa main. De romprer le contact. Le charme. Mais son cœur, lui, n'écoute plus. Laisse sa main froide se réchauffer au contact de celles de Tosca. Au contact de ses mots. Elle le sent qu'ils étaient proches. Elle le sent. Le soulagement. Les doutes. L'espoir. L'enrôlent chacun à leurs tours. « Tu ne peux pas redevenir ce que tu es déjà. Ce n'est pas parce que tu as oublié que tu n'es plus Tosca. Qu'elle n'existe plus. Laisse-toi le temps. Offre-toi le temps de te re-découvrir. Tu retrouveras ta vie et tes vérités mais avec le temps, Tosca. Ne sois pas trop dure avec toi-même. Tu reviens de loin » Non. Ne pas parler du passé. Des confidences faites en secret. Puis le contact se rompt. Se brise. Tosca reprend ses mains. Ne reste qu'entre les siennes que le fantôme de ce contact. « Ne t'excuse pas. Il faut bien que tu t'exprimes et je suis là si tu as besoin de parler. Je serais toujours là » Comme il l'a toujours été ses dernières années à lire ses lettres. La réconforter sur papier. La soutenir. La guider. Là, il a la chance de pouvoir le faire en temps réel. Physiquement. Mais comment ? Tosca, elle demande la vérité et il la détient. Seulement, peut-il le lui balancer comme cela ? Comment faire ? Quoi dire ? Il redoute qu'elle lui demande. Qu'elle lui pose la question fatidique : Orfeo. « Et des réponses, j'en ai sûrement. Je te répondrais du mieux que je peux, Tosca. Pose-les moi » Mais déjà en son for intérieur, il sait qu'il ne dira pas tout. Il sait qu'il la trahit tout en la protégeant. « Oui, j'étais là. Tu m'as demandé d'officier la cérémonie et de vous unir. J'étais prêtre à l'époque … hum … C'était une grande et magnifique cérémonie. Un mariage de princesse. Vous étiez beaux ton mari et toi. Très heureux. » Son cœur se pince alors que son visage, malgré lui, se ferme. Son plus beau jour a été pour lui un jour de torture. « Tu étais très heureuse ce jour-là. Très belle aussi. Je t'ai sentie épanouie » Teobaldo se sent vulnérable, se sent bête. Bête d'aimer. Bête d'avoir aimer tout ce temps. Con d'aimer une femme mariée. Ce qui redoutait arrive. Elle lui pose la question. La question qu'il avait peur d'entendre : Orfeo. Leur bonheur. Le sol semble se dérober sous ses pieds. Lui mentir ? Lui dire la vérité ? Que faire ? Dans les deux cas, il a la sensation de la trahir. De lui faire du mal. « Je … Oui je connais Orfeo. Nous avons grandi dans le même village. Je … euh ...hum … Bon je vais pas tergiverser dessus : nous ne sommes pas de grand amis. Nous avons eu … nos différents à l'époque et nous nous apprécions pas grandement mais sommes passés au dessus avec les années. C'est un homme avec ses qualités et ses défauts. C'est l'homme que tu as choisi d'épouser en sachant parfaitement ce que tu faisais. Je ne le connais pas autant que toi tu le connaissais mais si tu as choisi de l'épouser c'est qu'il en valait la peine » Mon dieu. Teobaldo prend une pause. Rassemble ses esprits pour trouver une réponse. Une réponse qui ne lui mentirait pas trop. Qui ne lui en dirait pas trop. Mon dieu. Quelle sensation horrible. Ses yeux se plongent dans ceux de Tosca pour trouver une réponse. Une conduite à tenir. Peut-être trouver une réponse ? Mais dans son regard, il n'y voit que de l'incompréhension. Des incertitudes qui ne demandent qu'à être éclairées. Par lui. L'homme soupire. Se passe les mains sur le visage. Accablé. « Vous l'avez été. Vous avez eu vos hauts et vos bas. Je … Tu devrais en parler à Orfeo directement. N'est-il pas le mieux placé pour te parler de vous ? » Question idiote. Bien-sûr qu'Orfeo ne dira rien. Bien-sûr qu'il ne racontera pas qu'il a été qu'un connard de première. La gerbe lui monte à la gorge alors qu'il se perd sur ce qu'il doit dire ou faire. « Je suis tellement désolé … Je ne peux pas te mentir et je ne peux pas te dire la vérité non plus. Parle-en à Orfeo. S'il ne le fait pas, je te le dirais … au moment voulu. Les médecins nous ont interdit de trop en dire pour ne pas te brusquer. Tu dois te ménager et retrouver ta mémoire petit à petit » La culpabilité le prend. Lui torture l'esprit. Que doit-il faire ? Teobaldo se perd. S’essouffle. « Fais-moi confiance, s'il te plaît. Tu sauras tout mais en temps et en heure. Je sais que tu veux la vérité, je sais que tu en as cruellement besoin et je suis désolé de ne pouvoir en dire plus mais c'est pour ton bien. Je te promet que lorsque tu iras mieux, si la vérité n'est toujours pas révélée, je le ferais mais aujourd'hui n'est pas le moment. Peux-tu me faire confiance ? »



What have I become
My sweetest friend?

I wear this crown of thorns upon my liar's chair, full of broken thoughts I cannot repair. Beneath the stains of time, the feelings disappear. You are someone else. I am still right here © signature by anaëlle.
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