- |UGO| E meglio tardi, che mai -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples
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Dafne Schiavone10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: |UGO| E meglio tardi, che mai ( le Ven 21 Juil - 20:51 )
« Madame, je suis vraiment désolée, mais monsieur ne prend plus de nouveaux patients pour le moment. » m’expliqua fermement la secrétaire d’Ugo. Je ne l’avais jamais rencontrée, bien sûr, mais pour être désagréable et rigide à ce point, j’imaginais aisément une ville dame replète et au visage rubicond de se boudiner dans un tailleur rose bonbon de marque Chanel – le seul qu’elle possédait sans doute – et qu’elle porta fièrement pour le mariage de sa sœur ou le baptême de son enfant, à l’époque où elle rentrait encore dans un 36. Évidemment, ce n’était que des suppositions, mais elle me permettait de garder mon calme et à ne pas l’agresser en retour de sa mauvaise humeur. Était-il patron exigeant, Ugo ? Son sourire de tombeur masquait-il l’autorité des boss exécrable qui cache des ordres comme un bébé qui pleure ses caprices ? Est-ce qu’il tapait du pied comme un ado frustré lorsque son monde ne lui obéit pas ? Aucune idée, mais une chose était néanmoins certaine : annoncée ou non, je viendrai frapper du poing sur son bureau pour réclamer des explications.

Mon ami m’avait oubliée pour mes trente ans. Il m’avait oubliée et si je trouvais des circonstances atténuantes à Antonia, il valait mieux que les siennes soient en béton armé sous peine de goûter aux conséquences de ma tristesse amère. « Écoutez, mademoiselle… » Ce n’était qu’une ruse. Elle avait la voix chevrotante et usée des femmes d’un certain âge. La flatterie était néanmoins un passe-partout ouvrant bien des portes closes, en particulier celles des célibataires aigries et mon interlocutrice l'était, assurément. « Je présume que vous êtes débordée. Je travaille moi aussi, vous savez. Je me doute que ça ne doit pas être facile tous les jours, mais je n’en peux plus. Je souffre beaucoup du dos. Je me marie dans une semaine et vous êtes la troisième personne à me refuser. Je suis désespérée. » pleurnichais-je à l’autre bout du fil. Que Diu bénisse mes talents de comédienne, d’ailleurs, mais qu’il me pardonne d’en abuser pour de mauvais desseins. Je l’obtins, ma carte d’entrée pour le cabinet de ce docteur infidèle à ses amitiés et dans l’heure… Un désistement, paraît-il. J’avais eu beaucoup de chance. Lui, en aurait moins. Engoncée dans un imperméable trop chaud pour la saison, des lunettes de soleil sous le nez et un foulard rouge sur la tête – je ressemblais à la Rose McClendon Daniels de Stephen King au moment de sa fuite. C’était par ailleurs mon nom d’emprunt pour mettre à exécution mon plan machiavélique – je m’installai dans la salle d’attente du cabinet de kinésithérapie, accueillie par son assistante et parfaitement incognito. J’étais impatiente au possible et, dès lors qu’il ouvrit la porte pour recevoir son avant-dernière "cliente" avant son temps de midi, je répétai le discours que je préparai pour obtenir de sa part de la sincérité et non son arrogance légendaire. Quand vint mon tour, j’entrai en veillant à ne pas exploser de suite, mais mon sang bouillonnait dans mes veines. Aussi, ôtais-je mon déguisement dès que nous fûmes seuls. « Je le savais. Je savais bien que tu ne me reconnaîtrais pas. Tu as réussi à m’oublier pour mon anniversaire. Tu as réussi à ne même pas m’envoyer un message et, je te jure, ne me dis pas que tu étais occupé parce que ça passera pas, je te préviens. » crachais-je en croisant les bras sur ma poitrine. Il faisait bien moins chaud maintenant que je m’étais débarrassée de ma veste épaisse. « Donc, je t’écoute. Qu’est-ce qui s’est passé ? Tu as le temps d’un rendez-vous pour être convaincant… »


Ça n'est pas du rimmel sur mes yeux ni du rouge à mes lèvres, c'est pas ce que tu crois : juste que c'est beau. Ça n'est pas ma robe qui vole un peu, pas pour que tu vois mes jambes, c'est pas ce que tu crois : juste que j'ai chaud.

   
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Ugo Castagliuolo10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: |UGO| E meglio tardi, che mai ( le Sam 22 Juil - 15:02 )
A trop parler de mes loisirs, j’évoquais rarement mon travail et pourtant, il me prenait l’essentiel de mon temps. Eeeeh oui, il fallait bien financer mon appartement, l’entretien de ma moto, les sorties mais également toutes les charges que j’avais à payer en tant que kinésithérapeute indépendant, notamment le salaire de ma secrétaire. Et pour ça, il n’existait pas trente-six moyens de faire. J’aurais certes pu fricoter avec la mafia locale mais je tenais trop à ma liberté – et surtout à ma vie - pour ça alors du coup il fallait trimer un peu. Oui « un peu » seulement. Je faisais en effet partie de ces gens qui avaient l’immense chance de pouvoir exercer le métier qui leur plaisait. Et le mien me plaisait vraiment. Beaucoup. Toutes les branches médicales sont souvent vues comme purement techniques mais trop de gens oublient qu’il y a à chaque fois une part de social. Mes clients n’étaient pas encore des robots vides d’émotions, d’âmes. Non, j’avais encore affaire à des êtes humains aussi différents les uns des autres que complexes ; c’était parfois un plaisir, parfois pas. Et c’était justement dans ce dernier cas, que je considérais mon travail comme une corvée. A l’instar de sa famille, on ne choisit pas ses clients. Dommage. Au moins, me confronter à ces cas là, ceux qui me donnaient envie de changer de profession, m’avait permis de développer un certain self-control, une profonde sérénité mais surtout une réserve d’urgence d’empathie quand je n’arrivais plus à en faire preuve, d’empathie.

La matinée fut fade, longue succession de cas sans originalité. Lombalgie, élongation musculaire, séance de rééducation, fragilité tendineuse : rien de bien fou au pays de la kinésithérapie. Et que des clients que je connaissais en plus de ça avec, par chance, aucun « élément compliqué » comme je les appelais. Comprenez « casse-couille » dans un langage peu professionnel mais très explicite. Cependant, il parait que la Vie, dans son éternelle imprévisibilité, réserve toujours son lot de surprise. C’est justement ce qu’elle me prouva lorsque Gloria, ma secrétaire, vint me trouver dans mon bureau entre deux rendez-vous, pour me signaler la présence d’une cliente imprévue d’ici une heure environ. Une certaine Rose McClendon Daniels. McClendon Daniels… nom suffisamment rare ici en Italie pour être souligné. En demandant un peu plus de détails, j’appris que la demoiselle avait appelé en pleurs, bloquée du dos à une semaine de son mariage. Le voilà l’élément compliqué. Cette Rose avait peut-être berné ma secrétaire, mais il fallait plus que trois larmes et un prétendu mariage pour m la faire à l’envers. A trop entendre de faux prétextes urgents, je savais déceler le vrai du faux et là, c’était clairement faux, mais bon, je l’aiderai quand même avec son dos douloureux. Quelle ne fut pas ma surprise quand Rose McClendon Daniels s’avéra plutôt s’appeler Dafne Schiavone. La Vie, son imprévisibilité, tout ça, vous vous en souvenez ? Et à entendre la tumultueuse jeune femme je réalisai que j’avais sous-estimé l’élément compliqué auquel j’avais affaire. Dafne était une boule d’énergie instable et incandescente doublée d’une grande susceptible. Elle l’avait toujours été. Et elle ne semblait pas avoir changé, ce qui me fit sourire tandis qu’elle était face à moi, droite comme un i, un air boudeur accroché à son visage. Mignonne comme tout et ce même si elle annihila l’excuse toute trouvée d’un emploi du temps surchargé. Ce n’est pas un oubli Dafne – à moins que je doive t’appeler Rose – disons plutôt que c’est… un retard. Calme, je ne paniquai pas face aux accusations pourtant fondées de la brune. Ce n’était pas mon genre, rappelez-vous, je vous ai parlé de mon self-control à toute épreuve ! Je peux t’inviter au Palazzo Petrucci ou au Caruso Roof Garden ce soir si tu veux. Ça sera l’occasion pour moi de me faire pardonner et de te souhaiter bon anniversaire. Tu n’as rien d’autre de prévu ? Je retournai derrière mon bureau et à mes affaires, presque indifférent à la véhémence dont faisait preuve mon ex petite amie. Je croyais sans doute naïvement qu’elle accepterait facilement mes excuses et mon invitation dans l’un de ces deux restaurants huppés de la ville. C’était mal la connaitre.


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Dafne Schiavone10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: |UGO| E meglio tardi, che mai ( le Mar 25 Juil - 23:24 )
Il osait. J’étais en rage, tout prête à lui cracher mon venin au visage et il se permettait de sous-entendre que rien ne justifiait ma tristesse camouflée derrière de la colère. Pour peu, j’aurais enfoncé mon poing sur le nez de ce bellâtre typé comme un Vénitien si je n’avais pas craint de l’abîmer et de provoquer la fin d’une longue amitié. J’avais beau lui en vouloir de tout mon cœur pour son odieuse indifférence, je croyais encore qu’il me servirait, au minimum, une excuse, un prétexte bateau qui ne me convaincrait pas de sa bonne foi, mais qui justifierait que je garde la foi en notre amitié. Nous avions partagé tant de beaux moments lui et moi. Ils jalonnaient notre enfance et notre adolescence. Je ne l’avais pas rêvée, cette complicité. Elle était bien réelle et, durant longtemps, diablement concrète puisqu’il ne m’avait jamais négligée avant ça, pas même au cours de ces rares semaines passées à le bouder pour des futilités, une blague stupide que ma susceptibilité digérait mal. Elle était bien loin cette époque cependant. Quoi qu’on en dise, j’étais de moins en moins soupe au lait, mais nul ne le remarquait vraiment. Chacun se bornait à voir en moi la gamine pleurnicharde qui frappe du pied sans comprendre que seule mon émotivité s’exprimait à travers mes colères. Le temps passant, je fus victime de mes vieilles habitudes rangées dans un placard. Elle survenait uniquement lorsqu’un fait m’était sentimentalement trop douloureux et intolérable et celui-ci l’était à mes yeux. Ce n’était pas un caprice ni une manigance rondement menée pour être invitée dans un restaurant bon chic bon genre. J’avais jute besoin d’une explication, de préférence sincère, afin de repartir comme j’étais venu, les mains dans les poches, un chapeau sur la tête, mais délestée du poids lourd sur mon cœur. Était-ce trop demandé qu’un peu d’honnêteté ? Étais-je trop exigeante quand j’aurais pourtant donné ma chemise aux gens que j’aime, quitte à me balader en guenilles.

« C’est tout ? » lâchais-je en fusillant du regard. « Je te fais part de ce que je ressens et c’est tout ce que tu me sers ? Une invitation au restaurant ? » J’étais courroucée et je me fis violence pour ne pas détruire son bureau. Ce serait cher payé. Ça me soulagerait, certes, mais ça n’apporterait pas grand-chose finalement. « J’ai cuisiné pour vous tous, y compris pour toi. Je vous ai préparé vos plats préférés et le tien aussi. J’y ai passé mon après-midi. J’avais même mis du champagne au frais. J’avais acheté une chouette robe et j’avais réservé une table dans ce bar lounge où nous étions pour l’anniversaire de Dom. » Nous ne l’avions plus revu depuis des années, mais il avait compté pour nous. « Mais, vous n’étiez pas là. TU n’étais pas là. Et, le pire, c’est que je ne t’en voulais même pas. Je me suis dit que tu étais occupé. Que tu avais peut-être rencontré quelqu’un avec qui tu roucoulais au point d’oublier tes vieux amis, mais que tu redescendrais sur Terre le lendemain. Sauf que non. Je me suis trompée. Je n’ai rien reçu. Pas un message. Pas un mail. Rien. Que dalle. NÉANT. » J’insistais afin qu’il saisisse bien à quel point ça m’affligeait et qu’il intègre l’horrible image que ça me renvoyait de moi-même. « Et toi ? Tu m’invites au restaurant ? Comme si j’étais une gosse qui a besoin qu’on lui secoue une sucette sous le nez pour qu’elle cesse de te casser les pieds ? Mais, ça ne marche pas comme ça. Je pensais vraiment que nous étions amis. » J’avalai ma bile, signe que j’avais envie de pleurer. Je me l’interdis cependant. Je rassemblai mon sens de l’autopersuasion et je repris. « Pourquoi ? Dis-moi juste pourquoi et je partirai d’ici. » m’enquis-je en posant sur lui un regard aussi suppliant que déterminer. « C’est parce que je ne suis pas comme toi ? Que j’n’ai pas fait d’étude ? Que ça te fait honte, dans ton Nouveau Monde, de fréquenter une fille comme moi ? Une petite éditrice à la con dans une maison à peine reconnue ? C’est parce que je ne suis pas là souvent, le soir, pour participer à vos petites sauteries ? C’est une façon de me punir d’être moins disponible qu’avant ? Parce que ce serait dégueulasse. Ce serait ignoble parce que vous ne l’êtes pas davantage que moi, sauf que moi, je ne vous oublie jamais. »


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Ugo Castagliuolo10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: |UGO| E meglio tardi, che mai ( le Dim 30 Juil - 17:38 )
De toutes les femmes que j’avais connues, Dafne faisait facilement partie du top trois des plus caractérielles. Je ne sais pas si c’était la proximité du Vésuve qui l’influençait mais la jeune femme était dans une colère explosive, et ce n’était pas la première fois. Sensible, impulsive, susceptible. Voilà des mots qui la définissaient parfaitement bien. Il y en avait d’autres, évidemment, n’allez pas croire que Dafne ne se résumait qu’à ça, mais ceux là correspondaient bien à la situation. Émotionnellement parlant, elle s’impliquait énormément dans ses relations, parfois beaucoup trop d’ailleurs. Enfin, je dis ça mais c’était surtout le cas dans notre relation. Pour le reste, je n’en sais trop rien. Autrefois petite amie aujourd’hui devenue amie, l’italienne s’était toujours donnée à cent pour cent. N’y voyez aucune allusion sexuelle mais ce que je veux dire c’est qu’elle n’avait jamais triché, ne s’était jamais retenue lorsque nous étions ensemble ; elle avait toujours été entière. Par contre me concernant… il n’était pas possible de dire la même chose. Ce n’était d’ailleurs pas qu’avec Dafne ; je ne m’investissais jamais totalement. Par peur de trop en faire peut-être, par crainte de la déception sans doute. Dans tous les cas, ça finissait par m’être reproché un jour ou l’autre. La jeune femme devant moi était là pour ça d’ailleurs, non ? Me reprocher mon manque d’engagement dans notre amitié. Et moi, est-ce que je pouvais lui reprocher son excès de colère dans mon bureau ? Non. Non, parce que j’avais manqué à mes obligations d’ami. Elle, elle me les avait souhaité mes trente ans et là, je ne l’avais pas fait en retour. A l’entendre, elle s’était donnée du mal en plus. Elle avait entre autres préparé des lasagnes spécialement pour moi. Non, vous ne semblez pas comprendre l’ampleur de la nouvelle ! Elle avait invité du monde – peut-être beaucoup de monde –  mais avait quand même pris la peine de cuisiner mon plat préféré, à moi, Ugo Castagliuolo, son ami qui ne la méritait décidément pas.

J’aurais voulu dire quelque chose, placer un mot, une excuse, mais il était impossible de freiner la frénétique diatribe. Assis, j’étais spectateur de sa colère et ne pouvais qu’attendre qu’une éclaircie succède à la tempête. Mais cet apaisement était encore loin car plus le propos de la jeune femme progressait, plus il était violemment poignant. Surtout lorsqu’elle en vint à dire qu’il était possible que j’aie honte d’elle. A ces mots, je me crispai tandis que mon cœur ratait un battement. Mes sourcils se froncèrent, ma mâchoire se serra ; je venais d’arrêter de prendre à la légère ce qu’elle me disait. Je me suis levé, ai contourné mon bureau pour m’approcher de Dafne sans pour autant être suffisamment proche d’elle pour la prendre dans mes bras, ce que j’aurais du faire pour la réconforter. Hé, ne dis pas de bêtises! dis-je d’un ton qui se voulait rassurant. Je n’ai pas honte de toi. Je n’ai jamais eu honte et n’aurai jamais honte de toi, ok ? Je finis par m’avancer et étreindre la jeune femme à défaut d’avoir de la répartie. En effet, les mots me manquaient, je ne savais pas quoi dire, je ne savais pas comment être pertinent mais après m’être détaché d’elle quelques longues secondes plus tard, je tentai quand même un semblant d’explication. Je ne vais pas chercher de fausse excuse, j’ai juste oublié et je m’en excuse sincèrement Dafne. La moue coupable sur mon visage était sincère elle aussi. J’avais fauté et je m’en voulais mais ce n’était pas mon genre de garder longtemps ce genre d’expression. Je me suis donc mis à sourire, mon regard est redevenu malicieux, j’ai fixé la brune dans les yeux et lui ai pris une main. Le restaurant n’est pas une carotte que j’agite sous ton nez pour te calmer. C’est une vraie invitation d’un ami qui doit se racheter. Et puis ça sera l’occasion de me montrer cette chouette robe que tu as achetée. On pourra même boire du champagne en rentrant en plus ! Qu’est ce que t’en dis ? Mon sourire s’était élargi ! Je ne cache pas que j’essayais de la convaincre en usant de mon charme mais il y avait tout de même un fond sincère à tout ça, ce n’était pas que de la manipulation ! Manipulation qui semblait vaine puisque Dafne avait toujours cet air boudeur et triste. Écoutes Dafne, j’peux pas revenir en arrière pour corriger mon erreur. J’ai oublié ton anniversaire et rien ne pourra changer ça, alors souris et accepte mon invitation. Tu peux faire ça pour moi non ? demandais-je en forçant une expression de chat potté aux grands yeux suppliants.


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Dafne Schiavone10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Re: |UGO| E meglio tardi, che mai ( le Lun 7 Aoû - 14:09 )
Si j’écris de longues miscellanées sur l’amitié, c’est que j’y tiens. J’y tiens autant qu’à la famille, à la différence que nos amis, on les choisit.  Il faut les entretenir à tout prix. La complicité que l’on se construit avec le temps est fragile. J’ai même tendance à la comparer à une fleur nivéale, résistant par définition à la neige ou au vent de givre soufflés par le sort, mais qui est loin d’être immarcescible. L’amitié mérite qu’on ne se fie pas à l’odeur du petrichor pour décider s’il est nécessaire ou non de l’arroser. Ce serait une erreur, une erreur qui pourrait lui être fatale. Une belle plante, ça exige que l’on soit aussi tatillon qu’un jardinier qui organise ses journées en fonction de la santé de ces êtres vivants. Moi, j’étais un peu comparable à ce travailleur de la terre. J’inondais mes amitiés de ma bonne humeur. Je répondais à des préceptes précis, si bien qu’oublier l’anniversaire de l’un de mes proches était anticonstitutionnellement possible, autrement dit, improbable. Ça n’arrivait jamais, au grand jamais, sans quoi je ne me serais pas permis de me pointer dans le cabinet d’Ugo, l’air contrarié et dépité, pour l’accabler de reproches. J’en avais laissé couler du temps avant de l’affronter, du temps que j’usai à ruminer et à me nourrir d'une nitescence d'espoir vain qu’il se rappellerait que je quittais la vingtaine au profit de la maudite dizaine supérieure. Ça me tétanisait. J’avais besoin d’autre chose. Or, c’était tout ce que je souhaitais : être apaisée, réconfortée, abusée d’un peu de baume sur mon cœur blessé. Était-ce trop demandé ? Mon effort n’était-il pas en mesure de gagner autre chose que ce silence frustrant ? Je m’étais déguisée pour l’approcher. Je m’étais cachée derrière un long impair, des lunettes de soleil, un foulard rouge cardinal sur la tête et un faux-nom. J’en avais fait bien plus que ma vanité pouvait le supporter et lui, il était là, assis à son bureau, me dévorant de ses grands yeux presque inexpressifs. Me trouvait-il ridicule ? Pathétique ? En avait-il assez de mes frasques ? De mes mystères ? De ma bêtise ? De mon entêtement à sauver ce qui ne pouvait plus l’être ? J’en déduis que chacun voyait midi à sa porte et j’envisageai réellement de m’enfuir pour ne plus jamais revenir quand il réagit, enfin, tandis que je n’y croyais plus. « C’est vrai ce mensonge ? » répliquais-je alors qu’il détrompait l’une de mes plus grandes peurs : être méjugée par ceux qui comptaient pour moi. S’il n’avait pas honte, pourquoi m’avoir négligée à ce point ? Jamais il n’aurait été contraint de me serrer dans ses bras s’il avait pris la peine de m’adresser au minimum un message ? J’aurais été déçue, certes, mais je m’en serais contentée. J’y aurais trouvé du soulagement, quoiqu’il aurait été moins efficace que cette accolade.

Touchée par sa sincérité – il ne m’abusait d’aucun faux prétexte – je caressai sa joue, mes pupilles cadenassées aux siennes. « Excuse acceptée » conclus-je parce qu’il avait honnêtement l’air coupable. Sans doute avait-il oublié que vieillir me terrorisait, que j’avais du mal à considérer qu’un chiffre n’était pas grand-chose, que l’âge dépend surtout du cœur. Pouvais-je l’en blâmer si, d’aventures, il n’était pas sensible à la vitesse du temps. Ce serait plausible. Il n’avait pas le sentiment d’avoir raté et gâché sa vie. Elle était une réussite et, si je ne pouvais en dire autant, il n’était en rien responsable. « Va pour le restaurant. Mais, on n’est pas obligé d’aller dans un tel endroit. » Je m’y sentirais mal à l’aise et j’estimais en fréquenter bien trop souvent avec Demetrio. « Surtout que ma robe est foutue. Elle était belle pourtant, d'un vert smaragdin ou cornichon pour les néophytes » plaisantais-je avec ce sourire caractérisant que j’étais moins triste, mais pas tout à fait enjouée. « Mais, j’ai bu un canon, voire deux ou même trois… » Bien plus que ça en réalité, mais je préférai le taire pour n’attiser aucune pitié. « J’étais tellement ivre que je ne me souviens pas de tout, mais je me rappelle avoir rencontré un type bizarre qui m’a dit que j’étais aussi belle qu’une parhélie. Je n’avais aucune idée de ce que c’était alors qu'il avait l'air persuadé de me faire un compliment. Je me suis senti aussi con qu'un manche à balai. Je suis donc allée voir sur mon téléphone. » Vive la 4G. « J’ai lu le mot soleil et j’ai chanté O sole mio de ma plus belle voix. Ça devenait donner un truc du genre… » Je reproduis la scène à la différence que j’y mis moins d’ardeur puisque je n’étais pas saoule. Le point commun, c’était la mélodie anormalement fausse alors que je ne suis pas une mauvaise chanteuse. « Tu situes ? C'était diabologiquement ridicule et humiliant.» Je grimaçai, honteuse, mais si j’arrivais à détendre l’atmosphère, je n’aurais pas tout perdu aujourd’hui. « Du coup, comme j’ai eu le sentiment d’avoir brûlé la chandelle par les deux bouts sur moins de quarante-huit heures, je t’avoue que je préférerais manger avec toi dans un endroit un peu moins guindé, un où je pourrais lancer une phrase comme : crois en la magie, moldu, sans qu’on me regarde comme si j’étais une extraterrestre. Tu me suis ? » Évidemment ! Mon langage imagé était on ne peut plus explicite. J’étais néanmoins à court d’idée pour effacer de son visage cet air contrit et je l’embrassai sur la joue en dédramatisant. « On ne va pas rester là, statiques au milieu de ton bureau, à feignantiser alors que tu as des patients qui doivent t’attendre derrière cette porte. Qu’est-ce que tu attends pour consulter ton agenda, qu’on puisse déterminer une date ? Ça m’embêterait de devoir revenir et d’avoir à mettre une perruque pour que ta secrétaire ne me reconnaisse pas. Quelque chose me dit qu’elle le prendrait mal et, tu sais ce qu’on dit, il ne faut pas pousser mémé dans les orties. Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures en général. »



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Sujet: Re: |UGO| E meglio tardi, che mai ( le )
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