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- Love song -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Voyager dans le passé
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Jane InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Love song ( le Mer 10 Jan - 18:41 )

Love song
Stockholm - hiver 1994


J’imagine qu’il ne s’attendait pas à ça, que les autres avant moi n’ont pas hésité, qu’elles ont gentiment succombé en se contentant de ce qu’il avait à leurs donner. Seulement moi c’est toutes ses nuits et tous ses jours que je veux partager, son midi, son minuit je veux les passer avec lui. Nicolaï s’il te plaît comprends moi. Tu détiens déjà un redoutable pouvoir sur moi, car désormais c’est toi qui décide de mon sort. Tu ne le sais pas encore mais mon cœur t’appartient, c’est toi qui choisis de le protéger ou de l’anéantir. Alors avant de te laisser faire, donne moi une chance de vérifier que ce que tu dis est vrai. 
« OK, pas de tête à tête… » Il baisse les yeux, passe une main dans ses cheveux. Apparemment ma réponse à au moins le mérite de le déstabiliser, de le désarçonner, de le faire douter. Je l’observe aller et venir, assez partagé entre l’envie de rester prêt de moi ou de s'occuper de son groupe. Les autres membres ne manquent pas de lui faire remarquer... dans un langage plus ou moins grossier. « Nico tu te bouges le cul ou on t’aide là ? » Il m’avait pourtant prévenu qu’ils n’étaient qu’une bande d’abrutis et je suis forcée de constater qu'il avait raison. Pour autant je suis loin d’être embarrassée. En réalité ça m’amuse beaucoup de le voir à tout prix se justifier. Parfois charmeur, d’autres fois curieux il affiche clairement sa volonté d’en apprendre un peu plus sur moi. « Alors comme ça tu fais… dans le journalisme ? » En souriant je réponds à ses questions. " Non pas vraiment juste quelques photos pour Cécile. Je fais de la psycho et j'adore ça ! Et toi ? " La sentence ne manque pas de tomber. « Nico bordel, on se tapera pas tout le matos, tu te démerdes pour le tient ! Tu lèveras tes greluches après ! » J’ouvre la bouche pour répliquer mais Nicolaï est le premier. « Tu sais pourquoi t’en lèves aucune ? Justement parce que t’es aussi con Donovan. Excuse-le, il devient con quand il est en manque. Et comme il l’est à peu près tout le temps… » C’est tellement flatteur de le voir prendre ma défense, d’essayer de faire pardonner son batteur en m’embrassant dans le cou que j’ai déjà oublié l’affreux qualificatif que le prétendu Donovan vient de me donner. Je lui fais un clin d’œil et le voilà de nouveau parti sur la scène pour débrancher, enrouler et ranger les câbles qui trainent. Cachée derrière mon objectif je n’en rate pas une miette. Moi qui avais affirmé plus tôt qu’il n’y avait rien d’intéressant à photographier, j’ai grillé plusieurs pellicules pour immortaliser cette soirée. Pendant qu’ils chargent la camionnette je me retrouve dans le bar à contempler mon butin. Je commence par numéroter mes boîtiers afin d’établir un classement chronologique. Je cherche une photo en particulier, celle de la première partie du concert où Nicolaï m’a jeté ce regard si singulier. En priant qu’elle ne soit pas floue, je déroule la pellicule et finis par la trouver. Au travers d'une bougie, je l’observe attentivement comme si elle pouvait me révéler son secret. Complètement immergée je sursaute quand mon déjà trop cher Nicolaï entre dans la pièce. « On a fini. Je te raccompagne chez toi ? En gentleman, promis. » Je me contente de hocher la tête sans quitter des yeux l’énigmatique cliché. « Tu vas les développer ? » Assis à côté de moi, il observe intéressé. " Sans aucun doute, il y a un labo à la fac. Regarde celle-ci, il semble qu’à ce moment précis tes yeux espiègles se sont voilés... Bref, on dirait qu’on n’échappe pas au tête à tête finalement. On y va ?

Nous ne sommes pas très long avant de rejoindre ma résidence. Devant elle j’éprouve la même angoisse, les mêmes attentes que la dernière fois. Pour rompre le silence, je bafouille une brève excuse, trouve une échappatoire. " J’imagine que les gentlemen se contente de raccompagner galamment les filles devant chez elles sans insister ensuite pour monter... Alors bonne nuit Nicolaï. “ Sur la pointe des pieds je tends le cou et lui dépose un baiser, furtif et délicat sur la joue. Celle-ci a quand même l’inconvénient d’être à égale distance de ses lèvres et de son cou. C’est trop tentant de s’en approcher, trop dangereux pour s’y attarder... j’ai peur de ne jamais m’arrêter, de ne plus savoir m’en aller et de le laisser.
Un dernier sourire avant de me retourner et de me diriger vers la porte. 1, 2, 3, 4 et 5 pas avant de l’atteindre. Trois secondes pour sortir mes clés, deux de plus pour l’ouvrir. C’est le temps dont il dispose pour me rattraper. C’est ce que je voudrais, ce que je désire... Qu’il m’attrape par le bras, qu’il me serre contre lui, qu’il m’embrasse intensément, qu’il me chuchote à l’oreille qu’il ne supportera pas de rester une nuit ou même une heure sans moi, qu’il me redise encore et encore de le laisser m’aimer, qu’il me donne une bonne raison de pouvoir y croire... Parce que moi je vais devenir folle si je me sépare de lui maintenant. Folle de rage contre moi même de ne pas l’avoir fait entrer, folle d’impatience d’attendre de ses nouvelles, folle de tristesse s’il décide cette fois encore de m’oublier.


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Nicolaï InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Love song ( le Sam 13 Jan - 11:10 )

Love song
Stockholm - hiver 1994

Elle me fait surtout galérer, je le sens venir de là. De bonne guerre ceci dit. Je crois que je le mérite amplement. Ça m’apprendra à vouloir jouer les kékés. Je ne dis pas que mon charme est à toute épreuve, mais j’ai d’habitude beaucoup moins de mal que ça. En même temps, je pars du principe où Jane n’est pas une fille comme les autres. Celles qui opposent une résistance, je m’en défais sans mal. Sauf que là, c’est tout à fait différent. Jane, je suis prêt à ramper pour lui plaire. C’est moche hein ? Et pourtant… L’amour a ses raisons que la raison ignore. Je crois que ce qui m’a plu de prime abord chez elle, maintenant que je la redécouvre avec un regard nouveau, c’est cette apparente assurance, alors que je sais qu’il se cache quelque-chose derrière tout ça. Comme une fêlure, une fragilité peut-être, je ne sais pas, mais elle n’est pas aussi sûre d’elle qu’elle veuille bien l’admettre.
Je m’intéresse à ce qu’elle fait et en particulier son cursus scolaire puisqu’elle est de la fac elle aussi, c’est là que je l’ai croisée la première fois et pour ainsi dire, que je me suis comporté comme le roi des cons en ignorant même quelle perle elle pouvait être. " Non pas vraiment juste quelques photos pour Cécile. Je fais de la psycho et j'adore ça ! Et toi ? " « Psycho ? Sérieux ? Moi aussi je suis en psycho ! Dernière année de licence. Me dit pas que tu suis le cours d’analyse parallèle toi aussi ? » Un cours un peu particulier, plus basée sur des croyances que sur des faits scientifiques et beaucoup le réfutent. Je dois dire que c’est sans doute le plus barré mais le plus intéressant de mes cours. Je suis plutôt scientifique mais je n’ai rien à perdre à vouloir me renseigner sur ce qui se fait à côté.
Les gars m’appellent pour aider à débarrasser la scène. Ils font moins de manières quand ils ont eu même rencards, et d’habitude ils se barrent sans même le dire quand une fille les attend, mais là, je ne peux fuir, il aurait fallu que je le fasse tout de suite !
Affairé à jouer les manœuvres, je ne manque cependant pas de lancer quelques coups d’œil à Jane pour voir ce qui la préoccupe. Elle a l’air passionné par ce qu’elle fait et observe avec une grande minutie ses pellicules. A croire qu’elle a fait ça toute sa vie. Une fois libéré, je reviens vers elle, le camion chargé, ils n’ont plus qu’à le conduire où ils veulent et je laisse volontiers les clés à Donovan. Je lui demande ce qu’elle compte bien faire de tous ces clichés.
" Sans aucun doute, il y a un labo à la fac. Regarde celle-ci, il semble qu’à ce moment précis tes yeux espiègles se sont voilés... Bref, on dirait qu’on n’échappe pas au tête à tête finalement. On y va ? " « Non, ils ne se sont pas voilés, c’est l’expression de ma révélation. » Lui adressant un regard doux, l’avant-bras appuyé sur un dossier de chaise. « On y va. » Nous partons pour son appartement. Je la laisse me guider, sa voix m’apaise.

Je ralenti le pas devant sa résidence, j’ai promis de me conduire en gentleman. Je n’avais qu’à saisir ma chance la dernière fois. C’est ma punition et croyez bien que je m’en mords les doigts. " J’imagine que les gentlemen se contente de raccompagner galamment les filles devant chez elles sans insister ensuite pour monter... Alors bonne nuit Nicolaï. “ « Oui, bonne nuit Jane. » Nous sommes devant sa porte. Et je ne peux réprimer mon envie de la garder encore un peu plus près de moi, en recevant son baiser, qui me rend déjà dingue. Elle se hisse sur la pointe des pieds, j’adore ça… Je ferme les yeux quand elle atteint ma joue. Je ne dois pas me laisser dépasser par mes envies. Ça ne se fait pas. Je la regarde faire, enclencher la clé dans la serrure, ouvrir, et disparaître derrière la porte… et merde. J’attends une seconde, puis deux, puis trois, et me jette sur la porte pour y frapper, en espérant qu’elle m’ouvre. Ce qu’elle fait dans la seconde qui suit. Et cette-fois ci, je saisis ma chance. « Excuse-moi, je sais ce que j’ai promis mais c’est plus fort que moi. » Je la pousse dans son appartement, la plaque délicatement contre le mur tout en lui volant un baiser digne des grands films Hollywoodiens. « Je suis désolé. Bonne nuit, Jane. » Je quitte l’appartement, et descends les escaliers, les mains dans les poches, la tête dans les étoiles. Cependant, je ne peux me résoudre à partir tout de suite et m’arrête sur un banc, m’y laissant tomber, dans ma veste en cuir. Puis je glisse une main dans mes cheveux, et mon visage entre mes doigts, je dois prendre une seconde pour souffler, c’est dingue l’effet qu’elle peut me faire et me demande encore si mon impulsivité aura raison de ma chance avec elle. Quel abruti je suis ! Je ne lui ai même pas demandé son numéro !

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Jane InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Love song ( le Dim 14 Jan - 17:38 )

Love song
Stockholm - hiver 1994


« Oui, bonne nuit Jane. » C’est de ma faute c’est moi qui l’ai repoussé, c’est moi qui ne me suis refermée. Pourtant je suis déçue de n’entendre qu’un bonne nuit Jane et pas on se revoit bientôt ou donne-moi ton numéro.
La démarche mal assurée, la même que j’avais la première fois que je l’ai invité, je me dirige vers la porte de ma chambre. Il est près de moi, je rêve de l’inviter de le faire entrer... et pourtant je tente un dernier coup de poker. C'est ridicule, je joue à la fille désintéressée mais qui a trop peur de le regarder. Il lira dans mes yeux tout ce que j’essaye de cacher, tout ce que je brule de lui révéler. Allez Jane, un effort pour mettre la clé sans trembler et ouvrir sans me retourner. Je n’ose pas imaginer ce que je vais faire s’il décide de m'abandonner, de me laisser. Alors je pourrais dire au revoir au doux rêve qu’il a éveillé... Un jour tu me diras oui devant l’autel, un jour on aura trop d’enfants pour tous les surveiller, une grande maison et une foutue pelouse à entretenir.
Et voilà... je me retrouve seule dans ma chambre, dépitée, le dos appuyé contre la porte et la main sur la poignée. Affolée je guette chaque bruit, me concentre sur le son que ses pas pourrait faire s’il partait mais je n’entends rien à part le retentissement de mon cœur épouvanté. Je crois que je vais me mettre à pleurer. Une seconde qui me semble une éternité puis une autre, et une troisième, avant qu’il ne se décide à frapper contre cette porte où je suis toujours adossée. Un sourire se dessine sur mes lèvres. Il me fait passer du rire au larme, de la peine à la joie en un claquement de doigts.
Maintenant j’arrête de parier, terminé les faux-semblants. J’ouvre précipitamment en ayant la ferme intention de ne plus le laisser s’éloigner, mais il ne me laisse pas parler... Depuis qu’il m’a enfermé c’est lui qui sans conteste trouve les mots... et me fait chavirer. « Excuse-moi, je sais ce que j’ai promis mais c’est plus fort que moi. » Il s’avance vers moi, m’accule contre le mur en me donnant un vrai baiser. Celui que je voulais la dernière fois qu’il m’a raccompagné. Ses mains sont posées de part et d’autre de mon visage et les miennes remontent le long de ses bras. Je fonds littéralement sous la tendresse et la sincérité qu’il semble me témoigner.  Tu crois au coup de foudre ? Tu crois aux gens qui passent leur vie ensemble ?  A bout de forces, sans volonté je suis prête à lui offrir mon corps et mon âme, mais il s’arrête et recule. « Je suis désolé. Bonne nuit, Jane. » Frustrée, paralysée par les émotions qui secouent mon corps et mon esprit, soufflée par le désir, étourdie par la force des sentiments contradictoires que je ressens je le regarde faire, se détourner et enfin rebrousser chemin puis s’en aller. 
Incrédule et de nouveau délaissée, j'observe la pièce comme si elle était un grand désert. Je caresse du bout des doigts mes lèvres, en regrettant amèrement que ce ne soient plus les siennes qui les touchent. D’abord un souffle puis un murmure et de plus en plus fort c’est son prénom que je répète comme un leitmotiv, une prière. Nicolaï, Nicolaï... Je l’appelle, je veux qu’il revienne.  J’ai eu tort de vouloir me protéger, de vouloir contrôler, contre l’amour on ne peut que se laisser aller. J’ai eu tort d’écouter Cécile et de ne pas l’entendre lui. C’est toi que je veux. Pour toujours. C’est comme une évidence. Alors te pose pas de questions, tout ira bien. Je n’ai pas compris ce qu’il voulait me dire en parlant de révélation... La mienne est peut-être trop tardive. Il ne me reste plus qu’à essayer de le rattraper. " Nicolaï. " Je crie dans les escaliers, cours en priant pour qu’il ne soit pas trop tard. En arrivant dans la rue je regarde à droite et à gauche mais je ne vois pas sa silhouette se détacher dans l'ombre de la nuit, il n’y a plus personne à part moi, mes rêves déchus, mes regrets... Je me déteste, je me haïs.
Comme s’il restait un espoir je scrute de nouveau l’horizon pour essayer de le discerner... c’est là que j’aperçois quelqu’un assît sur un banc. La tête baissée, les mains autour de son visage lui aussi à l’air d’avoir des remords. Je m’avance doucement et reconnais son blouson de cuir, ses cheveux pour une fois coiffés, son jean troué, ses converses. Nicolaï... Il est là. 
Lentement je pose ma main sur son épaule en murmurant une fois encore son prénom. " Nicolaï. " Je viens m’asseoir près de lui, entrelace mes doigts autour des siens et pose ma tête contre son épaule. “ Pardonne-moi... Je n’ai pas voulu écouter, comprendre... et j’ai eu tellement peur. Mais je ne laisserai plus cette angoisse gouverner, tu peux me faire confiance, je te promets de ne plus jamais douter... Maintenant moi aussi je sais, c’est toi et moi désormais. " Je me lève et sans lâcher sa main et le pousse à me suivre. " En d’autres mots... viens on va reprendre là où on en était. "



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Nicolaï InvanovLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: Love song ( le Lun 15 Jan - 20:31 )

Love song
Stockholm - hiver 1994

J’ai le sentiment de renverser les règles, de les transgresser et c’est aussi grisant que ça me paraît interdit. Pour autant, je crains de la froisser, c’est un dilemme qui me prend aux tripes, mais assumerais-je de ne rien avoir tenté si je rentre chez moi, et que je me réveille demain matin en me disant que j’ai manqué une occasion ? Jane est sans nul doute la femme de ma vie, ne me demandez pas pourquoi j’en suis sûr, mais je le suis, c’est tout. Je ne saurais exactement expliquer pourquoi, je le sens au plus profond de moi-même. Quand je me projette et c’est bien la première fois que je le fais, je la vois dans sa robe de mariée, porter nos enfants, je nous vois en voyage, et toute autre activité que ce soit.
C’est aussi frustrant que rassurant, de se dire qu’on a trouvé la bonne personne mais que rien n’est joué. Si elle, dans le doute, ne veut pas se lancer, parce que j’ai conscience que ça puisse faire peur. Ça doit même la terroriser. Vous pensez que je suis dans quel état moi ? Je ne suis pas complètement cinglé, un petit instinct de survie subsiste, mais je préfère ne pas l’écouter, pour une fois que je suis sûr de moi… Je ne dois pas laisser passer ma chance, au risque de le payer le restant de mes jours. J’ai l’impression de jouer ma vie, et c’est bien le cas. Si je me loupe sur cette soirée, ce sera fini, jamais elle ne m’accordera d’autre chance. C’est une femme, je l’ai froissée une fois, et j’ai une chance inouïe qu’elle m’ait accordé une seconde chance, parce qu’honnêtement, je ne la méritais pas. J’ai été en dessous de tout avec Jane, jusqu’à oublier son prénom, franchement ! Je crois que je n’avais pas saisi le potentiel de la chance qui s’offrait à moi, un abruti, c’est tout ! Et je pense que mon inconscient m’a fortement déconseillé de tenter ma chance pour passer la nuit avec la première fois. Elle s’en est peut-être trouvée vexée, mais je voulais juste rester gentleman. Pas qu’elle ne m’intéresse pas, bien au contraire mais je crois que j’avais déjà saisi sa fragilité apparente.

C’est donc en usant un peu de mon droit à l’approcher et ce qu’elle m’a autorisé pour ce soir que je retourne dans l’appartement, pour lui voler un baiser, digne de ce nom. Je sais que je ne devrais pas le faire, c’est mal. Mais c’est bien plus fort que moi et vu la façon dont elle répond à mon baiser, elle n’en n’est pas plus mécontente que moi. J’ignore ce qui se passe dans la tête d’une femme, vraiment, c’est un tel mystère pour moi… Pour autant avons-nous le choix ? Non, nous devons composer avec et je ne suis même pas prêt à parier qu’elles même le sachent.
Je quitte les lieux, en m’excusant, m’excuser d’avoir céder à une telle pulsion, ça n’aurait sans doute jamais dû arriver, et pourtant… Je retrouve l’air frais, que je respire à plein poumons en espérant trouver là un peu de sérénité. Tu parles, mon cœur bat à cent à l’heure. Je trouve un banc sur lequel je m’assieds et quelques minutes plus tard, alors que je suis totalement perdu dans mes pensées, voilà qu’une main se pose sur mon épaule, et c’est comme si celle-ci m’était étrangement familière. " Nicolaï. " Jane vient glisser ses doigts entre les miens et pose sa tête sur mon épaule, délicatement, tout comme elle sait faire. J’adore ce qu’elle fait. Puis elle pose sa tête contre le cuir de mon blouson. “ Pardonne-moi... Je n’ai pas voulu écouter, comprendre... et j’ai eu tellement peur. Mais je ne laisserai plus cette angoisse gouverner, tu peux me faire confiance, je te promets de ne plus jamais douter... Maintenant moi aussi je sais, c’est toi et moi désormais. " « Tu as le droit de douter Jane, si moi je ne le fais pas assez. Il fallait que je te le dise, je sais pas, c’était plus fort que moi. Comme si j’allais passer à côté de la chance de ma vie. » Je ne saurais dire pourquoi, mais je la sens sourire. « Oh tu peux te foutre de moi. Tu serais la première mais pourquoi pas. » Je ris légèrement pour moi-même, baissant les yeux sur son visage qui m’est caché. " En d’autres mots... viens on va reprendre là où on en était. " « On va… ok. » Surpris, je me lève néanmoins et la suit. Etant donné la main qu’elle me tient, je n’ai pas d’autre choix que de le faire, mais sans m’en plaindre le moins du monde. Nous montons jusqu’à son modeste appartement et à peine eut elle ouvert la porte que je retire ma veste pour la laisser tomber au sol et l’assieds sur le plan de travail de sa cuisine. En tant qu’étudiants nous comprenons tous la précarité de notre logement et on s’y accommode sans grand mal. « On devait reprendre exactement où on en était ? Ou on peut faire encore mieux ? » Je reste taquin, et embrasse son cou, délicatement, tandis que j’ai du mal à retirer mon t-shirt, mais son coup de main est salvateur. Je la porte à nouveau pour la déposer sur son lit. Une fougue loin de me déplaire l’anime, mais j’ai envie d’autre chose pour notre première fois. « Doucement. J’aimerais qu’on fasse ça doucement… » L’allongeant délicatement sur le matelas en retirant bouton par bouton son chemisier, déposant un baiser à chaque bouton retiré. Sa peau a l’odeur que j’imaginais, je ne sais pas pourquoi tout me paraît si évident quand il s’agit d’elle. Pour autant, la première fois est toujours intimidante, non pas que je manque d’expérience, fierté oblige, mais je dois avouer que je ne fais pas le beau en me retrouvant face à Jane.
Chacun de mes gestes est délicat, attentif, calculé pour lui plaire…

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Sujet: Re: Love song ( le )
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