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- Un retour à la réalité qui sent le sapin | Vincenzo -

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Roberto Khalil10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: Un retour à la réalité qui sent le sapin | Vincenzo ( le Ven 8 Déc - 23:30 )


vincenzo & roberto
Un retour à la réalité qui sent le sapin.

C’est une période que j’affectionne. On pourrait croire le contraire, parce qu’étant enfant, nos Noël étaient plutôt pauvres. Nous n’avions pas de repas de réveillon digne de ce nom et les cadeaux aux pieds du sapin étaient très peu nombreux. Mais les instants que je partageais avec ma mère et ma sœur étaient tous ce qui me fallait pour sourire à la vie trois cent soixante-cinq jour de plus. Ces instants de bonheur étaient décuplés parce que nous décidions de mettre tous nos problèmes de côté pour nous concentrer sur ce que nous avions à fêter. La magie existe bel et bien à cette période. Pouvoir chasser les ténèbres pour nous contenter des étincelles que s’invitaient dans nos yeux n’étaient pas une chose aisée le reste de l’année. Moi, j’ai toujours su être optimiste, mais c’est facile lorsqu’on n’est pas atteint par la maladie. Noël était leur exutoire et je profitai de leurs bonnes humeurs. C’est pour cela que j’ajoute une de ces boules, que j’ai trouvé en fouillant dans un placard, sur ce sapin. Il est beau mon sapin, roi des forêts. Je l’ai volé dans une rue. Il trainait là, seul. Il me ressemblait à cet instant précis. Il avait besoin de compagnie autant que moi. Alors je m’en suis fait un ami que je décore de mille joyaux.   Je sais que je ne suis pas chez moi, que ce n’est pas dans mon salon qu’il trône fièrement, mais n’est-ce pas important que chaque maison ait son propre sapin ? Je ne passerai sans doute pas Noël ici, mais je saurai que quelque part, mon sapin ne sera pas seul pour fêter ce jour. Je pose l’étoile au sommet et branche les guirlandes électriques. Je fais quelques pas arrière et le contemple d’un air songeur. Il est beau ce sapin qui scintille, il a fier allure. Je jette un œil à l’horloge, il est une heure du matin passé, je suis rincé. Le temps d’une douche et je serai au lit pour m’évader dans mes songes.

***

Vous savez ce qu’il se passe lorsque vous vous réveillez au beau milieu d’une phase de sommeil paradoxale si vous êtes un garçon ? Et bien votre membre viril s’impose fièrement comme si votre dernier rêve, celui dont vous ne vous souvenez même pas, était un condensé de votre dernière session youporn. Ce n’est pas désagréable en soi, on regrette juste d’être un peu trop endormi pour y remédiez autrement que de le laisser retourner à son repos de lui-même. C’est ainsi, les hommes n’ont pas de contrôle là-dessus le matin. En revanche, il contrôle plus ou moins leur flemmardise et aujourd’hui, jour de congé, j’ai décidé de tout remettre au lendemain, de procrastiner à mort, et donc de remettre à demain mon levée. J’exagère un peu, mais le réveil affiche sept heures du matin, heure à laquelle la sonnerie retentit pour me tirer du lit et m’envoyer au boulot normalement. Mais pas aujourd’hui, non. Pourtant, mes yeux se sont bien ouverts à cette heure-ci. Une habitude que je n’apprécie pas. Par rébellion, je referme les paupières et me serre dans ces draps qui ne m’appartiennent pas. J’aime bien ce lit. Le matelas est très confortable. Je ne me suis jamais senti aussi bien accueilli dans un lit. Il faut dire que je me contente, la plupart du temps, d’un convertible de premier prix. Et lorsque je passe la nuit chez quelqu’un d’autres, je ne suis pas seul à profiter du matelas. Alors oui, je suis bien ici, et il est si simple de s’endor…

Bzzzz ! Bzzzz ! Bzzzzz ! Ce putain de téléphone vient de m’arracher à mon sommeil. A en juger par la pression qui se fait sur mon bas ventre, encore au stade du paradoxale. Mais cette fois, je sais de quoi j’ai rêvé. Je m’en souviens. Et ça n’avait rien à voir avec ce site…Quoi que ça n’en était pas moins érotique. Je cherche mon portable d’une main. Je sais qu’il est sur la table de nuit. A l’aveugle, je tâtonne, le bute et j’entends un bruit sourd cogner le parquet. Fait chié ! M’en fout, il a cessé de vibrer. Je le ramasserai demain. J’ai perçu onze heure sur le réveil. Mais encore une fois, mes paupières sont tellement lourdes et je suis tellement bien ici, que je m’autorise à essayer de replonger dans mes rêves. Qui a t-il de mal à ça ? Je dérange personne et personne ne m’attend. Alors une heure de plus ou cinq, quelle différence il y a à ça ? Je sais que c’est le meilleur moyen pour que je traine au lit même les jours de boulot. Je me plie à une mauvaise habitude. Mais la vie est si courte. Il faut savoir savourer les bons moments. On dit que le monde appartient à ceux qui se lève tôt… Okay, mais parfois, se lever tard, c’est tellement jouissif.

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Sujet: Re: Un retour à la réalité qui sent le sapin | Vincenzo ( le Sam 9 Déc - 6:16 )


vincenzo & roberto
Un retour à la réalité qui sent le sapin.

La tournée est terminée, c’est dommage. J’aurais voulu continuer, ne pas revenir à Naples. Pas que je n’aime pas la ville, mais revenir, c’est revoir ma famille et subir leurs jugements débiles sur ma vie. Lorsque j’étais en tournée, il n’y avait que ma mère qui me parlait. Ou mes frères pour me raconter un truc débile, mais sinon, mon père ne me parlait pas trop. Il m’en veut encore d’avoir abandonné la compagnie ainsi. Ma mère me dit de lui laisser du temps. Comme quoi ça me dérangeait qu’il le prenne mal. Enfin, si, ça me dérange, mais d’un autre côté, j’ai la paix. Encore plus lorsque je suis loin d’eux. En tournée, j’avais l’impression d’être libre. Je vivais ma passion, je parlais avec des gens qui me comprenaient, je pouvais être qui je voulais sans devoir me soucier de ce qu’on pense. Revenir en ville, c’est comme perdre tous ces privilèges. Bien que ce ne soit pas le cas, c’est ainsi que je me sens. Par contre, c’est vrai qu’il y a une personne à Naples qui m’a énormément manqué et que savoir que je vais la revoir me rend heureux de revenir, c’est Lana. Sa gueule me manque. Sur Skype, ce n’est pas la même. D’ailleurs, je voulais lui faire une surprise. Je lui ai dit que je revenais la semaine prochaine et non cette semaine. La gueule qu’elle va faire lorsqu’elle me découvrira devant son pallier. Ça va être épic ! Mais première chose, retourner chez moi pour y déposer mes valises et peut-être me reposer un peu. Je n’ai pas pu dormir dans le train et je sais que Lana va monopoliser le reste de la journée et pour ça, je vais avoir besoin de repos, sûr et certain.  

J’arrive devant ma porte d’appartement, ça me fait bizarre. Je la déverrouille avant d’y mettre les pieds pour la première fois depuis plusieurs mois. Ça sent… Pas comme d’habitude. À vrai dire, je ne me rappelle même plus de comment elle sentait avant que je quitte. Par contre, une chose attire mon attention : un sapin. Je fronce les sourcils. Pourquoi y a-t-il un sapin décoré dans mon salon ? Et un sourire se dessine sur mes lèvres en y réfléchissant. Lana. Qui d’autre ? Elle est trop chou, sérieux. Je m’approche pour le regarder de plus près lorsque j’entends un bruit provenant d’une autre pièce. Je me fige. Mais là, je sais que ce n’est pas Lana, car je me suis assurée qu’elle ne soit pas de passage à l’appartement pour mon retour. Puis, je me rappelle ce qu’elle m’avait raconté par rapport à un squatteur qui logeait dans mon appartement. Elle l’avait fait fuir apparemment. Il était peut-être de retour. Ou elle m’avait menti pour ne pas que je m’inquiète. Je regarde autour, pour prendre un truc avec quoi me défendre. La seule chose qui pourrait me servir, c’est le balai. Mieux que rien. Je l’attrape et m’approche doucement de ma chambre. Les battements de mon cœur s’accélèrent. Je me fais quelques scénarios à la mode justicier pour me préparer mentalement. Je prends une profonde inspiration en me plaçant sur le côté de la porte. Ok. À trois. Un. Deux… Et s’il est armé ? Mais non, sûrement pas. Ok. Un. Est-ce que je crie en sautant devant la porte ou j’y vais tranquille ? Peut-être y aller doucement, pour ne pas lui faire peur et risquer ma vie. J’entends le bruit de la couverture qui frotter contre les draps. OK ! Ça suffit. Ce n’est pas le temps de faire la chochotte. Un. Deux. Trois. Je me mets devant la porte pour qu’il me voit, le balai devant moi prêt à me défendre s’il le faut. « Qu’est-ce que vous voulez ? » Je lâche sur un ton interrogatoire comme un policier qui cri « Qui va là ? ». Je me sens aussi cool aussi. Non pas vraiment. Mes mains tremblent. Je le fais sursauter et la couverture tombe sur le côté, me laissant voir son entre-jambe… qui est en pleine forme. « Oh mon dieu ! » dis-je en détournant le regard, dégouté, tel une prude voyant une érection pour la première fois de sa vie. En fait, je suis surtout choqué qu’il soit dans cette situation dans mon lit. « Je peux savoir ce que tu fais dans mon lit… comme ça ? » On oublie le tutoiement dans ce cas-ci !

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Sujet: Re: Un retour à la réalité qui sent le sapin | Vincenzo ( le Dim 10 Déc - 1:04 )


vincenzo & roberto
Un retour à la réalité qui sent le sapin.

Je sens mon corps s’abandonner de nouveau pour entrer dans le sommeil lorsqu’une voix m’arrache à mon voyage. Mon corps, qui se relâchait, est pris d’un sursaut dont je n’ai absolument pas le contrôle. La couverture vole et glisse sur le côté, me privant des mystères de mon anatomie tout entier. Pendant que la personne s’exclame, je me lève, complètement nu, sur le qui-vive. Le matelas m’apporte un équilibre très fragile. Lorsque je vois le jeune homme en face de moi, je plaque mes mains sur mon membre. Gonflé par l’excitation de mes rêves sans doute, il met difficile de tout cacher, alors je saisis le coussin que je plaque rapidement afin de garder un minimum de dignité. Mon cul ! Elle a foutu le camp à l’instant où j’ai sursauté comme un chat apeuré. J’ai les yeux ronds, je suis pris sur le fait, dans des conditions peu avantageuses pour moi. C’est terrible de voir ce jeune homme pour la première fois en vrai et de se sentir humilié ainsi. Après, je m’en fous, ça me passera vite. Ce que j’aimerai voir vite passé aussi, c’est cette érection qui me met plutôt mal à l’aise. Dans de telles circonstances, je sais qu’elle ne s’éternisera pas, mais y’a quand même ce type devant moi qui s’est immiscé quelque fois dans mes rêves. Il ne faut pas que j’y pense. « Je… dormais. » Je lâche simplement comme si la réponse était évidente. Je suis toujours planté là, debout, le coussin pour unique moyen de cacher ma virilité. Je ne lui mens pas, c’est vrai, je dormais tranquillement avant qu’il m’interrompt. Enfin, je dormirai à point fermé sans ce fichu portable qui s’était mis à vibrer. « Je ne savais pas que vous rentrerez aussi tôt.  » Genre l’excuse ! Cette remarque me sortira sans doute de cette mauvaise passe. Avec ça, il va me dire : « Ah ok, alors tout va bien. ». Mes yeux sont toujours aussi globuleux. Je sais qu’il m’en faut beaucoup pour paniquer d’habituellement, mais je suis quand-même en infraction et je ne sais pas comment je vais me sortir de là. Dans d’autre circonstance, j’aurai fui vers la sortie et aurait couru, comme je sais si bien le faire. Il m’aura oublié avec le temps. Mais je ne suis pas vêtu. A poil dans la rue, ça ne serait pas raisonnable. On est en hiver bordel ! Je sais qu’en Italie, la température n’est pas si négative que ça, mais tout de même. Je ne tiens pas à ce que popol risque de rentrer dans son terrier. Qu’il se repose ok, mais qu’il disparaisse, oh ça non ! J’y tiens ! Il faut que je trouve un subterfuge, que je l’endorme peut-être ? Pas avec un coup sur la tête, il est armé. Si on peut appeler ça une arme. Non, que je l’endorme avec une petite manipulation innocente. Je descends du lit, avec prudence, lenteur. J’ai envie de mettre les mains au-dessus de ma tête, mais si je fais ça, je n’aurai plus rien à cacher : « Bien, je vais vous laisser à votre retour. Je ne vais pas vous … déranger plus longtemps. Je vais juste passer à la salle de bain récupérer mes affaires, si ça ne vous dérange pas ? » Je lui demande l’autorisation parce qu’à présent, il y a un maitre à cet appartement. J’ai l’air con s’il refuse. Qu’est-ce que je ferai dans ces conditions ? S’il m’y interdit, je cours vers la sortie et balance son cousin avant de pénétrer dans le couloir. Mon membre s’est calmé, mes mains pourront suffire pour taper un sprint vers ma voiture. Encore faut-il que je me souvienne où je l’ai garé. Je ne peux détourner mon regard de ses yeux verts. Ils sont encore plus impressionnant que sur les photos. Je suis figé, attendant un accord, le stress se propageant dans tout mon être. Je crois que je suis déçu aussi. Déçu que cette aventure prenne fin.

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Sujet: Re: Un retour à la réalité qui sent le sapin | Vincenzo ( le Jeu 11 Jan - 16:53 )


vincenzo & roberto
Un retour à la réalité qui sent le sapin.

Non, je ne suis pas une poule mouillée. Je tiens à le préciser. Il y a un intrus dans ma maison et je ne sais pas de quoi il a l’air, ni de quoi il est capable. Du coup, c’est normal que j’hésite à me montrer. Je ne peux pas anticiper sa réaction et s’il panique, je peux risquer d’être blesser. Mais puisqu’il s’agit de mon appartement et que je ne vais pas me la jouer trouillard. Alors, je me lance pour y découvrir un homme nu, en érection, dans mon lit. Je m’étais imaginé plusieurs scénarios, mais celui-là… Je m’y attendais pas du tout. « Je… dormais. » J’espère. Parce qu’avec ce que j’ai vu, il y a possibilité qu’il ait fait plus que dormir. Oh god. Non. Vaut mieux pas n’y penser. Je vais devoir laver mes draps, c’est certain. Je sépare mes doigts devant mes yeux pour voir s’il s’est débarrassé de cette… situation. J’enlève ma main de mon visage lorsque je vois qu’il s’est « caché ». Ce n’est qu’un simple coussin, mais mieux que rien. La situation me gêne tout de même. Je ne sais pas trop où regarder à vrai dire. Je tente de concentrer mon regard sur son visage, mais je ne peux l’empêcher de dévier vers son bassin. Je me prépare au cas où l’oreiller tombe ou peu importe. « Je ne savais pas que vous rentrerez aussi tôt. » Je fronce les sourcils. Je l’avais un peu compris avec sa réaction. Il n’a pas du tout l’air d’être une surprise pour moi, gracieuseté de Lana. Je ne sais même pas quoi lui dire tellement je suis encore sous le choc de l’avoir trouvé dans ma chambre… comme ça. « Si vous aviez su, vous auriez mis des vêtements ? » Je ne le dis même pas comme blague, mais plutôt pour souligner qu’il était encore nu. Il y a ce malaise dans l’air, même lui ne semble pas quoi faire. Finalement, j’aurais peut-être dû revenir la semaine prochaine comme prévu. D’ailleurs, j’y pense… Comment savait-il que j’étais parti et que l’appartement était libre. Ce mec ne me disait rien, alors c’était bizarre qu’il soit au courant de ces détails. Oh et puis, comment est-il entré ici ? Je me demande surtout pourquoi ? « Bien, je vais vous laisser à votre retour. Je ne vais pas vous … déranger plus longtemps. Je vais juste passer à la salle de bain récupérer mes affaires, si ça ne vous dérange pas ? » J’arque les sourcils. « Si ça ne me dérange pas ? » Je répète, trouvant ridicule qu’il me demande la permission. « Tu t’es introduis chez moi durant mon absence et t’as dormi, nu, dans mon lit. T’as pas besoin de poser la question. » Je ne suis pas des plus sympathiques, mais en même temps, je ne vais tout de même pas l’accueillir comme si ma maison était un centre pour itinérant. Je finis par déposer le balai. Il m’a l’air inoffensif. Quoique, je devrais tout de même rester méfiant. J’ai tout de même envie de lui poser des questions sur comment il a obtenu mes informations avant qu'il disparaisse, mais je préfère le faire lorsqu’il sera un peu plus… vêtu. Question d'être un peu plus à l'aise pour discuter. 

Je me dirige vers le salon pour lui donner la chance de se remettre ses vêtements sans devoir le regarder faire. Puis, je revois le sapin et commence à me demander si c’est bel et bien Lana qui l’a fait ou si c’est… l’intrus. Ça serait chelou de sa part, non ? Ça voudrait dire qu’il serait là depuis un bon moment. À moins qu’il se mette facilement à l’aise dans un appartement qui n’est pas le sien. En tout cas, ce mec est étrange, point final. J’entends des pas derrière moi. Sûrement lui qui est sur le point de partir. « C’est toi qui a fait le sapin ? » Je demande en me tournant vers lui, je le dévisage légèrement. Maintenant qu'il porte des vêtements, j'arrive à pouvoir mieux le regarder. « Est-ce qu’on se connait ? » Pas que son visage m’est familier, mais il a des infos sur moi. Alors peut-être qu’on s’est déjà croisé à un moment, avant mon départ, et que je ne me rappelle. « Tu sembles en connaître un peu sur ma vie pour un inconnu. » C'est facile de savoir si une personne n'est pas à la maison, mais que cette dernière revient dans plusieurs mois, il faut avoir cherché.

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Sujet: Re: Un retour à la réalité qui sent le sapin | Vincenzo ( le Sam 13 Jan - 19:42 )


vincenzo & roberto
Un retour à la réalité qui sent le sapin.

Je sais que je devrais éprouver une honte infinie. Je le suis un peu. Mais je ne peux pas m’empêcher de rire de la situation, intérieurement je veux dire. Le coussin posé sur mes parties intimes, je l’écoute me questionner. Je réponds bêtement comme si je n’avais pas compris le sens de sa question. Puis je l’avertie que je ne l’attendais pas aussitôt. Un comble puisque je ne suis pas chez moi et que j’ai pris la liberté de faire comme si c’était le cas pendant son absence. Sa réponse me ferait presque rire si je ne voulais pas qu’il s’offense de mon comportement. Pourtant, je ne peux m’empêcher de le taquiner :  « Mmmh..non… Je dors toujours nu. » J’affiche un sourire benêt sur mes lèvres. Je joue au malin maintenant que je me sens moins exposé. Je reste quand même à poil malgré tout. Mais je vois dans sa façon d’être, de me regarder, que mon corps nu le met mal à l’aise et j’en joue. Qu’ai-je à perdre en fait ? Je rajoute. « Mais je ne serai tout simplement plus là. » Je regarde à droite et à gauche. Comment fuir cette confrontation ? Je sais très bien que l’assurance que je tente de montrer ne fonctionne pas. J’ai beau avoir du bagout, je me sens plus ou moins en danger. Alors je tente le tout pour le tout en essayant de l’endormir. Je lui demande si je peux aller dans la salle de bain pour récupérer mes affaires, pour partir ensuite. Il répète ma forme de politesse et il est vrai que je la trouve ridicule à présent. Mais, par ces mots, je veux lui faire comprendre que je ne suis pas un mauvais gars. J’ai fait des conneries par le passé, mais j’ai changé. Ok, je squatte chez un inconnu, mais je n’ai rien cassé, j’ai même pris soin de ses affaires et, surtout, je n’ai rien volé. Je fais la grimace à sa remarque : « Désolé pour ça. Vous n’étiez pas sensé le savoir. » En vrai, je ne le suis pas vraiment. Cette appartement était inutilisée, laissé à l’abandon. Autant qu’il serve à quelqu’un, comme moi. Je pensais même placer une petite enveloppe, dans le sapin, pour l’électricité entre autre. Je me mordille la lèvre inférieure, fixant son regard sans gêne. Il finit par poser son balai. Est-ce un signe qu’il accepte mes excuses ? Je l’observe ensuite quitter la chambre pour rejoindre le salon. C’est le moment pour moi de me précipiter dans la salle de bain pour y récupérer mes affaires de la veille que j’enfile à une vitesse grand v. D’abord le caleçon, puis les chaussettes. J’enfile mon jean en manquant de perdre l’équilibre, je saisis mon tee shirt, ainsi que mes chaussures et rejoins le salon en trombe.

Il est là, proche du sapin et je ne vois rien dans ses mains. Si je me suis précipité, ce n’est pas pour me dépêcher de quitter l’appart, mais par peur qu’il soit en train d’appeler les flics. Je n’y tiens pas. Je m’en suis toujours sortie sans avoir à faire aux poulets, j’espérai que cela serait encore le cas aujourd’hui. Je pose mes chaussures par terre, enfile mon maillot et boutonne mon pantalon. Il s’interroge alors sur le sapin qui trône dans le salon. Je boucle ma ceinture et lui répond en tout sincérité : : « C’est moi. Je me suis dit que ça pourrait être sympa que tu es ton sapin de Noël à ton retour.  » Je savais qu’il rentrait quelques jours avant Noël. Je pensais qu’il aurait pu simplement s’en réjouir, trouver le geste adorable en pensant que l’un de ses proches s’en est occupé et se garde de le lui avouer juste pour le mystère. « Tu n’étais pas sensé savoir que cela venait de moi. Mais je me suis dit que j’avais bien profiter de ta demeure. Je voulais laisser une petite trace. Même si je me doute que tu n’en as rien à foutre. » Je me mets à rire nerveusement. Le but n’était pas qu’il devine que cela venait de moi. Cela aurait fait partie de ces mystères de Noël. Ceux qui sont censés nous mettre dans l’ambiance des fêtes. « Je pensais même y glisser une petite enveloppe.  » Je lève l’index comme pour lui éviter de prendre la parole inutilement. Je m’approche de mon sac posé contre le canapé et en sors une fine liasse de billet. Je lui montre, preuve de ma bonne fois. La somme s’élève à deux centaines d’euros seulement. Mais c’est toujours mieux que rien. Je lui tends les billets et lui indique : « Il n’y a pas grand-chose, mais lorsqu’on squatte chez un inconnu, en général, on ne roule pas sur l’or. Et je sais que ça n’excusera pas mon intrusion. » Je me pince une nouvelle fois les lèvres. Je le fais souvent lorsque je me retrouve dans une situation délicate. Je recule ensuite et comme je le prévoyais, il se pose des questions sur moi et me les partage. Je me frotte le haut du crâne. Je ne sais pas ce que je peux lui dire ou non. Dans mes plans, je devais quitter mon emploi avant qu’il ne débarque. Maintenant, je ne sais plus trop quoi faire. Je suis tiraillé entre l’envie de fuir et celle de l’affronter parce que ce boulot, mine de rien, je ne m’en suis pas encore lassé. Je chausse mes chaussures et m’agenouille pour nouer mes lacets. Je lui répond : « Non, on ne se connait pas. Enfin… oui, je sais quelques détails sur ta vie, mais un magicien ne dévoile jamais ses secrets. » Je lui lance avec un clin d’œil en prime. Il a raison, j’ai vraiment l’impression de le connaitre. Je dois l’avouer, en plus d’avoir côtoyer son univers en logeant dans sa résidence, il a côtoyé certaines de mes nuits. Alors je me fais sans doute une mauvaise idée de sa personne, mais oui, j’ai cette sensation de savoir qui il est. Et quitter cet endroit, c’est aussi le quitter lui. C’est con quand même. Je me suis attaché à un fantasme. Quel abruti ! Je lui proposerai bien d’aller boire un café, mais ça serait inapproprié. « Bon… Je vais y aller. Le frigo est plein » Non, il n’y a pas que des merdes à l’intérieur. J’ai une alimentation plutôt saine en réalité, lorsque je ne fais pas cramer mes repas. Je l’observe en silence. Je ne sais pas ce que j’espère de lui à présent. Il n’y a rien n’à espérer, en fait. Je saisis mon sac à dos et le place à mon épaule : « Bien. Et bien ravi de vous avoir rencontrer. J’imagine que le plaisir n’est pas partagé. » Je me trouve con de faire ce genre de réflexion. Je connais la réponse. En fait, moi qui déborde d’assurance, qui n’a peur de rien, qui se débrouille dans toute sorte de situation, je suis en train de redouter la fin de celle-ci. Je reste planté devant lui comme si j’attendais sa permission pour m’en aller.

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