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- La quête malienne [Giovanni] -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Voyager dans le passé
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Lucas Sheffield10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
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Sujet: La quête malienne [Giovanni] ( le Mar 5 Déc - 18:55 )
Un an. Cela paraissait si peu de temps, tout en étant extrêmement long malgré tout. Amara avait disparu au Mali, enlevée par AQMI selon les premières informations. Autant dire que la situation n’était pas rassurante. Aucun moyen de savoir si elle était toujours en vie ni même de connaître son état de santé. Lucas avait entrepris de nombreuses démarches auprès de l’ambassade américaine, et d’autres services. Des appels réguliers, des lettres et même des mises en contact grâce à des connaissances communes. Il remuait littéralement ciel et terre pour retrouver sa sœur et l’aider. Giovanni en faisait de même de son côté, faisant parfois doublon aux actions du frère de sa compagne. Plus ils alertaient, plus ils espéraient attirer enfin l’attention de quelqu’un. La frustration gagnait de plus en plus l’américain. A tel point qu’il était prêt à partir en croisade tout seul si nécessaire. Une volonté noble mais stupide après réflexion. Il n’y avait que dans les films où une seule personne venait à bout d’un groupe comme celui-là et réussissait à sauver la captive. Dans la réalité, cela demandait plus de moyens et il en était conscient. Les démarches ne menaient à rien en dehors des réponses de politiciens tout simplement. Ils faisaient tout leur possible mais n’avaient aucune information. La situation était délicate et devait être traitée avec tact. En résumé, il ne faisait strictement rien et attendait simplement de voir l’évolution.

Excédé. Lucas avait pris la décision de se rendre directement au Mali en personne. Pas de téléphone, ni de mail ni même de la présence d’un quelconque intermédiaire. Il comptait bien obtenir des réponses et une promesse claire, quitte à mener l’enquête lui-même. Son choix était fait. Ses parents avaient tenté de protester mais sans conviction, au fond d’eux, ils souhaitaient voir une évolution. Giovanni avait insisté à plusieurs reprises pour l’accompagner, et avait même fini par prendre un vol. Le même que lui. Le blond comptait passer par Naples avant de se rendre là-bas pour parler au rédacteur en chef d’Amara. Avoir des informations complémentaires. C’était un aller simple. Pas de retour prévu à moins d’être en compagnie de sa sœur. Il aurait préféré y aller seul, pour agir un peu plus librement et tenter d’entrer en contact avec certaines personnes. D’un autre côté, Lucas était ravi que son beau-frère, officieusement, l’accompagne et le soutienne dans cette épreuve. Il tenait à Amara et c’était tout ce qui comptait. Ils s’étaient retrouvés dans le terminal de l’aéroport.


_ « Bonjour. » Il prit une profonde inspiration. « Prêt pour notre périple. On ne rentre pas sans elle. »

C’était une preuve de sa détermination. Une sorte d’auto-conviction aussi par la même occasion pour se donner du courage, et un objectif clair. Le voyage ne serait pas facile ni touristique. Lucas était prêt à faire ce qu’il faudrait le moment venu. C’était dans ce moment-là qu’il regrettait de ne plus être dans l’armée, car il aurait pu tenter de convaincre un supérieur de l’aider ou de l’épauler dans ces démarches. Le côté fraternel. Ils allaient devoir se contenter des moyens du bord, et de leur propre force. Ils se dirigèrent vers l’embarquement, et Lucas se retourna vers Giovanni.

_ « Tu es sûr d’être prêt. Si tu ne veux pas aller jusqu’au bout. Restes ici et continue ce qu’on a démarré… »

Son regard était déterminé et froid. Lucas était conscient que la situation pourrait dégénérer pour eux, éventuellement. Il ne savait pas encore ce qu’il comptait réellement faire, ni jusqu’où il comptait pousser ses actions pour aider sa sœur. Une chose était sûre. Son objectif était de la trouver et de la ramener… Même si il était aussi conscient qu’il pourrait rester deux ans dans le pays sans trouver aucune piste. Mais il préférait rester positif et optimiste. Conserver ce maigre espoir de la retrouver en vie et en santé.


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Sujet: Re: La quête malienne [Giovanni] ( le Jeu 7 Déc - 4:09 )

La quête malienne
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Des mois s’étaient écoulés, le temps était long et en même temps les jours passaient rapidement. Rapidement sans pour autant se ressembler. Depuis l’annonce des attaques de AQMI en fin Mars 2014- Début Avril 2014 ainsi que les documentaires aux informations, mon esprit était accaparé par une seule chose, une seule personne : Amara. Jours et Nuits, je pensais à elle, persuadée qu’elle n’avait pas été une victime de leurs bombes, persuadée qu’elle était vivant, quelque part là-bas ou sinon survivante. Je la savais battante, aimant tant la vie qu’elle ferait tout pour la préserver. La reporter avait connu des situations critiques dans le cadre de son métier, des dangers incommensurables en prenant des clichés mémorables. A chaque fois j’avais cette boule au ventre, cette peur qu’il lui arrive quelque chose mais je prenais sur moi pour ne pas l’empêcher de vivre sa vie avec passion, de faire son job comme elle l’aimait. Elle avait d’ailleurs une renommée internationale dans ce milieu, depuis des photographies qui avaient été publiées à travers le monde. Elle était supposée être entourée, avec son équipe, de gars de l’armée rodés par ce type d’exercice, elle aurait du être protégée contre toute attaque. Le corps de certains de ses collègues avaient été identifiés mais celui de la jolie brunette n’apparaissait dans aucun registre. L’ambassade Italienne et celle Américaine ne nous donnaient aucune information. Depuis des mois, je cherchais sa trace, désespérément.  Le frère de Amara faisait de même depuis les Etats Unis et on restait quasiment quotidiennement en contact, pour se donner des nouvelles sur l’avancée de nos recherches. Les avancées minimes tout comme les pas en arrière. On nous mettait des bâtons dans les roues, on ne nous disait pas tout.

J’avais tapé du poing où elle travaillait, traitant le responsable du journal comme irresponsable, essayant de pister quelque chose. L’effort n’abouti pas. Pas plus que mes démarches auprès de l’ambassade, de la police, de l’armée. J’avais difficilement eu contact avec des gens sur place mais Lucas devait avoir pu parvenir à cela en raison de son parcours professionnel. En tant qu’ancien militaire, il devait avoir plus de filons que moi. Nous étions déjà en 2015 et nous parvenions, à force de persévérance et d’acharnement, de colères et de révoltes, avoir un brin d’espoir comme quoi elle serait encore en vie au Mali. Rien de fiable, rien de sûr. Pourtant je n’en pouvais plus de rester ici, à distance. Tous les jours je regardais son profil professionnel, ses albums de photographie, ses clichés publiés en ligne au fur et à mesure de son voyage et les deux derniers clichés étaient pris au Mali, peu après son départ à la mi-Mars 2014.

J’avais fait développé ces deux dernières photos afin de les avoir avec moi, sur place et les montrer à des personnes là-bas. Puis j’en gardais une dans un portefeuille, de Amara & moi peu de temps avant son départ. Ça m’aidait à tenir. J’avais été choqué et bouleversé par l’annonce de cette attaque. J’avais à plusieurs reprise pété des cibles et décidais de me défouler dans une salle de sport ainsi que en faisant de la motocross et de la boxe. Je n’avais plus le temps pour la plongée, considérée comme un loisir. Mon esprit était tellement accaparé et focalisé sur la femme que j’aimais que hormis les sports pour me défouler et mon travail, ma vie s’était beaucoup restreinte. Dès que j’avais du temps de libre, je le consacrais à la recherche, aux démarches administratives et autres. Lucas m’avait annoncé il y avait quelques semaines de cela, de partir au Mali. Il comptait y aller seul et bien sûr, je l’en interdis expressément. Je voulais l’accompagner. Nous avions donc conclu un marché tous les deux, de s’engager dans cette quête coûte que coûte et il prendrait un vol qui ferait escale à Naples d’abord.

Quand il arriva, il resta à Naples une nuit. Nous nous étions rendus la veille encore une fois auprès du rédacteur en chef du journal où bossait Amara pour lui faire part de notre démarche et tirer des infos mais ce fut un échec. Nous nous retrouvâmes le lendemain au terminal de l’aéroport de Naples, prêts à partir pour l’Afrique. J’acquiesçais avec un air extrêmement déterminé et tendu « J’espère que tu as raison » fis-je tout autant dans l’envie de la retrouver et de la ramener en vie. Nos valises étaient enregistrées et nous étions passés au comptoir d’enregistrement. il ne restait plus qu’à passer ces dernières portes d’embarquement pour monter à bord de l’engin. Nous discutions peu mais ce que nous nous disions n’était généralement pas superflus. Les circonstances de nos retrouvailles étaient loin d’être joyeuses mais il allait falloir faire en sorte que ça se passe bien. « J’ai l’air de ne pas être prêt ? » demandais-je en prenant une expression des plus sérieuses. « J’en ai sérieusement assez que rien n’aboutisse ici. Il faut qu’on aille sur place, on n’a pas le choix et on va faire les choses jusqu’au bout ». Les faire bien, en respectant la loi ou non m’était égal. Les dangers à venir aussi. Il fallait que l’on mène cette quête en donnant tout ce qu’on avait, en faisant tout ce qu’on pouvait. Une approbation d’un geste de la tête suffit pour que l’on monte tous deux à bord. Nos sièges étaient côte à côte dans l’avion mais on s’économisa en dormant 80% du trajet histoire d’être en forme et efficaces dès les pieds posés sur la terre africaine. Une fois les affaires récupérés, nous étions à l’entrée de l’Aéroport où la chaleur et la poussière envahissait déjà notre espace ainsi que nos bronches. Nous étions arrivés à Tombouctou et il nous fallait encore près d’un jour et demi de voiture pour arriver dans la zone où l’équipe journalistique bossait l’année précédente, la zone d’attaque de AQMI vers Kidal. Nous avions décidé d’un commun accord de prendre un chauffeur pour cette traversée et ça nous laissait du temps pour élaborer un plan et discuter à l’arrière de la voiture tout-terrain. Nous aurions besoin d’une étape nocturne dans une ville sur le chemin.

Dans la voiture, je lançais donc la conversation avec mon beau-frère « Bon le plan c’est… de nous rendre sur le campement où ils étaient, de contacter les équipes avec qui ils bossaient ici, sur place, et … j’ai imprimé tout un dossier que j’ai dans mon sac sur les dernières attaques qui ont eu lieu les années passées, et faudrait définir aussi un périmètre de recherche…. est-ce que de ton côté tu as eu du nouveau avec des militaires ou autre chose qui pourrait nous être utile ? ». je tenais en main une carte sur laquelle j’indiquais en suivant les endroits avec mon index qui marquait le papier, la trajectoire qu’on pourrait suivre. « J’ai pensé à quelque chose aussi…. je pense qu’il faudrait avoir des contacts sinon ça nous coûterait une fortune mais, t’as toujours ton permis pour conduire un hélico non ? Survoler les zones définies, c’est possible à ton avis ou il faut avoir des autorisations spécifiques ? ». Je ne m’étais pas trop occupé de ce ‘côté là’ sachant que c’était plus quelque chose dont il avait l’habitude. Quoi qu’il en soit, je me montrais d’emblée très investi dans cette mission. C’était bien plus qu’une mission. Je recherchais la femme de ma vie, et lui, sa sœur. Son unique sœur. Nos motivations étaient donc convergentes.

Emi Burton


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Sujet: Re: La quête malienne [Giovanni] ( le Jeu 7 Déc - 18:55 )
Lucas avait préparé ce voyage en envisageant seulement sa présence. Il avait dû faire des ajustements pour y incorporer Giovanni. Ils se préparaient tous les deux à mener leur propre enquête, pour tenter de faire bouger les choses. Pour le moment, l’un comme l’autre avait l’impression que la disparition d’Amara n’avait guère d’importance pour personne. Tout le monde semblait décidé à ne rien révéler ni ne rien faire. Peut-être avaient-ils tords. Enfin l’ancien militaire avait pris quelques renseignements, et pour le moment, personne ne semblait réellement inquiet de la situation. Pour la majorité, sa sœur était tout simplement morte et ils attendaient simplement une vidéo ou une preuve de sa disparition. Cela ne lui convenait pas du tout… Mais alors vraiment pas. Il ne voulait pas envisager cette possibilité, n’en avait pas envie et souhaitait frapper toute personne qui le pensait. Le voyage lui parut long, d’autant qu’il devait faire une escale en Italie. Prendre Giovanni et interroger le rédacteur en chef. Un détour inutile pour ce dernier. A croire qu’il avait reçu ordre de ne rien dire ni rien révélé. Cette expédition était nécessaire. Amara occupait ses pensées à longueur de temps, parfois le désespoir s’emparait de lui mais généralement l’espoir reprenait rapidement ses droits. La nui dans la chambre d’hôtel avait été longue. Lucas avait regardé le plafond pendant toute la nuit, en regardant les heures tourner. Etait-ce la bonne chose à faire.

Les doutes de la nuit s’étaient envolés à son réveil, et à son entrée dans l’aéroport. Il retrouva Giovanni avant d’embarquer. Lucas n’était toujours pas sûr que l’emmener était la bonne chose à faire, mais il respectait son envie et son choix. A sa place, l’américain aurait probablement pris la même décision. Ne pas rentrer sans elle. C’était son objectif, mais aussi ce qu’il se disait pour se motiver et se convaincre. Giovanni semblait décider à suivre ce leitmotiv. Les valises furent enregistrées, et ils se dirigèrent vers la porte d’embarquement. Lucas interrogea une dernière fois son beau-frère avant de pénétrer dans le tunnel menant à l’avion. Un haussement d’épaule accueillit sa réponse et sa réaction. Ce voyage ne serait probablement pas sans danger. Ils allaient mener une enquête sur une organisation dangereuse, et autant dire que tuer un ou deux touristes de plus ne leur feraient pas peur. Ils ne pouvaient plus reculer maintenant, et ne le devaient pas. Le trajet en avion fut placé sous le signe du sommeil pour l’un comme l’autre. Etonnement, Lucas put se reposer enfin avant l’atterrissage. Les deux hommes sortirent de l’avion, et ils prirent un chauffeur pour rejoindre les lieux de l’attaque. Un voyage probablement inutile mais indispensable, histoire de se faire une idée de la situation et tenter de trouver des indices.

Dans la voiture, Lucas observait le paysage défilé dans un silence lourd et pesant. Ses pensées se dirigeaient vers les jours à venir. Giovanni prit la parole, et le blond l’observa en étant attentif aux faits et gestes du chauffeur. La confiance était un luxe qu’il ne souhaitait pas s’offrir. L’italien semblait avoir prévu certaines choses, et s’impliquaient véritablement dans ce périple. En entendant Giovanni parler, Lucas se rendit compte qu’il n’avait rien expliqué à son beau-frère. Il se contenta de répondre rapidement.


_ « Ne t’inquiète pas. Tout est prévu. Je t’expliquerais plus tard. »

Des paroles qui ne laissaient la place à aucune réponse ni question supplémentaire. Lucas reprit sa contemplation du paysage tout simplement. Son regard déviait parfois sur le chauffeur. A priori c’était une personne sûre d’après son contact à l’ambassade. Mais la prudence était de mise. De vieux réflexes de son apprentissage de militaire sûrement. Ils s’arrêtèrent dans un village à la nuit tombée, et s’installèrent chez l’habitant contre une petite compensation financière. Une fois seuls, Lucas prit Giovanni à part et lui parla sur un ton calme et posé. Ses mots étaient presque un murmure.

_ « La prudence s’impose, et moins de personnes sont au courant de nos fais et gestes. Moins on court de danger. Excuse-moi pour mon silence dans la voiture, mais cela me semblait plus prudent. Je préfère être paranoïaque que me faire avoir… On serait dans de beaux draps si on se faisait prendre à notre tour. » Il marqua une pause et donna l’impression d’écouter ce qu’il se passait à l’extérieur avant de continuer. « Pour le périmètre de recherche, j’ai eu des informations à ce sujet. Mais c’est difficile de déterminer quoi que ce soit avec précision. Etant donné qu’on ne peut pas trop se balader comme ça en posant des questions, mon ami à l’ambassade nous a trouvé une couverture… Logiquement ça ne devait être que moi, mais on va devoir s’adapter. A partir de maintenant, si on te pose la question, tu es mon co-pilote en formation. »

Le plan était simple sur le papier. Lucas se doutait bien qu’errer au Mali sans objectif ni couverture serait risqué. Ils attireraient l’attention. Trop à son goût. L’un de ses anciens compagnons d’arme avait un cousin dans la sécurité de l’ambassade au Mali. Il lui avait alors trouvé un moyen de pouvoir mener son enquête tout en se fondant dans la masse le plus possible. Cette fois, Lucas allait devoir expliquer les choses à Giovanni.

_ « On va jouer les nounous pour des journalistes. Un groupe de journaliste vient mener une enquête sur la situation au Mali. Ils ont demandé un pilote et un hélicoptère civil pour se déplacer, histoire de ne pas être confondu avec un groupe armé ou autre… Va savoir leur raison. » Il haussa les épaules et ajouta. « Je serais ce pilote, et tu seras mon co-pilote. Ils vont aller dans les régions qu’on doit explorer pour enquêter, filmer et prendre des photos. Il y aura probablement un ou deux militaires comme escorte au cas où… Bref on pourra faire ce qu’on a à faire en attirant un peu moins l’attention. »

Ce n’était pas parfait, et cela pouvait sembler digne d’un polar. Mais Lucas prévoyait ce voyage depuis plusieurs semaines, en compagnie d’ancien compagnon d’arme. Il avait pris des conseils par ami interposé, et surtout auprès de militaire encore en activité. Une personne aux Etats-Unis l’avait même aidé avec des informations supplémentaires… L’avantage d’avoir des contacts. Pour une fois, il se félicitait d’avoir choisi l’armée comme école pour piloter plutôt que d’écouter ses parents.

_ « Voilà le plan d’action pour les prochains jours. A partir de là, on avisera de ce qui a lieu de faire… Mais il ne faut surtout pas parler du reste ouvertement. »

Pour le moment, Lucas souhaitait commencer les recherches tout en sa familiarisant avec le pays. L’expérience militaire parlait en cet instant. Se lancer dans l’inconnu n’aiderait pas sa sœur, et le but était de l’aider… Pas de disparaître comme elle sans rien obtenir. Elle n’avait plus qu’eux pour penser à elle.


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Sujet: Re: La quête malienne [Giovanni] ( le Mer 13 Déc - 0:59 )

La quête malienne
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• Musique : Living Darfur

Après le repos bien mérité lors du trajet en plein air, on se retrouvait dans une espèce de grosse Jeep en direction de la ville de la zone qui avait subi les sévices de AQMI. Je tentais de discuter, bien que peu avec Lucas mais ce dernier me fit comprendre par ses regards, ses propos lacunaires et surtout ses silences qu’il n’était pas prêt à s’étendre sur le sujet de suite. Pas là, dans cette voiture. Il était sur la défensive, sur ses gardes. En même temps il ne s’agissait pas d’un jeu, ce que nous faisions impliquaient de sérieux enjeux y compris notre vie. « Okay » ponctuais-je avant de regarder le paysage aride défiler sous mes yeux. La voiture laissait échapper des vagues de poussières et nous en prenions aussi en croisant d’autres véhicules. Tantôt on traversait des villages ou petites villes bondées, tantôt nous roulions des kilomètres dans ce qui pourrait être qualifié de désert même s’il n’était pas composé de sable. Des zones sans rien, aucun signe de vie. De quoi donner un peu à réfléchir s’il nous arrivait quelque chose, au milieu de nulle part.

Le soir venu, la pause était nécessaire. Nous reprendrions le restant de route le lendemain matin. Les habitants du coin nous regardaient comme des bêtes curieuses, probablement en raison de notre provenance. Il fallait dire que nous contrastions énormément, ne serait-ce que physiquement parlant, avec la population locale. Deux gaillards, grands et costauds, un grand barbu brun et un grand barbu blond aux allures de militaires et ne parlant que Anglais. Je suivais en silence Lucas jusqu’à cette chambre que nous allions devoir partager chez l’habitant. La chambre était de taille moyenne avec une petite salle d’eau attenante, contenant le stricte minimum. Ça ferait tout à fait l’affaire. Nous n’étions pas là pour une thalassothérapie ou un SPA de toutes manières. On s’assit tous deux sur un lit devant lequel il traina la table de nuit pour y poser des documents sortis du sac. « Non c’est moi, je me suis un peu emballé sans vraiment réaliser que ça n’était pas judicieux d’en parler ouvertement… ». Lucas avait fait carrière dans le monde militaire et avait de la bouteille. Il savait donc ce qui était à faire ou à éviter et je comprenais très vite que la discrétion était de mise, quitte à ne pas se parler plusieurs heures d’affilée. « Du coup, comment on s’organise alors ? » demandais-je en regardant cette carte qu’il étalait sous nos yeux en y passant sa main par endroits afin d’indiquer notre parcours. En même temps il m’expliquait où il en était dans ses recherches et ce qu’on pouvait faire. Autour de Kidal, les forces AQMI s’était manifestées à plusieurs reprises et avec vivacité. En 2010, une opération militaire franc-mauritanienne avait d’ailleurs eu lieu contre AQMI. « C’est logique » rajoutais-je au milieu des propos de Lucas. « Moi en tant que Co-Pilote ? Hmmm ça pourrait marcher mais faudra que tu m’expliques un minimum de choses en aviation histoire d’être crédible » dis-je afin de jouer le jeu au maximum sans griller notre couverture. « Je pense que tu me montreras en temps voulu les choses mais, quelles sont les grosses bases que je devrais connaitre d’emblée ? Le B.A.B.A ? ». Nous n’avions pas tant que ça de temps pour nous préparer il fallait avouer. Cela commencerait dès le lendemain. « Donc si je comprends bien, on trimballera des journalistes et on puisera un peu les informations qu’ils ont pour que ça nous serve… et ils nous serviraient d’alibi pour rôder au dessus des zones à risque et aussi se poser, histoire d’enquêter sur place… ». Le plan me paraissait crédible, réaliste mais pas sans dangers. « Je ne sais pas si tu as vu mais récemment ils s’en sont pris à des touaregs  entre Goundam et Douekiré je crois, parce qu’ils étaient en faveur d’un processus de paix… ces mecs, ils ne déconnent pas ». Qui étais-je pour avertir mon beau-frère de ça ? Etait-ce une façon de lui faire savoir que je m’inquiétais un peu ? J’étais un homme et devait m’en comporter comme tel. Prendre mes responsabilités en mains; les choix étaient miens. il ne m’avait pas forcé à aller avec lui au Mali mais j’y étais allé de mon plein gré. Pas le moment de faire celui sans c*** . Je me faisais alors mentalement violence en me rendant compte qu’il avait été bien formé, et rien ne l’effrayait. De mon côté, avec les sports tels que la motocross, la boxe et la plongée, je n’y allais pas de main morte avec les sensations fortes. Je me sentais donc capable de faire tout ça. Tout ça pour retrouver Amara.

«  J’ai compris, c’est bon » fis-je en acquiesçant de la tête avant de me concentrer sur cette carte déroulée devant nous. « Et dans l’hypothèse où notre couverture est susceptible d’être grillée…. tu as un plan B en tête ou il va falloir improviser ? ». Je le laissais y aller de ses propositions et suggestions avant de revenir sur le plan d’attaque en me levant de ce lit et me dirigeant vers la fenêtre de la chambre histoire de voir ce qui se passait dehors. « J’espère tellement que nos efforts ne soient pas vains. Je suis persuadé qu’elle est quelque part. Quelque part encore en vie ou bien elle survit ».

Silencieux quelques secondes et perdu dans mes pensées, je me retournais vers Lucas pour ajouter « Et tu as eu des informations par hasard quant aux professionnels journalistiques avec qui elle aurait pu collaborer ici ? J’ai essayé d’en savoir plus avec l’équipe de Naples et son supérieur, ils n’ont pas voulu me filer la moindre info. J’ai juste eu par le biais d’une connaissance qui a volé un peu de doc un ou deux noms de locaux dans l’édition et le journalisme. Est-ce qu’on est toujours obligé de rester 24/24H ensemble histoire de ne pas paraitre suspect ou on aura le temps, quand on sera posé au sol de creuser un peu chacun de notre côté et de se retrouver en cours de journée, histoire de faire le point ? ». Je m’interrogeais également sur cette façon de procéder.

J’entendais alors des pas derrière la porte et je fis un signe de silence au frère de Amara en me dirigeant vers la porte de la chambre. Là j’ouvris et surpris un gamin de la maison d’hôte. Un garçon qui devait avoir 10 ans à peu près et qui me regardait l’air étonné car il était plutôt petit à côté de nous. Je le saluais alors l’air de rien et il partit en courant. A ce moment là, la femme de la maison nous proposait de manger quelque chose en me faisant la gestuelle pour que je comprenne. « T’as faim ? » interrogeais-je mon partenaire de voyage.

Emi Burton


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Sujet: Re: La quête malienne [Giovanni] ( le Jeu 14 Déc - 13:10 )
Compte tenu des circonstances et de la situation, Lucas préférait se montrer plus prudent et paranoïaque que nécessaire. Une prudence excessive pour le moment. Ils n’avaient aucune information concrète sur Amara, ni même sur les forces réelles et les implantations de AQMI. L’ancien militaire appliquait à la lettre ce qu’on lui avait appris, et ce que l’expérience du terrain lui avait enseigné. Cela faisait un moment qu’il n’avait plus eu à mettre en pratique ces connaissances, et il aurait préféré ne pas avoir à le faire. Le trajet en voiture se déroula dans un silence de mort, après la brève tentative de conversation de Giovanni. L’américain avait gardé le silence, et s’était perdu dans la contemplation du paysage par la vitre. Son esprit réfléchissait aux différentes informations en sa possession. Des pistes trop maigres. De simples rumeurs. Des données obtenues à droite et à gauche qui ne formaient pas un canevas précis et utilisable. Leur voyage risquait de durer un certain temps. Il en était convaincu à présent qu’il avait pu voir la situation à leur atterrissage, et le paysage défilé devant de ses yeux. Le manque de signe de vie était reposant pour sa vigilance, mais il était inquiétant aussi. Cela offrait de nombreux lieux pour se cacher et mener des opérations discrètes. Des bases d’opérations, et des lieux de replis sans que personne ne puisse reporter la moindre activité.

A la nuit tombée, leur périple s’interrompit chez l’habitant. L’avantage de ce type de pays est qu’un peu d’argent pour ouvrir de nombreuses portes et délier presque toutes les langues. A condition d’être prudent dans ses transactions. Une fois dans leur chambre pour la nuit, Lucas reprit la parole à voix basse afin de s’expliquer un peu plus en détail. Même si Giovanni devait avoir compris l’essentiel. Le pilote balaya les excuses de son beau-frère. Le plan était très simple, mais la zone de recherche extrêmement vaste. Il indiquait sur la carte les endroits à visiter. Ses informations étaient officielles que officieuses. Il pouvait remercier la notion de camaraderie et son aptitude à se lier d’amitié assez rapidement avec les autres. Les premières questions de Giovanni le firent sourire.


_ « Ne t’inquiète pas. Tout ira bien. » Il hocha la tête à la suite des paroles de son interlocuteur. « On aura un peu de temps sur l’hélicoptère avant de faire quoi que ce soit. Je te montrerais deux-trois trucs pour faire illusion. Après tu es en formation, tu peux aussi être un mauvais co-pilote très bavard. »

Afin d’étayer et d’expliquer sa dernière remarque, Lucas continua d’exposer le reste du plan. Ce n’était pas sans danger évidemment, mais c’était mieux que de se balader au hasard en posant trop de questions. Des hochements de tête confirmèrent les paroles de Giovanni. Il avait saisi l’idée principale. Un haussement d’épaule accueillit la dernière remarque sur leur dernière attaque. Il comprenait parfaitement l’idée derrière son avertissement ou cette information. Plutôt que de laisser le doute planer, ou donner l’occasion à son beau-frère de réagir à nouveau, il reprit rapidement la parole.

_ « Ecoute quoi que nous choisissons. Nous serons en danger. Ce ne sera pas une promenade de santé. La différence c’est qu’avec des journalistes, on a plus de chances d’être attaqué et fait prisonnier… Alors qu’en touriste posant des questions, on pourrait être tiré à vue sans autre sommation. Certes ils font beaucoup de mal, mais les forces alliées sont de plus en plus présentes justement. » Il ajouta en observant attentivement son interlocuteur. « Il est encore temps si tu changes d’avis. Tu seras aussi utile à harceler l’ambassade. Inutile d’en débattre. Je te demande juste une dernière fois »

Lucas clôtura la conversation par une simple phrase. Ce n’était pas un plan bien construit, puisqu’il ne pouvait prévoir la suite des évènements ni la quantité d’informations qu’ils seraient en mesure de récolter. Il fallait simplement survivre et être le plus libre possible de ses mouvements sans se mettre en danger. D’autant que poser des questions trop directes sur sa sœur risquait de mettre sa vie en danger. Le plan B. Selon lui, ils en étaient déjà au plan D depuis le temps qu’ils tentaient de mener des recherches efficaces et sérieuses. Devait-il se montrer optimiste ou honnête avec Giovanni. Cette question passa quelques secondes dans son esprit, avant d’être chassée rapidement. Ils étaient dans la même galère, et plutôt que d’avoir de mauvaises surprises, l’ancien militaire jugeait préférable de mettre au courant Giovanni.

_ « Pour les journalistes. Je compte sur leur curiosité, et sur l’appât de peut-être faire un bon article. » Il marqua une pause et soupira. « Pour l’autre cas. Tu sais tirer ?... Tu sais courir ?... Voilà le plan B. Ecoute honnêtement nous n’avons qu’un seul réel endroit de replis. L’ambassade »

Aucune réelle suggestion. Ils partaient pour faire au mieux avec les moyens du bord. Pas d’allié ni de back up militaire. L’ambassade était dans une situation précaire, et ils enquêtaient sans autorisation officielle. L’improvisation. C’était le maître mot de ce voyage. Lucas avait assuré le strict minimum. Une couverture pour les premiers jours afin de récolter les premières informations. Un peu de matériel pour les aider dans leur recherche. Pour la suite, ils allaient devoir s’adapter à l’avancement de la situation. Lucas l’observa attentivement. La question était de savoir si il pourrait compter sur lui et si il était fiable. Il aimait sa sœur et avait les mêmes envies que lui. C’était son beau-frère ou tout comme. Mais serait-il apte à affronter le danger. C’était une toute autre question. Et personne n’aurait la réponse avant le moment venu. Le blond ne releva pas ses paroles. Pourquoi venir ici si elle n’était plus vivante, et si il ne la ramenait pas. La question sur les éventuels contacts de sa sœur dans le pays ne reçut qu’un mouvement de tête négatif. Un haussement d’épaule et autre mouvement de tête négatif accompagna les questions suivantes. Ils n’étaient pas obligés de rester ensemble tout le temps. Maintenant creuser chacun de son côté comportait d’autres risques. Lucas n’eut pas le temps d’ajouter quoi que ce soit. Giovanni lui fit signe de se taire. On venait les chercher pour manger. Quelques minutes plus tard, ils étaient de retour dans la chambre et se préparaient pour se coucher. Lucas ferma la fenêtre et la porte, et s’assura qu’on ne puisse pas les voir. Il fit un signe en direction de Giovanni, et ouvrit un bagage qu’il avait récupéré à l’aéroport. Un cadeau du cousin de son ami. L’ancien militaire tendit un couteau et un pistolet à Giovanni.

_ « Pour ta sécurité. Ne t’en sépares jamais, et penses à retirer la sécurité. Ça ira avec ça ? »

Le lendemain, ils atteindraient le site de l’attaque. Personne ne pouvait prédire ce qui les attendrait, et puis si Giovanni voulait enquêter seul, il devait être en mesure de se défendre un peu au cas où… Même si il ne savait pas viser, le bruit ferait peur. Et puis à bout portant pas besoin d’être doué ou adroit.


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Sujet: Re: La quête malienne [Giovanni] ( le Mer 27 Déc - 23:02 )

La quête malienne
Lucas & Giovanni

• Musique : WAIT

Je n’avais jamais été plongé dans une mission du genre, bien que en Italie la pratique des mafieux se voulait discrète et lorsqu’on en connaissait ou qu’on était lié à eux de plus ou moins loin, il valait mieux jouer sur la discrétion et toute information échappée par mégarde engendrerait une sérieuse réprimande. Des conséquences qui pouvaient aller au delà de ce qu’on imagine lorsqu’on fout en l’air un business, un réseau, un traffic voire une planque ou que des noms sont balancés. De ce côté je savais me taire, garder les secrets, garder pour moi ce que je voyais et n’utiliser les infos que partiellement et ce, de façon intelligente. Lucas n’avait pas de souci à se faire pour moi de ce côté là. Ce pour quoi j’étais une charge en revanche, c’était l’absence de pratique totale sur le terrain, la manipulation de grosses armes et éviter des groupes armés également. Etre dans un cadre inconnu que mon territoire italien était bien autre chose et il fallait s’adapter, vite. Les paysages avaient fini par défiler alors que nous étions des plus silencieux dans ce quatre-roues. Jusqu’au soir où nous eûmes suffisamment d’intimité pour parler de notre plan, du projet. A vrai dire, il n’avançait que progressivement car nous ne pouvions pas projeter ce que nous apprendrions ou verrions. « Okay, je pense que je peux faire ça » le rassurais-je quand il me parla de faire semblant d’être son co-pilote et ce, de façon crédible. Puis ça me rassurait aussi. Je le connaissais comme un mec assez sérieux dans son boulot et pro. Aucune raison que ça ne fonctionne pas. « Je vois. Je verrais comment sont les journalistes à l’arrière »  fis-je en me disant qu’éventuellement je pourrais discuter plus ou moins vaguement du terrain sur lequel nous nous engagerions. Autre avantage pour l’américain, j’avais une carrure de militaire, j’étais solide, endurant et le sport, j’en faisais à outrance. Au niveau physique j’étais prêt à tout affrontement ou riposte. Je l’écoutais avec attention, il savait de quoi il parlait et mieux valait que j’écoute ses propos jusqu’au bout. « Non. Je ne repars pas, je ne vais pas à l’Ambassade, je t’accompagne jusqu’au bout. On la cherche, on la trouve et on la ramène vivante » je disais cela avec une conviction déconcertante, ce n’était pas un choix, ce n’était pas une suggestion mais la réalité. Ce qui se passerait. Du moins je l’imaginais durement ainsi.  

« J’ai tenu une un calibre 9 mm . J’ai jamais eu à m’en servir. Mais je présume qu’on va devoir tenir d’autre genre d’arme à feu non ? ». Autrement dit, tirer je ne savais pas (encore) mais j’apprenais vite. Courir bien sûr. Je confirmais point par point mes capacités. « J’sais pas pourquoi mais je me suis toujours dit que ça craignait… de se rabattre à l’ambassade, ça me rappelle trop Téhéran en 80 ». J’avais vu les informations à l’époque. La prise d’otage à l’ambassade en Iran où des diplomates américains avaient été pris pour cible. « Mais bon si y’a pas le choix on fera comme on peut » répétais-je me pliant au hasard.

Nous n’allions pas tarder à dormir, on se posait nos dernières questions, en restant concis et précis. Je l’observais alors sortir de son sac des armes. « Il me faudra un tir d’essai, mais je crois pouvoir gérer. Ça va fais-moi confiance » dis-je en le regardant droit dans les yeux. J’étais déterminé. Déterminé à retrouver la femme que j’aimais, celle qui occupait 98% de mon cœur et hantait mes pensées jours et nuits depuis la disparition. Nous avions ce but en commun, lui sauver sa sœur qui lui était chère, et moi la femme avec qui je me voyais passer le restant de mes jours. Le lendemain se déroula sans encombre, on ne traina pas dans cette maison d’hôte et cela pris quelques heures pour nous rendre à destination. Heureusement on échappa de justesse au contrôle du véhicule par des policiers et on passait un barrage mis en place suite à des heurts civils. Ce pays vivait quotidiennement une violence que je ne soupçonnais pas et le peuple  de civils était au milieu de tout ça. « Qu’est-ce qui a fait que t’as quitté l’armée ? »  demandais-je en pensant à ces hommes de gloire, ces hommes qui défendent et protègent leur nation coute que coute au cœur du danger. Les paysages continuaient de défiler devant mes yeux alors que j’étais encore assis à l’arrière du véhicule à côté de Lucas. Puis on arrivait enfin sur les lieux où la voiture se gara. Un campement dit ‘la base’ où les journalistes étaient pour l’instant regroupés, hébergés et les forces de l’ordre assuraient leur sécurités. Des avions et hélicos étaient à proximité et je laissais Lucas se diriger vers l’un des seuls contacts qu’il connaissait. Bien sûr il se faisait passer pour le mec en mission, pilote d’hélicoptère et il me présentait comme prévu, en tant que co-pilote ‘en formation’. « D’ailleurs c’est possible de voir les engins un peu ? Histoire de vérifier deux-trois choses ? » demandais-je. On lui demanda bien sûr une carte d’identité comme à moi, qu’on avait faussement changé afin que ça colle avec mon ‘faux permis’ et c’est ainsi que j’adoptais mon nouveau nom : Syverson. Lucas me montrait alors une fois que l’on était plus que tous les deux le tableau de bord vite fait et rapidement on vint nous chercher pour nous présenter une équipe de journaliste dont trois voleraient avec nous le lendemain.

J’observais alors de haut en bas cette femme châtain et ces deux gars. Ils étaient Américains pour deux d’entre eux (un des gars et la nana) et pour l’autre, c’était un Canadien. Ils montraient tour à tour leur carte de presse avant de nous serrer la main. Ce soir, on devrait faire un peu connaissance avec eux et diner au campement. Une fois qu’on fut de nouveau seuls, je demandais à mon partenaire de voyage « Tu les sens comment toi ? On pourra tirer quelque chose d’eux ? ».  Nos affaires avaient été mises dans des chambres d’appoint ou plutôt des lits de dortoirs. Heureusement que nos sacs étaient fermés avec des cadenas par précaution et que nos armes restaient dans nos sacs avec nous. « Je pense que je peux travailler un peu le Canadien. La nana je suis pas encore sûr ». J’espérais qu’au cours du repas, ils dévoilent un peu leurs plans et surtout ce qu’ils savaient sur la zone en conflit.

La nana, Sharon, posait d’ailleurs rapidement une question à Lucas « Donc vous en êtes pas à votre premier vol dans cette région d’après ce qu’on m’a dit. C’est exact ? Vous pouvez descendre jusqu’à quelle altitude ? Aussi, j’aimerais savoir de combien de temps on dispose sur sol, et si l’on est accompagné par des militaires pour assurer notre protection ». Je ne voulais pas trop dire de connerie et laissais Lucas répondre à ces questions avant que l’on en pose à notre tour afin de sonder ce qu’ils savaient ou non. La nana me tapait déjà sur le système et lorsque mon regard croisa celui de Lucas, je me rendais compte qu’on pensait la même chose tous les deux.

Emi Burton


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Sujet: Re: La quête malienne [Giovanni] ( le Jeu 28 Déc - 11:28 )
Un plan d’action extrêmement simple, et surtout offrant la souplesse nécessaire à cette quête. Ils ne pouvaient tout prévoir compte tenu qu’il était impossible de prévoir les informations qu’ils obtiendraient durant leur recherche. De ces dernières dépendaient les suite des évènements. Lucas avait pour objectif principal de retrouver sa sœur, et éventuellement de la sauver de sa prison en toute sécurité si c’était possible. Il n’avait jamais pensé utiliser son expérience et ses contacts militaires dans ce contexte. A croire que le destin avait vraiment un plan en le poussant à aller contre l’avis de sa famille en s’engageant pour devenir pilote. Giovanni semblait beaucoup moins à l’aise mais tout aussi déterminé que lui. Il aurait besoin de cet état d’esprit et d’un peu plus de discrétion. En tout cas, l’américain se dit que ce n’était pas plus mal d’avoir un compagnon dans cette aventure et de ne pas se retrouver tout seul. Son beau-frère lui servirait de garde-fou dans le pire des cas. Le rôle du co-pilote ne serait guère difficile à jouer, d’autant qu’il était encore en formation. Cela pouvait signifier de très nombreuses choses. Il lui apprendrait simplement quelques bases et le ferait pousser quelques boutons pour donner l’illusion. Quelques termes aussi en cas de questions des journalistes. Le plan B n’existait pas. Le pays ne permettait pas ce genre de privilège, et ils n’avaient aucun soutien direct non plus. Lucas se leva et mit une pichenette dans le front de Giovanni.

_ « Ne joue pas au héros. Si ça se corse et que je te le dis, tu t’enfuis sans te retourner… et sans culpabilité. Cela ne servirait à rien que nous mourrions tous les deux, ou que nous nous retrouvions fait prisonnier tous les deux. » Il sourit légèrement et ajouta. « Et je suis celui qui a le plus de chance de s’en sortir vivant. »

Inutile de prolonger cette conversation. Ils prendraient des décisions le moment venu, mais Giovanni devrait simplement se plier à cette exigence. Son ton était amusé mais sérieux et ne laissait place à aucune discussion. Tout seul, Lucas aurait plus de chance de se cacher et de s’en sortir vivant. L’armée lui avait appris de nombreuses choses devenues automatique. Il était certes un peu rouillé mais n’avait pas encore tout oublié de ce qu’il pouvait constater. Et puis un ancien militaire attirerait plus l’attention qu’un civil italien venu en vacances dans le pays. Le diner fut servi mettant fin à cette partie de la discussion. Le blond les enferma dans la pièce où ils se trouvaient avant de sortir des armes d’un bagage, qu’il n’avait pas à leur départ. Un dernier cadeau de son contact. Lucas interrogea Giovanni sur ses compétences dans ce domaine. L’italien demanda un tir d’essai avant de confirmer quoi que ce soit. Un hochement de tête accueillit sa réponse. Ils trouveraient bien un moyen ou un moment pour le faire, mais bon dans le pire des cas, ils allaient devoir compter sur la chance pour qu’il soit en mesure de viser juste. La nuit fut courte. Lucas ne dormit que d’un œil, et profita du reste du voyage pour terminer sa nuit. Il ne s’éveilla même pas devant le barrage. Inutile de s’inquiéter outre mesure. Ce qui l’éveilla ce fut la question de Giovanni pendant la route. Il dégagea son visage de sa casquette, et s’étira légèrement avant de répondre.

_ « L’expérience qu’elle apporte en tant que pilote. C’est la meilleure école et la moins chère aussi… Désolé de te décevoir, mais je n’ai jamais eu de grandes ambitions héroïques ou des élans patriotiques de ce genre. »

Ils arrivèrent enfin sur les lieux où la voiture se gara. Lucas sortit et prit les bagages affichant un large sourire. Comme si il venait simplement pour travailler. De ses bagages, l’américain sortit deux badges. Un pour lui et un pour Giovanni. Que cela soit suffisamment officiel. Simplement, la démarche souple, le blond s’approcha du militaire en faction et expliqua la situation. L’homme les accueillit chaleureusement et les invita à entrer en indiquant l’emplacement où se faire connaître. Lucas était habitué à ce genre de chose. Son emploi l’amenait souvent dans ce type de condition, à la différence qu’on ne risquait pas de lui tirer dessus ou de le torturer si on l’attrapait. Un homme les observa quand ils pénétrèrent dans une tente.

_ « Lucas Sheffield. Pilote. Et voici mon co-pilote encore en formation. Syverson. »

L’homme leur serra la main et regarda les papiers donnés par Lucas. Il hocha la tête et leur désigna leur lieu de vie pour les jours à venir, ainsi que quelques recommandations d’usage. Ils avaient dû changer le nom de Giovanni pour des raisons pratiques, mais Lucas avait choisi de conserver le sien. Son passé de militaire n’était pas un secret, et il était même plutôt un avantage dans cette situation. Le blond sourit à la question de Giovanni et hocha la tête pour confirmer sa demande. Ils arrivèrent dans l’appareil et ils prirent place à l’intérieur.

_ « Attention quand même. Il reste des militaires, et fonctionne à la hiérarchie malheureusement… pour les plus hauts gradés en tout cas. Bon sinon cours accéléré mon cher. »

Lucas lui présenta les commandes principales, et lui demanda de retenir certains noms et termes techniques en cas de question. Il lui recommanda de dire aux autres pilotes qu’il venait pour l’argent, et n’avait pas véritablement l’intention de devenir pilote. La plupart comprendrait. Les paies étaient à la hauteur du danger évidemment. Les minutes passèrent rapidement. Le blond aurait aimé avoir plus de temps, mais il pourrait toujours fournir d’autres explications pendant le vol. Cela ne choquerait personne. On vint les chercher pour leur présenter l’équipe de journaliste. Une femme et deux hommes. Les présentations furent expédiées rapidement, et il fut convenu de se retrouver le soir même pour discuter ensemble et faire connaissance. Lucas haussa les épaules une fois en compagnie de Giovanni.

_ « Aucune idée. Je ne suis pas expert en journaliste… » Il sourit simplement et reprit. « N’attaque pas le premier jour avec eux. Laisse faire le temps. Les gens sont souvent enclins à discuter dans ce genre de situation pour évacuer le stress. »

Ils s’installèrent et Lucas fit connaissance avec les autres pilotes. C’était plus simple de discuter avec eux pour lui. Des informations lui furent données, et il put même se plaindre de son co-pilote pas très compétent, toujours dans l’optique de planter le décor. La plupart était d’anciens militaires ou des hommes effectuant un travail similaire aux siens. Au repas, la journaliste interrogea Lucas. Il fit mine de réfléchir pendant quelques secondes avant de répondre.

_ « Alors c’est la première fois que je viens dans ce pays, mais j’ai déjà piloté dans des zones de conflits. J’ai été militaire puis pilote pour des compagnies pétrolières. Rassurez-vous je suis très adroit dans mon domaine. » Il lui sourit et continua. « A priori de ce que j’ai compris, nous n’avons pas le droit de nous poser dans certaines zones définies à l’avance. Ou en cas d’émeutes ou de problèmes avérés. Après si vous y tenez, la radio n’est pas toujours fiable. » Il lui fit un clin d’œil. « Compte tenu de la place dans ses appareils, Nous aurons une à deux sentinelles selon les effectifs disponibles. »

Elle semblait principalement nerveuse et inquiète d’être dans cette zone. Elle risquait d’être compliquée et un peu chiante à l’avenir. Lucas lança un regard à Giovanni, puis il croisa celui de l’autre américain à la table. Ce dernier lui sourit et haussa les épaules comme pour s’excuser à l’avance. Il reprit alors rapidement.

_ « Rassurez-vous madame. » Un choix délibéré pour le madame. « Vous êtes avec des personnes compétentes. Suivez simplement les instructions de notre escorte et tout devrait bien se passer »

Lucas préférait ne pas faire de promesses qu’il ne pourrait pas tenir, même si son objectif premier était de retrouver sa sœur, il n’avait pas non plus l’intention de les mettre en danger. La réaction de la journaliste fut comme il l’avait espéré. Un peu piqué dans son égo et vexée d’être appelée madame. C’était l’occasion pour Giovanni de venir à sa défense, et de l’enfoncer un peu. Qu’ils ne soient pas tous les deux la cible de sa vindicte. Le blond agissait comme il le faisait à l’armée. Le genre d’attitude peu appréciée des journalistes. Le repas se termina rapidement, et Lucas partit le premier vers la chambre pour se reposer. Une tape sur l’épaule de Giovanni avant de partir. Le lendemain matin, Lucas les attendait tous à côté de l’appareil. Il était le premier prêt et présent, ayant eu le temps de se défouler un peu au réveil.

_ « Bon alors où allons-nous aujourd’hui ? Vous ne semblez pas avoir donné de plan de vol… » Il sortit une carte du siège du co-pilote et la tendit à la journaliste. « J’ai récupéré ça pour vous ce matin. Les endroits interdits sont indiqués par une croix… Pour le reste c’est bon pour le moment. »

Lucas se tourna vers le soldat qui les accompagnait, et lui fit un hochement de tête. Ses plaques militaires étaient bien en évidence, ce qui sembla rassurer l’homme. Un nouvel échange de regard entre eux. Il pourrait discuter avec lui un peu plus tard, lors d’une pause ou d’un atterrissage.


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Sujet: Re: La quête malienne [Giovanni] ( le Dim 31 Déc - 3:21 )

La quête malienne
Lucas & Giovanni

• Musique : Where's my love ?

J’apprenais beaucoup sur le terrain aux côtés de Lucas. Il faisait preuve d’un professionnalisme incroyable et d’une crédibilité qui ne remettrait rien en doute. En même temps, il avait réellement fait partie des forces armées fut un temps et détenait son permis de pilote. Il pilotait des hélicoptères à longueur de temps. Cet homme était assez habile, intelligent et réfléchis. Je me disais qu’il était le partenaire idéal dans cette quête. Celui le plus à même de m’aider à retrouver Amara. Enfin on s’aidait bien l’un l’autre. Même si c’était parfois tendu entre nous car on était deux têtes fortes avec deux caractères prononcés aussi,on parvenait à s’entendre car nous partagions un objectif commun et un amour commun lui aussi envers la même femme.

« C’est ce que j’ai cru comprendre, au grand damn de votre père » (à lui et Amara). Je savais que leur père qui avait été commandant dans la marine aspirait à ce que son fils se lance dans l’armée et défende la Nation. Les aspirations de Lucas étaient bien différentes. Plus jeune déjà ce n’était pas un de ses objectifs désirés mais il s’était lancé un peu forcé dans ce milieu dur et stricte. « Chacun fait ce qu’il veut, je ne te juge pas » repris-je.

Arrivés sur la base d’où l’on s’envolerait avec les journalistes, je pus visiter un peu l’appareil dans lequel on passerait de nombreuses heures. C’était la première fois que j’approchais un hélicoptères d’aussi près et prenais connaissance de son fonctionnement ainsi que de sa maniabilité. Je remerciais discrètement Lucas et restait toutefois assez neutre afin que l’on ne remarque pas que j’étais complètement novice. Je serais d’ailleurs volontiers la main d’autres pilotes avec qui Lucas discutait et il respectait le nom que ma carte de pilote en formation portait : Syverson.

Ceux dont je me méfiais le plus n’étaient peut-être pas les bons; Les journalistes devaient normalement être une aide dans notre recherche mais il fallait aussi se méfier d’eux. J’avais cet avantage en ce sens que je connaissais un peu le milieu par le biais de Amara. Il m’était arrivé de l’accompagner à certains événements organisés à Naples et d’en rencontrer. Certains ont eu une facilité déconcertante à me révéler certaines pratiques. « Oui je vois, il faut les laisser venir…et quand ils se sentent en confiance, sous-tirer discrètement des informations, s’intéresser à ce qu’ils font et savoir où ils en sont ». Je pensais pouvoir à peu près gérer avec ça.

Sans tarder on se regroupa tous, notamment avec les personnes que l’on transporterait et avec qui on ferait ‘équipe’ lors de cette mission. Un militaire qui assurerait la protection des professionnels serait lui aussi avec nous à bord. J’écoutais Lucas échanger avec les autres en donnant des informations utiles sur son profil, suffisamment pour rassurer mais sans trop la ramener non plus. Si l’on donnait des informations inutiles à notre égard, on éveillerait des interrogations, des curiosités aussi et ça entrainerait des doutes. La femme cessa avec ses questions une fois qu’elle entendit de la bouche du pilote ce qu’elle voulait entendre.

Le repas terminé, on s’apprêtait à attaquer notre premier vol. Enfin pour moi. Installé dans l’appareil, je mettais le casque comme on m’avait enseigné et les rudiments étaient vite entrés. Heureusement nous pouvions communiquer avec les micros rattachés et varier la fréquence de sorte à discuter uniquement avec tel ou tel passager. Mon casque me permettait ainsi de communiquer directement avec Lucas. La journaliste pourtant téméraire lors du déjeuner préféra laisser ses semblables prendre la parole et ils indiquèrent des zones qui les intéressaient, celles où il y avait récemment des preuves de la présence d’AQMI ces derniers mois et surtout, il voulaient recueillir des images exclusives comme quelques témoignages éventuellement. « Est-ce qu’une étape pourrait se faire juste ici ? On pourrait se poser sans risque ? » interrogeais un des journalistes en montrant sur la carte un endroit autre que celui d’une croix mais pas très éloignée. Je ne répondais pas pour ne pas dire de conneries et laissait Lucas faire. Je réalisais à cet instant que les journalistes étaient si accrochés à leur profession qu’ils ne mesuraient pas forcément les risques.

Après s’être mis d’accord on parvint à faire décoller l’appareil. Lucas employa des termes qui ne m’étaient pas tous inconnus comme il m’avait expliqué deux-trois choses et je suivais ce qu’il me disait. On prit de l’altitude relativement rapidement et ce que je m’occupais de faire était de repérer tout endroit isolé qui permettait de cacher un abri quelconque, des campements, n’importe quoi qui puisse aider dans notre quête. On survolait alors une trentaine de minutes plus tard la zone où AQMI avait pris ses au moment où Amara avait disparu. Je restais silencieux car ça ravivait des souvenirs douloureux tout comme les sensations. A un moment donné, on eu des consignes par la radio comme quoi il fallait qu’on arrête de survoler une zone en particulier et qu’on pose l’appareil dès que possible. Des échanges de tirs avaient lieu. « On va devoir rester à terre combien de temps avec cet imprévu ? » demandais-je à Lucas. C’était pas plus mal, je voulais explorer moi-même les lieux et alentours.

Une fois posés au sol, je laissais les journalistes s’éloigner, tels des rapaces ils couraient à la chasse aux renseignements et aux vidéos. Je me retrouvais donc seul à quelques mètres de l’hélicoptère, avec Lucas. « Remontre-moi le plan du coin … » lui demandais-je en regardant un peu ce qu’il en était. Je reconnaissais où on avait été (en survolant) et je lui faisais savoir que je souhaitais explorer tel endroit et tel endroit. « Je peux y aller en solo ou faut que l’on reste tous les deux ? » je le regardais alors et on se mit d’accord pour se retrouver à l’endroit où on s’était posé dans 2h. Pas plus. Je m’élognais donc avec les armes qu’il m’avait donné en essayant de rester discret. Je restais joignable au cas où cela paraisse étrange que je parte seul de mon côté ou si l’on devait partir plus tôt. Nous avions un téléphone intraçable pour communiquer entre nous. Au bout d’une heure je l’appelais afin de faire le point sur la situation et les éventuelles nouveautés « Alors comment ça avance de ton côté ? »

Emi Burton


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