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- When in Positano.... -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples
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Sujet: When in Positano.... ( le Sam 4 Nov - 22:13 )

When in Positano
Amara & Giovanni

• Musique : About Today

Le jour J était arrivé, pour Pietro et Ava, un couple aux nationalités différentes qui décidait de sceller leur union en ce Samedi 4 Novembre, à Positano. J’étais ravi pour mon ami Pietro qui avait fait la demande il y avait presque un an de cela et organiser ces festivités avait pris énormément de temps aussi. Les deux étaient relativement fortunés, et avaient des connaissances ce qui leur permettait de fêter leur mariage en grandes pompes dans un cadre magnifique sur la côte Amalfitaine. Je leur avais parlé, un peu à la dernière minute, du déplacement de Astrid au Cameroun qui décidait de le prolonger et de Amara qui était là, avec qui je souhaitait par conséquent me rendre à leur mariage. Ce changement ne leur avait posé aucun problème, il suffisait juste de modifier un prénom sur la liste et les places pour le diner. Quant à Pietro, il connaissait un peu Amara également. Le seul changement qu’il n’était pas possible de faire était celui de la chambre comme toutes étaient réservées, un pavillon attenant à la villa disposait de diverses chambres mais on devrait y être ensemble. Je me doutais bien que ça allait être comme ça mais ça me convenait ou du moins, ne me dérangeait pas. J’espérais que ça soit le cas pour Amara mais c’était un détail non essentiel. Je ne me souvenais même plus, à l’heure actuelle, si je lui en avais parlé ou non.

En ce Samedi, le temps était clément, de notre côté nous offrant ainsi de puissants rayons de soleils venus réchauffer notre peau lors de la route. D’ailleurs, c’était l’occasion de visiter en même temps ‘le pays’ comme on dit et de prendre quelques photos si jamais le goût d’immortaliser des moments, d’en voler revenait à Amara ou même à moi. Car finalement, vivre auprès d’elle tout ce temps avait eu pour effet de me contaminer avec son virus de la photographie. J’y avais pris goût alors que avant, ça n’était pas ‘mon truc’. J’avais beaucoup à apprendre dans le domaine mais je m’en sortais pas trop mal. J’étais donc venu la chercher comme convenu à 8h tapantes, je mettais ses béquilles à l’arrière, suspendait sa tenue rangée dans une housse à l’arrière de la voiture également, à côté de mon costard et nos deux valises tenaient dans le coffre. Un petit sac de vivres était posé sur le sol à l’arrière dans un sac car nous avions prévus de faire un arrêt ‘pic-nique’ en chemin, à hauteur de Torcha si nous arrivons dans la tranche horaire prévue. Pour la route, je m’étais vêtis confortablement avec un pantalon gris et un sweat noir qu’elle m’avait d’ailleurs offert il y avait de cela quelques années. Il m’allait encore. Nous avions embarqué dans la voiture, je m’assurais qu’elle soit confortablement installée, après avoir salué ses parents, nous brulions le bitume en direction de Pompei. « Que l’aventure commence… » dis-je au moment de démarrer.

Après quelques minutes de route, je lui demandais tout en la taquinant « Je sais qu’à l’hôpital on fait tout pour toi, ou presque, mais j’espère que ça ne t’a pas rendue fainéante ou incapable de lire une carte…. ». Puis je lui expliquais que je ne pouvais pas charger mon téléphone dans la voiture et voulait garder de la batterie. Cette voiture qu’un ami m’avait prêté n’avait pas de GPS car je m’étais laissé convaincre par le look qu’elle dégageait plus que la modernité. Alors j’envisageais de faire ce trajet « à l’ancienne ». Je sortais de ma portière une carte routière que j’avais posée le matin même en partant de chez moi pour la tendre à Amara « Ce serait bien d'avoir une bonne co-pilote si on veut arriver à temps. Tu n’as pas perdu la main ? ». A l’époque, nous avions l’habitude d’utiliser les cartes routières et nous formions une équipe qui rarement se trompait de direction. Qui plus est, la brunette avait généralement un bon sens de l’observation et d’orientation.

La discussion avait démarré rapidement, détendue. Je laissais de côté tous les « tracas » pour me concentrer sur l’instant présent, le partage, et puis cette journée se devait être positive du début à la fin. « Tu n’es jamais allée à Positano, si ? ». On en avait probablement parlé dans le passé sans jamais avoir eu le temps de nous y rendre, privilégiant d’autres destinations. J’avais du y aller une ou deux fois mais je n’en n’avais pas un souvenir marquant bien que je savais que cet endroit était magnifique. Toute la côte l’était d’ailleurs.

Pendant près de 40 minutes je ne lui avais pas posé de question que ça soit sur ce qui se passait à l’hôpital, la rééducation. Visiblement ça allait mieux si elle n’avait plus besoin de fauteuil depuis deux jours et que des béquilles l’aidaient. Elle avait progressé, puis je remarquais un teint un peu meilleur. Elle avait également presque repris un poids normal. De nature elle avait une silhouette svelte mais à son arrivée en Septembre, ses joues étaient bien plus creuses et elle avait la peau sur les os. Depuis les un an du bar, elle avait encore un peu changé, avec une meilleure mine. Tout ça, je l’observais en silence, m’absentant de l’interroger sur les soins également et tout ce qui se rapportait à l’hospitalisation. C’était comme un deal implicite. Arrivés aux alentours de Vico Equense, quelques beaux paysages nous poussèrent à nous arrêter sur la route puis on reprenait le chemin pour s’arrêter de nouveau en arrivant à Montechiaro. On se permit même de sortir pendant une vingtaine de minutes pour se balader. Doucement.

On était de nouveau sur la route et je réalisais à la vue de panneaux que on devrait prendre des plus petites routes pour traverser les terres jusqu’à Torca. « Est-ce que tu peux regarder si on prend la SS145 ou la SS269 ? ». Des petites routes. C’était le cas. Tellement qu’elle ne savait pas et on arrivait dans moins de 10 minutes à une bifurcation. « Tu ne vois pas ? ». Chaque seconde je regardais en même temps vers elle essayant de trouver le chemin tout en regardant la route. « Attends je dois avoir une carte plus détaillée, derrière…. ». Je regardais en direction du siège arrière sur lequel était posé un guide. Dans ce guide était coincée une carte plus petite mais détaillée.  Je tendais alors mon bras pour l’attendre mais elle était trop loin, je devais me pencher un peu vers l’arrière. « Tiens le volant… ». Elle était surprise et comme nous roulions et qu’il n’y avait aucun endroit pour s’arrêter je lui demandais de nouveau de le faire. « Si si tiens le je suis sérieux, j’attrape l’autre carte, deux secondes ». Même si elle ne le voulait pas ou ne me croyait pas, je faisais toujours ces choses parfois irréfléchies et me penchais vers l’arrière ne lui laissant pas le choix. Concentré sur le fait d’attraper la carte, ça me pris quelques secondes supplémentaires car la ceinture me bloquait. Puis on nous klaxonna.  « Eh nous envoie-pas dans le fossé ! » dis-je à la fois en m’exclamant mais en riant. Je lui faisais confiance les yeux fermés et je savais que à partir du moment où elle avait la main sur le volant, elle ferait en sorte de continuer la bonne trajectoire. « Tiens ». Elle avait à présent la nouvelle carte en main et je la pressais pour qu’elle trouve la réponse à la question.
A la toute dernière minute elle sut m’indiquer le chemin à prendre et on riait de ce manque d’inefficacité et cette petite prise de risque. Comme des ados insouciants et surtout inconscients.

Amalfi drive était cette route à l’intérieur nous menant vers la côte. Il y avait un nombre incalculable de zigzag en épingle et je me récompensais de ne pas avoir pris un petit déjeuner trop copieux. Ceci dit, une fois que nous en avions terminés je lui posais des questions sur les lieux qu’elle aimerait voir car elle avait aussi le guide en main. Dès qu’elle parla de Torca, j’y avais pensé plus tôt mais ce n’était pas sur l’itinéraire. Je jetais un œil à ma montre et réalisais qu’on avait encore un peu de temps et qu’on pouvait se permettre de bifurquer un peu. En arrivant près de Colli di Fontene qui était une vieille ville sans charme particulier, elle su en remarquer ce qui était « beau ». Puis en voyant des ânes dans un pré en bord de route, cela me rappela un souvenir passé. Visiblement c’était réciproque car elle pensa à la même chose. Sans qu’elle me demande, je m’arrêtais à la dernière minute pour qu’on aille les voir et qu’elle prenne quelques photos. Je retournais avant elle près de la voiture et lui criait de loin d’un ton humoristique « Bon quand vous aurez fini de parler, entre têtes de mules… on y va ? Un pic-nique nous attend je te rappelle…. ». Je n’eus pas longtemps à attendre avant de me prendre une réplique de ‘madame j’ai de la répartie’ en pleine face. Je retrouvais son caractère vivace et ça faisait du bien.

Une fois de nouveau dans la voiture, on s’égarait vers Torca pour rejoindre le bout du bout du bout de la route. Jusqu’à ce qu’on ne puisse plus avancer en quatre roues. « Je crois qu’il y a un point de vue un peu plus bas. Il faut qu’on y aille à pieds et on devrait trouver un endroit pour se poser et manger un bout, ça te va ? ». Après confirmation, je sortis le sac qui contenait de quoi manger et lui proposait ses béquilles bien que ça ne serait peut-être pas facile si l’on descendait en bord d’eau. A défaut je lui proposais d’être une aide à la place. Chose qu’elle accepta. Je m’assurais toutefois que le chemin ne soit pas trop long ni difficile. Et en 10 minutes nous étions à l’emplacement idéal pour enfin manger un bout. « Bon ça valait le coup, de faire un détour non ? ». La quiétude dominait les lieux et le soleil reflétait dans l’eau faisant de la surface une mer parfois dorée-argentée. Je lui tendais le sandwich maison ainsi qu’une bouteille d’eau et je me servais à mon tour.

« Je sais ça aurait pu être une salade ou quelque chose de plus raffiné mais…. je ne voulais pas trop te perturber avec un changement radical par rapport à tes derniers repas tu vois…. vaut mieux une transition délicate, subtile…. ». Je me moquais encore des plats délicieux du cadre hospitalier. Après il était vrai que nous mangerions bien le soir venu ainsi que le lendemain midi donc mieux valait y aller molle. « Ceci dit en compensation je t’offre la mer…. le cadre importe plus que le contenu du repas même, non ? ». J’essayais de la faire sourire et apparemment ça marchait. « Tu crois que à partir de ce weekend tu pourras sortir comme ça plus souvent ? ».  Je me disais que ça faisait du bien au moral et par conséquent, que ça avait un impact direct sur la santé.

Emi Burton


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Sujet: Re: When in Positano.... ( le Mer 8 Nov - 17:44 )

 
WHEN IN POSITANO
  ft. GIOVANNI & AMARA

 

  «  love love love »
 
En voiture vers Positano, je pris la carte routière que me tendit Giovanni avec un sourire aux lèvres. J'étais néanmoins surprise qu'il utilise encore ce moyen pour trouver son chemin, surtout avec les technologies actuelles. Je me rappelais parfaitement de nos virées en voiture quelques années auparavant où je le guidais avec ces cartes indéchiffrables au premier abord. Je n'étais pas peu fière d'être devenue une experte en la matière et d'avoir déniché des endroits particulièrement beaux et que j'avais pris un réel plaisir à photographier. Je n'avais plus lu une carte depuis longtemps mais je me sentais suffisamment en forme et motivée pour relever le défi. Je la dépliai donc, me familiarisant doucement avec les différentes lignes dessinées et les codes couleur. "Je devrais pouvoir m'en sortir. Bon si on finit dans les Alpes, ce sera que je me suis trompée de sens..." dis-je en plaisantant à mon tour. Je repérais assez rapidement la ville que nous nous apprêtions à quitter puis visualisai notre destination pour analyser le trajet. En soi la route n'était pas si longue mais nous voulions prendre notre temps, flâner et nous arrêter quand nous voulions pour profiter du paysage qu'offrait la région très luxuriante. J'avais d'ailleurs poser un sac à mes pieds qui contenait mon appareil photo et ses accessoires pour ne rien louper de notre voyage et pouvoir saisir un instant volé dès que je le voulais.
Déjà Naples se trouvait derrière nous et contrairement à ce que j'avais craint, l'ambiance dans la voiture était détendue. C'était la première fois que je me retrouvais seule avec Giovanni depuis mon retour du Mali et j'avais eu une certaine appréhension à l'idée de passer tout un week-end en sa compagnie. J'avais peur que mes sentiments pour lui m'empêchent de profiter de ma liberté retrouvée et que je ne profite pas comme il se devait de ces deux jours. Pour le moment, je ne ressentais pas de douleur, bien au contraire. Je me sentais comme apaisée en sa présence, chez moi. C'était contradictoire étant donné que nous n'étions plus officiellement ensemble. Mes sentiments étaient encore là d'ailleurs, je m'efforçais néanmoins de les lui cacher pour qu'il ne se sente pas mal à l'aise avec moi. Comme je le lui avais dit plus tôt dans la semaine, j'avais été surprise qu'il m'invite à l'accompagner à ce mariage. Je savais qu'Astrid était absente et je ne voulais pas qu'il se sente forcé de me proposer de la remplacer. Je le connaissais suffisamment pour savoir qu'il ne l'avait pas fait par égoïsme, il était sincère en m'invitant et ça m'avait touchée. Puis Astrid était rentrée plus tôt que prévu et au lieu de décommander pour y aller avec elle, il avait tenu parole et était toujours partant pour s'y rendre avec moi. Encore une fois, j'avais été surprise. J'aurais parfaitement compris qu'il annule vu les circonstances, mais il pouvait être têtu quand il s'y mettait et c'en était la preuve. Je ne regrettais rien. Même si j'allais avoir des moments de doute, de peine et de solitude, je voulais passer ce temps avec lui. J'imaginais que ce serait l'occasion d'avoir de vraies discussions et de pouvoir en profiter pour se dire tout ce que nous n'avions pas eu l'occasion de s'avouer depuis trois ans.
"Non, jamais. J'en ai entendu beaucoup de bien, j'ai vu de magnifiques photos de la ville et de sa baie alors j'espère pouvoir faire quelques clichés magiques pour les faire développer en tableaux." Il me raconta quelques anecdotes sur les lieux qu'il avait visité dans le pays et il me donnait envie de tous les voir à mon tour. C'était encore prématuré pour penser à ça vu mon état mais je voulais me donner des objectifs pour rester motivée et savoir pourquoi je faisais autant d'efforts. Les routes que nous empruntions étaient sinueuses et j'adorais partir à l'aventure comme ça, sans vraiment savoir sur quoi nous allions tomber en cours de route. C'était excitant et grisant à la fois. Des émotions que je n'avais plus ressenti depuis longtemps. A un croisement, je ne pus me repérer sur la carte et Gian dut en chercher une autre sur le siège passager. Au lieu de me demander de la récupérer, il me dit de prendre le volant pour qu'il puisse l'attraper. Je levais les yeux au ciel face à son imprudence. J'avais replié la carte la plus vaste pour n'utiliser que celle qui était la plus précise. Au lieu de la ranger dans la portière pour m'en débarrasser, je la levais pour lui donner un coup sur la tête avec. C'était trop léger pour lui faire mal mais je tenais à lui faire comprendre qu'il avait agi impulsivement. "Tu sais, je ne suis pas handicapée des mains, j'aurais pu la chercher cette carte !" Je lui indiquai finalement le chemin à suivre à la dernière minute et j'étais persuadée que cet instant serait gravé dans nos mémoires, rangé parmi toutes les anecdotes que notre couple avait vécu.
Un énième paysage fantastique nous fit nous arrêter pour faire une pause photo. Le temps défilait ainsi toute la matinée et je me sentais bien, dans mon élément et heureuse. Une certaine plénitude m'avait gagné alors que je prenais d’innombrables clichés de ce que je voyais. Il n'y avait plus que moi et l'objectif. Tout me semblait beau, pur et incroyable. J'avais l'impression de revivre, redécouvrir la terre sur laquelle je vivais. Je comprenais à présent ce que les gens qui passaient à côté de la mort ressentaient, c'était une impression fantastique et tellement intense qu'il m'était impossible de la décrire clairement. Alors je laissais mon appareil photo l'exprimer pour moi à travers mes yeux. Je fus interrompue dans mes pensées par une taquinerie de Giovanni. Je me tournais vers lui, délaissant les animaux près desquels je me tenais. "Tu peux penser avec ta tête plutôt qu'avec ton estomac pour une fois ? Certaines choses ne changent pas.." Je roulais des yeux en le rejoignant et souris en entendant son estomac se manifester. "Allons nourrir la bête." Je lui donnais un coup d'épaule avant de me remettre dans la voiture toujours un sourire idiot aux lèvres. L'endroit où nous avions prévu de déjeuner était juste exceptionnel. Après avoir pris quelques minutes à pieds pour descendre vers la mer, je m'arrêtais un instant pour admirer le paysage, le souffle coupé par la beauté de ce que je voyais. J’acquiesçais à la remarque de Gian. Effectivement ça valait réellement le coup. Nous nous installâmes et je pris le sandwich qu'il me tendit, réalisant que j'avais moi aussi une faim de loup après toutes ces péripéties. Je fis semblant de le fusiller du regard lorsqu'il plaisanta sur la qualité du repas. "Oh c'est trop aimable de ta part !" J'étais bien heureuse d'échapper aux menus hospitaliers l'espace de deux journées. J'avais beau avoir des réserves de nourriture dans ma chambre histoire de compenser les plats pas toujours très raffinés de l'hôpital, rien ne valait un vrai repas et des produits frais. J'étais d'ailleurs impatiente d'être à ce soir pour me régaler à la fête du mariage. "C'est vrai, le cadre est splendide. Aucune nourriture ne pourrait rivaliser avec ça.." Je me perdis dans mes pensées une nouvelle fois, laissant les vagues me bercer. La voix de Giovanni me ramena à la réalité et je mangeai une bouchée de mon sandwich avant de lui répondre. "Normalement oui. A voir comment je me sens en rentrant demain. Avec un peu de chance je partirais définitivement très bientôt." Et je pourrais enfin tirer un trait définitif sur ces mois de calvaire. Je finis mon sandwich en silence, encore une fois en train de réfléchir. Il y avait certaines choses que j'aimerais aborder avec lui maintenant que nous nous retrouvions seuls. Je ne savais juste pas comment commencer. "J'ai... euh.. j'ai un peu retrouvé la mémoire. Je me souviens de certaines choses. Certains visages. Et.. euh.. de cette nuit là.." J'étais suivie par un psychiatre spécialisé dans les syndrome de choc post traumatique. Il m'avait aidé à exprimer les choses que je refoulais et grâce à l'hypnose, j'avais pu revivre certains événements. Dont la dernière nuit de ma captivité, celle où j'avais faillé mourir brûlée. Ce n'était pas un sujet joyeux, loin de là. Mais je me dis que si j'abordais mes souvenirs maintenant, dans un lieu où je me sentais bien et apaisée, j'allais pouvoir me confier plus facilement et une fois que nous repartirions, j'espérais ne plus jamais devoir en reparler avec lui. "Je me souviens d'avoir été attachée à un poteau dans une tente de fortune. J'étais tellement faible que je ne tenais plus sur mes jambes. J'étais déjà à moitié évanouie quand le feu a été allumé. Mais j'avais une image en tête en perdant connaissance. Un visage en fait." Je jouais nerveusement avec mes doigts puis levai les yeux vers Giovanni. "Le tien. Je t’appelais. Je criais ton nom aussi fort que je pouvais. Je savais que tu ne pouvais pas m'entendre bien sûr.. mais ça m'aidait à tenir. Je me réfugiais dans nos souvenirs ensemble à chaque fois que je le pouvais. Pour ne pas ressentir la douleur ni la peur. Je ne pensais qu'à toi. A nous. Avec le recul, je pense que c'est ce qui m'a sauvé." Je relâchais un profond soupir, je ne m'étais pas rendue compte que j'avais retenu mon souffle mais dire tout ça à haute voix était plus pénible que prévu. Et en même temps c'était libérateur. "Tu m'as sauvé la vie Gian." J'avais conscience que mes mots allaient le bouleverser et que rien ne serait comme avant après cette conversation. Mais j'avais besoin qu'il sache tout et qu'il comprenne que c'était mon amour pour lui qui m'avait fait tenir ces trois années de torture. J'aurais pu lâcher prise, abandonner et me laisser mourir plus d'une fois. Mais je ne l'avais pas fait. Pour lui. Pour lui revenir un jour.

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« these wounds won't seem to heal »
this pain is just too real, there's just too much that time cannot erase. When you cried, I'd wipe away all of your tears. When you'd scream, I'd fight away all of your fears and I held your hand through all of these years. But you still have all of me. I've tried so hard to tell myself that you're gone but though you're still with me, I've been alone all along ©️ .bizzle
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Sujet: Re: When in Positano.... ( le Dim 12 Nov - 2:27 )

When in Positano
Amara & Giovanni

• Musique : In my head

Amara n’avait pas perdu quelque chose qu’elle avait depuis plusieurs années : le sens de l’humour et une bonne répartie. En souvenir de l’ancienne méthode pour s’orienter, j’aimais utiliser de véritables cartes papier. Je trouvais que de nos jours, on comptait beaucoup trop sur les nouvelles technologies pour tout et l’humain devenait un peu fainéant. C’était bien plus intéressant et ludique d’utiliser une carte et ça faisait aussi travailler les méninges. J’avais prévenu la journaliste de ce souhait de partir relativement tôt pour prendre notre temps en route, voire faire un petit détour pour profiter des paysages. Je la savais cloitrée entre les murs de l’hôpital depuis bien (trop) longtemps et lui donner cette bouffée d’air frais me paraissait complètement normal. Par la même occasion, elle pourrait retrouver ce goût de prendre des clichés. Je le devinais en voyant ce petit sac à ses pieds dans lequel apparaissait l’appareil photo de la professionnelle. Du vrai matos comme on dirait.

La discussion se faisait naturellement, comme les échanges de rire, et les taquineries. Jamais je n’avais ressenti une quelconque appréhension dans ce petit périple vers Positano et ça ne me semblait pas non plus bizarre de quelle que façon que ça soit, d’aller à ce mariage en compagnie de la jolie brune. De temps en temps, en conduisant, je regardais ses doigts habiles manipuler l’objet lui permettant d’immortaliser ce qu’elle voyait. Elle le maniait avec dextérité car effectuait des sortes de pré-réglages en tournant l’objectif ou changeant divers modes. Je n’y connaissais pas grand chose, à la photographie bien qu’elle avait éveillé en moi cet intérêt. Je ne savais que prendre les photos de manière très simple sans préparer quoi que ce soit, capturant les instants comme je les voyais. Je n’étais qu’un amateur. Amoureux de la photo certes, mais amateur quand même.

La petite mésaventure avec la carte cachée à l’arrière nous fit rire après un coup de peur malgré tout. « Tu n’allais pas non plus te contorsionner pour l’attraper, il suffisait juste de tendre le bras pour moi » justifiais-je mon imprudence. Mais je lui faisais tellement confiance qu’aucun doute ne s’était immiscé quand je lui disais de tenir quelques secondes le volant. Le parcours se poursuivit avec un peu de musique agrémenté de discussions par moment ainsi que de pauses. Evidemment pour prendre de bons clichés, on ne pouvait pas constamment être en mouvement. D’ailleurs on s’arrêta pour la Nième fois auprès d’ânes. « Eh ne te moques pas, tu savais que le ventre était notre deuxième cerveau ? Ce sont des recherches scientifiques qui l’ont prouvé par A+B ». Bon d’accord et en même temps j’avais toujours été un peu un estomac sur pattes aussi. Bon mangeur et gourmand. « Allons-y alors, la Belle » répondis-je à sa remarque sur ‘la bête’ comme ce fameux Disney connu. De nouveau dans la voiture, je partais sur la discussion du ventre et du lien avec le cerveau, les neurones. Comme par exemple le fait que le ventre avait un impact sur nos comportements, qu’il participait à la gestion de nos émotions. Et que par exemple aussi, la maladie de Parkinson qui entrainait une dégénération de neurones cérébraux attaquait aussi les neurones du ventre et qu’on pouvait dès lors, diagnostiquer cette maladie par une biopsie intestinale avant qu’elle ne s’en prenne au cerveau. Fou peut-être mais c’était une étude réalisée par une université de New York et au Canada ainsi qu’en France. « Si tu ne me crois pas tu n’auras qu’à lire les articles, c’est vrai… puis pourquoi on dit alors un esprit sain dans un corps sain ? Ce n’est pas lié peut-être ?! ». D’accord je m’emballais dans des discours pseudo philosophiques mais on débattait au moins.

On arrivait au bout de plusieurs minutes de route où je voulais l’emmener. En bord de mer où on pouvait se poser pour pic-niquer tranquillement. On parlait alors du fait qu’elle pourrait enfin sortir, si sa rééducation progressait encore comme elle avait commencée. Amara récupérerait un semblant de vie normale. Bien que psychologiquement il y avait encore probablement du travail à faire. « Définitivement…. ». Je m’interrogeais sur point. Partir de l’hôpital ? De Naples ? De l’Italie ? Mon cœur battait vite à cet instant car une partie de moi ne voulait pas la voir s’éloigner. Peut-être était-ce égoïste mais quoi que ce soit que nous avions là, c’était toujours mieux que de ne pas se voir. J’avais cru la perdre, ne plus jamais la revoir, l’avoir près de moi, et le fait qu’elle soit là aujourd’hui me faisait détester l’idée de ne plus la voir de nouveau. Elle ne releva pas car elle était visiblement dans ses pensées et voulait me dire quelque chose, de probablement plus important.

Je croquais dans le Sandwich tout en la regardant et mâchant discrètement. Ma mâchoire s’arrêta de faire son travail lorsqu’elle me parla plus en détail de souvenirs qui lui revenaient en tête. Je finissais plus rapidement la bouchée pour l’avaler et me concentrer sur ce qu’elle disait. Quoi qu’elle dise, en parler et extériorisé tout souvenir était bon pour sa guérison. Bon comme mauvais. Il fallait qu’elle se sente en confiance pour le faire, et suffisamment bien pour en parler aussi. Je pensais qu’elle parlerait de visages aux traits particuliers, les hommes qui étaient responsables de ses maux ou alors celui qui l’avait sauvée in extremis. Un indice, une preuve, n’importe quoi qui me rapprocherait de la vérité pour l’aider à se reconstruire. L’entendre m’en parler non pas sans difficulté ni émotion dans sa voix me serra le cœur une nouvelle fois. Les mots qui sortaient de sa propre bouche, cette expérience douloureuse qu’elle avait subie. Rien que l’idée qu’un feu avait été lancée et qu’elle était attachée incapable de se sauver était une torture psychologique. Je n’imaginais même pas à quel point cela était atroce à vivre. Je ne voulais pas l’imaginer et pourtant je ne pouvais empêcher mon cerveau de me projeter des images en tête. Des images que je ne voulais pas voir non plus. Je ne disais rien, accroché à ce qu’elle disait et mes yeux bleus s’humidifièrent en raison des mots qui sortaient de sa bouche.

Qu’est-ce que j’aurais voulu pouvoir physiquement faire quelque chose, la retrouver, la sauver moi-même mais j’étais trop loin pour être suffisamment efficace. Et quand bien même je m’étais démené auprès des forces armées, auprès des journalistes, des personnes avec qui elle travaillait, il m’avait été impossible de regagner le Mali pour avancer les recherches. Une femme portée pour morte, vous imaginez quel ‘idiot’ j’avais l’air, aux yeux de tous, de croire encore à son existence. Mais je le ressentais. Quelque chose au fond de mes tripes, de mon âme. Quelque chose d’inexplicable me faisait croire avec une certitude qu’elle était encore en vie, quelque part. Tout était contre moi.  Et tout ce temps, lorsqu’elle l’avait pu, elle pensait à nous. J’avais encore plus l’impression de la trahir quelque part. En me disant que…. à un moment donné, bien qu’elle endurait l’insupportable, la torture, je m’étais abandonné à une autre femme. La culpabilité me rongeait et m’oppressait bien que je n’avais rien fait de mal. Je ne l’avais jamais oubliée, mais j’avais malgré tout fini par tourner la page et m’autoriser à être heureux, avec une autre personne.

Je m’en voulais aujourd’hui, alors que nous étions là-tous les deux réunis à cet instant très précis car elle me faisait part de quelque chose de tellement fort, et symbolique… quelque chose auquel elle n’avait jamais cessé de croire, pour survivre, et voir ce que nous étions devenus. Voir que la réalité avait changé, que notre vie n’était plus la même. Une larme manquait de s’évader et je l’arrêtais à temps d’un geste bref, en quittant son regard émeraude un court instant. J’étais profondément bouleversé et touché par ses paroles, en me flagellant mentalement pour ne pas y avoir cru jusqu’au bout. Comme elle l’avait fait.
« Et maintenant…. ? Qu’est-ce qui va te sauver ?….. ». Question réthorique. Je la lui posais avec douceur sans cacher une inquiétude.  Réalisant toutefois la stupidité de ces mots, je me dis à voix basse « F*** I’m such an idiot…. » tout en plongeant mon regard vers l’océan. A quoi s’accrocherait-elle maintenant ? Je ne voulais pas qu’elle abandonne. Je ne voulais pas qu’elle souffre non plus. Est-ce qu’il était impossible de vivre les jours, les heures ou les minutes comme elles s’offraient à nous ? Je me doutais qu’il fallait pouvoir projeter, avoir un objectif, pour tenir le coup. Je craignais que Amara n’en n’ait plus… bien que sa présence me faisait un bien intérieur que je ne montrais qu’avec retenue parfois, et que son absence me poussait à penser à elle aussi. Je me sentais un peu perdu, sur plusieurs plans. La seule chose dont j’étais certain était le bien-être, la joie, l’apaisement d’être là, avec elle. « Je veux t’aider, Amara, à te libérer de tout ça. Ces murs, ces affres, jusqu’au bout ». Je la remerciais à demi-mot de m’avoir révélé cela et je lui disais que, je ne l’abandonnerai pas. En la regardant droit dans les yeux cette fois-ci , marquant ma sincérité. « Merci Amy…. d’être là ». Là aujourd’hui, là à mes côtés, là malgré les circonstances, j’exprimais maladroitement une reconnaissance mais je le pensais.

Sans m’en rendre compte, j’alimentais un espoir qui n’existait plus. Qui était enfoui et je ne réalisais pas encore que, mon cœur battait encore pour elle. Il appartenait à mon présent tout comme au passé.  Je souris alors et on finit en silence le déjeuner avant que je ne propose de continuer la route si on ne voulait pas vraiment arriver en retard à la cérémonie. Elle pourrait finir de manger en chemin au pire, étant donné que je conduisais. La conversation repris sur un ton plus joyeux avec un « … quand je mangerais le dessert tu tiendras le volant, comme d’hab’ ». Ça allait nous rester, cette petite anecdote. Mais c’était ce genre de petites choses qui montraient qu’on était encore sur cette même longueur d’onde, cet amusement inconscient. Je lui tendais la main pour l’aider à se relever, et m’occupais ensuite des affaires pour regagner la voiture. Avant que l’on ne redémarre, je lui demandais son appareil pour prendre une photo d’elle, sur le petit muret près duquel on était garé. L’éclairage était beau comme le paysage. Elle se prêta au jeu bien que réticente au début et j’enchainais 5 clichés avant d’abandonner le poste de photographe pour redevenir conducteur. On redémarrait sans trop trainer et puis j’interrogeais Amara sur ses souvenirs quant à Pietro. « Tu te souviens bien de Pietro au fait ? Parce que si c’est le cas, alors il n’a pas changé d’un iota…. par contre sa future femme, Ava, il m’a dit qu’elle travaillait pour une grande maison d’édition, elle a des origines allemandes et françaises il me semble mais elle a grandit dans un pays nordique je crois…. je ne l’ai vu qu’une fois ou deux très vite fait pour être honnête. Mais de ce que je me souvenais elle avait l’air sympa…. ». Je réfléchissais moi-même aux informations que j’avais sur Ava avant de sortir au bout de quelques secondes « Bertelsmann ». En lançant un regard à Amara je précisais « Je crois que ça s’appelait comme ça, la maison d’édition. Enfin maintenant en Italie c’est pour Einaudi qu’elle bosse ». Puis je réfléchissais alors au type d’invités qu’il y aurait, à ce mariage car Pietro était un mec plutôt simple, terre-à-terre, pas forcément guindé tandis que Ava m’avait parut plus ‘chic’, plus attentive aux détails, au design, à la mode. « Tu penses qu’il sera comment le mariage ? ». Je la regardais de nouveau tout en jonglant du regard entre elle et la route. « … je veux dire, les invités, le décor…. t’imagines un peu ou tu ne t’attends à rien ? ». J’aimais bien me prêter au jeu de libérer l’imagination, définir comment on projetait les choses puis être surpris (ou non) en arrivant.

La belle brunette était en train de manger une pomme qu’elle avait gardé et sachant qu’elle devait me répondre, je la lui piquais des mains pour en croquer un morceau à mon tour. Je pensais également au fait que le mariage n’avait jamais été vraiment une priorité dans notre propre relation. On n’y avait pas pensé en ce sens que l’on s’était projeté à l’étape suivante : fonder une famille. « Oh et si on se retrouve avec des chiants, il faudrait qu’on se trouve un code, histoire qu’on se sauve l’un l’autre tu vois….? ». Je l’interrompais mais l’âme d’enfant parlait aussi pour moi. Elle avait l’habitude, de ça.

Emi Burton




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Sujet: Re: When in Positano.... ( le Mer 15 Nov - 18:27 )

 
WHEN IN POSITANO
  ft. GIOVANNI & AMARA

 

  «  love love love »
 
Ce road trip avec Giovanni dépassait toutes mes espérances. J'avais des appréhensions de me retrouver seule avec lui, à cause de notre passé et de tout ce que nous ne nous étions pas dit. Je remarquais que notre complicité était toujours là, bien que nous étions plus contrôlés qu'avant dans nos paroles. Je me laissais aller, guidée par sa bonne humeur et le trajet passa à la vitesse de la lumière, ponctué par des blagues, des anecdotes du passé ainsi que des taquineries que nous étions les seuls à comprendre. Je n'oublierais jamais ce week-end et je me rendis compte que ce n'était pas le mariage le plus important dans cette escapade mais bien ces heures que je passais avec Giovanni en tête à tête.
Au moment du déjeuner, nous nous arrêtâmes au bord de mer pour pic-niquer et là encore, nous ne pouvions nous empêcher de nous taquiner. Sans le vouloir, je fis référence à un conte et Gian s'en rendit compte puisqu'il en rajouta une couche. Je m'arrêtais un instant pour le regarder et souris. "C'est mon dessin animé préféré, tu sais ?" Il se mit à me faire un discours sur l'importance de bien manger pour être en bonne santé en me racontant tout ce qu'il avait appris sur le sujet. Je n'avais pas souvenir qu'il était aussi pointilleux sur l'alimentation quand nous étions ensemble. Mais vu comme il entretenait son corps, je supposais que ça allait de paire. "Oh mais je te crois monsieur le docteur !" ironisai-je en riant. Il n'y avait qu'avec lui que je pouvais passer du coq à l'âne en un clin d'oeil tout en y prenant du plaisir. Les premiers temps ça m'avait dérouté sa capacité à changer de sujet aussi vite, maintenant je trouvais ça naturel.

Une fois confortablement installée pour le déjeuner, je pris mon courage à deux mains pour lui parler de ce que ma mémoire m'avait appris sur ma captivité au Mali. Je ne savais pas si c'était le meilleur moment pour ça, mais je n'étais pas sûre d'avoir une autre possibilité d'être seule avec lui avant un moment. Je ne voulais pas être mélodramatique ni même le faire culpabiliser ou revenir sur une période difficile pour nous deux mais j'estimais qu'il méritait mon honnêteté et je savais qu'il tenait à connaître mes progrès sur mes trous de mémoire. Alors je lui dis tout ce que j'avais sur le coeur concernant cette dernière nuit auprès des terroristes. Il m'écouta religieusement et malgré son silence, je sentais la tension qui contractait tout son corps. Je déglutis à sa question, ne sachant pas trop ce qu'il attendait de moi à ce moment là. Il m'avait permis de tenir durant ces trois années et même si notre relation n'était plus la même et que plus jamais je pourrais l'appeler "chéri" je continuais à utiliser nos souvenirs ensemble, nos moments heureux pour me donner du courage d'avancer et de me battre. Ce fut à mon tour de détourner le regard lorsqu'il me dit vouloir m'aider à surmonter tout ça. Je le savais déjà mais l'entendre être aussi déterminé malgré tous ces mois qui s'étaient écoulés me bouleversait plus que je ne le pensais. "Je sais Gian." fut tout ce que je réussis à dire. Je ne voulais pas lui faire des promesses que je ne pouvais pas tenir. Pour l'instant j'arrivais à supporter qu'il ait refait sa vie puisque j'étais moi même occupée à recommencer la mienne. Sauf que le jour où je sortirais de l'hôpital et que je serais pleinement confrontée à la réalité, je n'étais pas certaine de le prendre aussi bien. Il me remercia d'être là et je croisais à nouveau son regard. Je lui souris tendrement puis repris la dégustation de mon sandwich en silence. Le reste du déjeuner se déroula calmement et je mangeais tout en observant le paysage sublime qui nous entourait. Au moment de reprendre la route, il me fit comprendre qu'il prendrait son dessert sur la route et que j'aurais droit au volant à ce moment là. Je lui fis un clin d'oeil pour accepter le défi et avant de monter en voiture, il tint à prendre quelques photos souvenir. Je me prêtai au jeu puis le prix à son tour en photo malgré son grognement.

Je me concentrais sur le reste du trajet qui nous restait à effectuer pour atteindre notre destination, dessinant la route sur la carte à l'aide de mon doigts. Giovanni rompit le silence en me parlant des futurs mariés. Je l'écoutais tout en le guidant sur la route. Je ne connaissais que vaguement Pietro, par contre je ne connaissais pas du tout Ava et c'était assez étrange d'assister à leur mariage dans ces circonstances. "J'ai des souvenirs vagues mais je suis contente de le revoir et de rencontrer sa femme par la même occasion. D'ailleurs tu as prévu un cadeau ? J'ai fait une enveloppe avec de l'argent, comme je ne les connais pas assez pour savoir ce qu'ils aiment ou non... tu as fait quoi toi ?" Je hochais la tête au fur et à mesure qu'il me donnait des informations sur le couple. Je cherchais dans ma tête si j'avais déjà acheté un livre des maisons d'éditions pour lesquelles Ava avait travaillé mais de tête je n'avais rien qui me venait. Sa question suivante concernait le mariage en soi et je me désintéressée un instant de la carte sur mes genoux pour réfléchir. "Vu le lieu, j'imagine quelque chose d'assez grandiose. Je ne sais pas combien d'invités seront présents mais je vois quelque chose de chic et assez romantique." En tout cas c'était ce que je ferais si j'avais la possibilité de me marier dans un paysage pareil. "Et toi ? Tu vois ça comment ?" Il me piqua la pomme que j'étais en train de manger et je lui fis une moue boudeuse lorsqu'il croqua un morceau. Je la repris de ses mains pour qu'il finisse sa bouche et me réponde à son tour. Je pouffais à sa remarque, n'ayant pas du tout penser à ça. "Ah oui comme quoi ?" J'étais curieuse de connaître ses propositions. Ça promettait de me faire encore rire, rien qu'à l'idée de nous imaginer nous sauver d'une discussion barbante, le sourire me monta aux lèvres. Je finis la pomme puis ouvrit la porte pour jeter le trognon par la fenêtre. Je savais que ça allait pourrir et comme nous étions en pleine nature, je n'avais pas de remords à ajouter de l'engrais naturel au sol. Je tournais la tête et vis qu'il faisait à son tour une moue. "Quoi ? Tu voulais un autre morceau c'est ça ?" demandai-je en riant. Je sortis une autre pomme du sac près de moi et la lui tendis. Je le laissais mordre dedans puis je la pris pour faire de même. "Voilà. Comme ça on est quitte." Je le taquinais encore puis repris la carte en main pour voir où nous en étions. "On devrait arriver bientôt je pense. Tu as choisi un costume de quelle couleur ?" Ma tenue allait être tout sauf passe partout. J'avais chois un rose fuchsia très voyant et j’espérais ne pas détonner dans l'ambiance générale du mariage.


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this pain is just too real, there's just too much that time cannot erase. When you cried, I'd wipe away all of your tears. When you'd scream, I'd fight away all of your fears and I held your hand through all of these years. But you still have all of me. I've tried so hard to tell myself that you're gone but though you're still with me, I've been alone all along ©️ .bizzle
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Sujet: Re: When in Positano.... ( le Ven 17 Nov - 15:11 )

When in Positano
Amara & Giovanni

• Musique : In a black out

Pendant cette pause déjeuner, le temps s’était complètement arrêté, j’avais l’impression d’être déconnecté d’absolument tout. Même la mer était silencieuse, respectueuse de notre moment à nous. On mangeait tranquillement, dans une quiétude plutôt agréable et légère. Amara me fit part de ce qu’elle avait sur le cœur, ce qui l’avait aidé à tenir toutes ces années et surmonter ces souffrances infligées contre son gré. Ça n’aurait pas été moi, si je n’avais pas été touché par ce qu’elle me révélait. Inconsciemment je culpabilisais de ne pas avoir été ‘jusqu’au bout des choses’ à l’instant où elle m’en parlait et j’eus une pensée pour Isaiah et cette fois-ci ou il m’avait foutu sur la gueule lorsque j’avais daigné évoquer la mort probable de Amara, après presque deux années de recherche et d’espoir sans fin. Qu’est-ce qu’il m’en avait voulu pour ça d’une part et d'autre part, quand il avait appris que j’avais entamé une relation avec une autre femme. Ce type là soutenait la journaliste coûte que coûte. Et elle avait cru en moi, en nous, tout ce temps et sans relâche. Je n’osais même pas la regarder de suite droit dans les yeux par crainte de me voir comme un traitre à travers son regard. Peut-être qu’elle ne voyait pas les choses de la même façon, peut-être qu’elle avait aujourd’hui décidé de prendre les choses comme elles venaient. De prendre ce qu’on lui donnait et s’y accrocher. Je la trouvais d’autant plus courageuse de faire tout ce chemin vers la guérison. Le moins que je puisse faire était de lui affirmer une nouvelle fois mon soutien, lui proposer une aide à tout moment et ce n’était pas encore un sujet facile. Les mots ne sortaient pas toujours facilement ou comme on le souhaitait, il y avait un contrôle et une retenue dans les propos même si elle était plus ou moins consciente.

Je proposais ensuite de prendre la route de nouveau pour ne pas trainer davantage et arriver en retard, ce que nous fîmes. Un ton agréable repris le dessus dans la conversation et l’aisance du début du trajet retrouva aussi sa place, naturellement. La complicité que nous avions toujours eu tous les deux était encore bien présente et se renforçait de nouveau au fur et à mesure que nous passions du temps tous les deux. On discutait alors du mariage à venir, imaginant ce à quoi on pourrait assister l’après-midi et le soir venus. « Oh cazzo ! Sono stupido ! » m’exclamais-je en réalisant que je n’avais absolument pas pensé au cadeau. Je regardais Amara avec une surprise non dissimulée. « Mi è passato di mente » avouais-je en disant ainsi que j’avais complètement omis ce détail. Peut-être qui’l y aurait un endroit pour déposer une enveloppe afin de contribuer à leur lune de miel. J’en savais rien. Mais c’est vrai qu’un cadeau n’était pas de refus et beaucoup plus personnel qu’une somme d’argent quand on les connaissait. Certes je n’avais pas vraiment vu ou connu Ava mais Pietro était un pote. « Qu’est-ce qu’on fait ? » demandais-je en regardant rapidement ma montre. « Non c’è tempo » disais-je en me disant qu’il serait juste de devoir s’arrêter quelque part avant. Quoi que. En se dépêchant « Quelle ville moyenne on aurait sur notre chemin ou qui nous ferait pas trop dériver du trajet ? ». J’hésitais à me dire qu’il fallait trouver un truc de dernière minute. En plus je ne savais pas quoi. Super. Evidemment on arrivait sur Amalfi drive sous peu et il n’y avait plus rien jusqu’à Positano. « Bon si on a le temps là-bas on s’arrête juste avant à Positano même… sinon tant pis je déposerai une enveloppe » dis-je par résignation.

J’accélérais le rythme en poussant un peu sur la pédale et on continuait le chemin vers les festivités. « Je crois que, d’après ce que j’ai compris elle a pas mal de moyens et voyait les choses en grand. Donc à mon avis ça ne va laisser personne indifférent et… vu l’endroit ça sera pas mal je pense aussi ». J’étais d’accord avec Amara sur ce point. Je croquais alors dans la pomme avant de proposer qu’on trouve un code si jamais on se retrouvait à discuter avec des personnes chiantes. Que ça soit lors du cocktail, ou à table… « Hmmm je ne sais pas… un geste ou un mot de ‘safe word’ ? Les deux ? ». Cela était relativement enfantin de ma part mais en même temps ça faisait aussi partie de ma personnalité. J’étais un ‘tout’ avec mes qualités et mes défauts. « Apple ? » Simple et idiot certes mais le fait d’en manger m'avait bêtement mené à suggérer ce terme. Puis c’était moins difficile que de placer chauve-souris dans une discussion en plein milieu d’un mariage. Quoi que Amara était une femme de défi et en même temps ça m’amusait de la mettre ‘en difficulté’. « Non je sais, glaïeuls ». Ses fleurs préférées. Puis à un mariage il y avait forcément des fleurs. Même s’il n’y avait pas cette variété, tant pis. « Et puis s’il faut un geste… alors je ne sais pas moi… on ferme le poing sous le menton ? Tu sais, un peu comme le penseur ? Ça veut tout dire ça non ? » un peu à la cause toujours ‘je t’écoute’. En même temps ça impliquait que l’on soit dans le champ de vision l’un de l’autre et qu’on se regarde de temps en temps. Mais pourquoi pas. Le mot 'glaïeuls' pouvait être glissé à tout moment aussi. Je riais brièvement sous l’imbécilité de notre ‘plan’ pour nous en sortir. Visiblement ça faisait aussi rire un peu Amara « Bah quoi, tu préfères ça ou de directement dire à quelqu’un : va chier ? ». Je parlais avec des gestuelles comme les italiens le faisaient souvent et en même temps, je remarquais qu’elle avait terminé la pomme que j’avais commencé. Enfin, qu’elle avait commencé et que j’avais piqué ensuite. « Oui, je suis une bête je te rappelle, un ogre même. Je mange, moi ». Elle avait peut-être un appétit plus léger que le mien mais en même temps vu les dépenses sportives que je faisais j’avais besoin de manger. Et envie aussi. Elle en prit alors une autre et ne dis rien quand elle me taquina en croquant à son tour un morceau. Puis je remarquais qu’elle tendait la main pour que je lui donne après cette même pomme et exprès pour l’embêter j’éloignais la main d’elle quitte à même changer la pomme de main pour la tenir de la gauche. « Allez tiens, je ne veux pas être accusé de t’empêcher de manger à ta faim » dis-je au bout de deux-trois minutes en ayant bien croqué la moitié du fruit.

« D’ici une quinzaine de minutes on devrait y être. Et c’est mort, on n’aura pas le temps de s’arrêter quelque part… en même temps si c’est pour s’arrêter dans une boutique attrape-touristes ou alors chez un charcutier ou fromager c’est moyen » me rassurais-je. « Un costume bleu marine, enfin un bleu plutôt lumineux quand même; Et une chemise blanche. Je ne crois pas qu’il y avait de dress code particulier » dis-je en pensant au faire-part. J’avais même pas fait attention que ce dernier avait du rose pétant, qui faisait partie d’une couleur pré-dominante au cours de ce mariage, notamment celle de la couleur des robes des demoiselles d’honneur. Amara serait complètement dans le thème avant même qu'on ne se rende compte. « T’imagines si ça vire à une scène ouverte en fin de soirée ? ». Je pensais à ce moment aux capacités d’amusement, de divertissement et de chant de Amara dont j’avais pu être témoin à plusieurs reprises dans le passé (notamment à des soirées qui dérivaient en karaoké parfois).

karaoke night (octobre 2013):
 

karaoke night (janvier 2014):
 

« Est-ce que tu peux prendre le faire-part dans la boite à gants ? L’adresse exacte est indiquée et il me semble, si je me souviens bien, qu'il faut laisser nos voitures à un endroit précis pas très loin de la villa. La cérémonie entière se fait là-bas apparemment ». Un prêtre devait faire le déplacement et tout se déroulerait dans cette immense villa où étaient attenantes des dépendances avec des chambres pour les invités autour d’un immense terrain. C’est ce dont j’avais entendu parler sans plus d’information. On se rendit où l’on devait et d’autres personnes arrivaient aussi en même temps. Tout en suivant les instruction, la voiture fut laissée à un endroit précis et on remarquait une ribambelle de vieilles petites voitures italiennes avec plusieurs ballons attachés. Il fallait aller jusqu’à la villa conduits dans ces voitures traditionnelles. Un chauffeur pilotait déjà l’engin. En fermant notre voiture à clefs, j’attrapais nos sacs respectifs tout en regardant les véhicules à quatre roues dans lesquels on allait monter « Eh c’est marrant ça… ». Très original même. Je saluais d’autres personnes arrivées en même temps et nous commentions ce que nous voyions. Le couple qui s’approchait de nous était déjà habillé pour le mariage. Ils n’avaient pas eu peur de froisser leur tenue. « Vous venez aussi pour le mariage de Pietro et Ava je présume » dis-je en les voyant. Ils acquiescèrent et se présentèrent comme Lorenzo et Carmen. Ils nous sourirent et prirent la voiture italienne après la notre. Le chemin ne durait même pas 10 minutes à bord mais c’était pour l’effet d’arrivée, tel que les mariés avaient prévu. Il y avait des photographes aussi qui immortalisaient l’instant à la fois pour le couple et les invités. On arrivait ensuite dans une immense allée qui laissait apparaitre au fond, l’arrière de la villa. Villa qui avait une vue imprenable sur la mer bien sûr. « Je crois que … c’est exactement comme on l'imaginait…. voire mieux » dis-je un peu soufflé par ce que je voyais. Ils étaient malades d’avoir mis autant de moyens dans cette célébration. Quoi que normalement, ça n'arrive qu'une fois dans une vie. On fut conduit jusqu’à l’entrée par l’arrière de la villa puis nos affaires étaient prises en charge, on nous indiquait ensuite notre chambre dans l’une des multiples dépendances du bâtiment principal. Une fois seuls je regardais la pièce derrière laquelle une salle de bain était attenante. Comme dans un hôtel. En revanche le lit était un lit deux places. Je ne fis aucune remarque à ce sujet sachant pourquoi nous avions ce type de configuration de chambre. « Hum…. je te propose de te laisser te préparer, je vais faire un tour puis après je viens me changer ? ». Je sortais toutefois ma tenue du sac pour la tendre sur un cintre avant de sortir. Ainsi je laissais un peu d’intimité à la jeune femme afin de faire mon curieux et d’aller voir les tables, et l’avant de la villa avec son jardin et le lieu de cérémonie. Je discutais aussi avec d’autres personnes présentes que je croisais, ainsi qu’avec les gens dans la chambre d’à côté qui en sortaient tout juste. Francesco et Gino. Un couple gay fort sympathique de prime abord. Ils connaissaient davantage Ava.

Quand je reçus un sms de Amara, je vins à mon tour à la chambre pour prendre une rapide douche en 10 minutes à peine et mettre mon costard. Je croisais alors la brunette qui me demandait de l’aider à fermer l’attache de sécurité du haut de son jumpsuit, juste au niveau de sa nuque. Je le fis après être resté la regarder un peu scotché pendant deux-trois secondes tant elle était superbe dans cette tenue. « Pour de la couleur… c’est de la couleur…. figures-toi que tu es plutôt assortie au ton général » dis-je révélant qu’il y avait du rose sans lui parler de la déco. Elle détestait que je lui spoile tout. Que ça soit dans la vie de tous les jours ou même quand on regardait des films à l’époque. Je le faisait pour l’embêter. « Je te rejoins vite, tout le monde se rassemble dans le jardin à l’avant de la villa, il y a un espèce d’amphithéâtre extérieur » lui indiquais-je avant de lui dire de me garder une place. Je m’occupais de me changer sans trainer et rejoignais tout le monde relativement vite. Les gens prenaient place et je fis de même à côté de Amara après avoir reconnu de dos sa tenue pétante et cette coiffure plutôt réussie. Les futurs mariés étaient là et le prêtre aussi pour officier la cérémonie. D’où on était on voyait la mer c’était magnifique. La cérémonie se passa bien avec l’échange de voeux, de bagues et les mots que tous les futurs mariés attendent. Tout le monde se leva pour siffler, applaudir et les féliciter puis le cocktail pouvait commencer juste avant le déjeuner. On nous invita donc à un buffet. C’est à ce moment que je constatais que la tenue de Amara était dans les mêmes couleurs que celle des demoiselles d’honneur. « Coïncidence ou pas tu as bien fait d’oser ce rose... ». Je m’approchais ensuite du buffet pour lui proposer un verre déjà rempli. Je fis de même et nous trinquions au weekend. Le couple Lorenzo-Carmen nous reconnu et se joignit à nous pour converser. « Plutôt impressionnant comme cérémonie et comme cadre n’est-ce pas ? ». Je confirmais, tenant un verre dans une main et l’autre étant dans ma poche. Puis la discussion suivit le chemin habituel. Qui on connaissait, d’où on venait…. Je regardais autour pour voir s’il y avait des enfants et interrogeais-je les invités pour savoir s’ils en avaient vu eux aussi. Visiblement c’était le cas mais ils étaient dans le jardin arrière de la villa. Des nounous étaient payées pour s’occuper de ceux en bas âge et divertir les jeunes par diverses activités. « Ils ont pensé à tout » dis-je en référence aux mariés. Le couple nous laissa de nouveau un peu seuls et je proposais à Amara de marcher un peu pour découvrir les lieux. « Ça va ? Tu ne regrettes pas d’être là avec moi ? ». Je la regardais alors en essayant de ne pas trop regarder ce joli décolleté qu’elle offrait. Enfin, bien sûr j’avais jeté un œil ou deux. J’étais un homme après tout. Et elle avait été ma compagne. « En tout cas je suis content que tu sois là aujourd’hui. Je… je comprends que tu aies voulu que l’on prenne du recul, par rapport à l’hôpital. Mais j’espère que après tu vas continuer d’accepter ça ». Je précisais ensuite ma pensée après avoir pris une gorgée de vin « ça… nous. Enfin le fait que nous nous voyions, que nous passons du temps ensemble… ». C’était bête à dire mais, maintenant qu’elle était ‘revenue’ dans ma vie, je ne pourrais pas accepter qu’elle reparte. « Ecoute, c’est peut-être trop tôt pour en parler ou peut-être pas non plus le bon moment mais…. je me disais, si tu as besoin d’avoir ton autonomie un peu plus et ne pas partager forcément l’appartement que tes parents louent… même si c’est un trois pièce… ». Comment lui dire ça … tant pis il fallait que ça sorte « … je me disais que tu pourrais revenir à la maison, enfin…. je vais la quitter fin du mois et, j’ai immédiatement pensé que…. peut-être tu voudrais l’occuper à nouveau. Tu n’es pas obligée mais, je ne vois personne d’autre y vivre… ». Implicitement (plus ou moins) je lui apprenais que j’avais l’intention de déménager et ce n’était probablement pas seul. Je la regardais sans trop savoir comment elle le prendrait.

Emi Burton


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Sujet: Re: When in Positano.... ( le Sam 2 Déc - 21:10 )

 
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Après le déjeuner qui m'avait permis de me confier sur mes sentiments lors de ma captivité, je me sentais requinquée et prête à poursuivre notre route jusqu'à notre destination. Nous nous nous amusions chacun à mordre dans la pomme de l'autre, une taquinerie enfantine mais qui me rappelait de bons moments du passé. Puis curieuse comme j'étais, je voulus savoir ce qu'il avait prévu comme cadeau pour les futurs mariés. Je n'avais pas fait dans l'originalité vu que je ne les connaissais que très peu voire pas du tout pour Ava. Quand Giovanni commença à pester en italien je compris qu'il avait totalement zappé cette partie là. Je levais les yeux au ciel avec un demi sourire. A l'époque où nous vivions ensemble, j'étais la tête pensante du couple pour ce genre de choses. Même lorsque nous étions invités chez la famille ou des amis, je tenais à apporter un petit quelque chose en guide de remerciement. Que ce soit du vin, de la nourriture ou un petit cadeau lorsque le couple avait des enfants. C'était une attention qui, je trouvais, ne coûtait pas grand chose et qui faisait toujours plaisir. Je n'étais donc qu'à moitié étonné qu'il n'y ait pas pensé. Certaines choses ne changeaient pas. "Non ti preoccupare. On va trouver une solution." Je regardais la carte pour voir si une ville était suffisamment proche de notre trajectoire pour faire un arrêt rapide. Mais même dans ce cas là, un cadeau se préparait à l'avance et j'avais peur qu'il choisisse quelque chose parfaitement au hasard et ça n'aurait absolument aucun sens. J’acquiesçai lorsqu'il proposa d'aviser une fois à Positano. Inutile de se prendre la tête pour ça maintenant, autant continuer notre chemin et profiter de la vue encore un peu. Le sujet du mariage revint sur le tapis mais cette fois nous fîmes des pronostics concernant la décoration et le style de la cérémonie. Nous étions tous les deux d'accord qu'au vu du cadre, le mariage promettait d'être mémorable. "En tout cas, ils pourront faire de magnifiques photos souvenirs avec la mer et la ville. J'ai vraiment hâte de voir tout ça." Gian me proposa de trouver un code pour nous sortir d'une discussion ennuyante pendant la soirée. Je n'y avais pas songé mais après tout, je ne connaissais personne qui se rendait à ce mariage à part lui, il pouvait y avoir des gens intéressants et marrants comme de vrais ringards barbants. Autant prévoir le coup. Il proposa "apple" comme code comme il était encore en train de manger la sienne. Puis il changea d'avis et proposa mes fleurs préférés. Je souris en tournant la tête vers lui. "Bonne idée, en espérant que personne ne me demande quelles sont mes fleurs préférées ! D'ailleurs tu crois qu'ils en ont mis dans la déco ?" Ces fleurs étaient tellement belles que je voulais les voir partout, dans un jardin, un mariage, sur une table dans un beau vase. Puis il me proposa un geste de secours aussi, je pouffais en le regardant mimer. "Va pour le penseur. Mais tu as conscience que ça veut dire qu'on ne devra jamais être loin l'un de l'autre pour s'entendre et se voir ? Tu ne pourras pas t'esquiver discrètement pour piquer du dessert  avant l'heure. Ou alors tu devras m'emmener avec toi !" Je ris en nous imaginant pris en flagrant délit de dégustation de dessert. Ce serait vraiment embarrassant mais drôle aussi. Je redevins sérieuse avec beaucoup de difficultés mais ça me faisait un bien fou de me lâcher comme ça, surtout avec lui.
Nous étions pratiquement arrivés et il constata que nous n'aurions plus le temps de chercher un cadeau de dernière minute pour les mariés. "Une enveloppe leur fera plaisir aussi t'en fais pas. Et puis tu peux toujours improviser un discours à un moment donné si tu veux faire quelque chose d'original !" Il me décrit le costume qu'il avait prévu de porter et je le visualisais parfaitement avec. De toute manière il était toujours élégant quand il portait une chemise, alors avec une veste et un pantalon il serait carrément canon. Puis il avait sacrément développé ses muscles ces dernières années, je me mordis la lèvre en imaginant la chemise bien moulante au niveau des bras et des pectoraux. Vite, pense à autre chose Amy, n'oublie pas qu'il n'est plus à toi. Interdiction de toucher. Dommage, vraiment. Giovanni me sortit à nouveau de mes pensées en me posant une question. Je pris deux secondes pour me redresser sur le siège et souris. "J'espère bien qu'il y aura de l'ambiance, c'est un mariage après tout ! Il faut marquer le coup. On verra bien. En tout cas j'espère que tu es préparé à passer une partie de la soirée sur la piste de danse, c'est non négociable !" Je sortis le faire part qui se trouvait dans la boîte à gants et le regardais attentivement avant de le lire à voix haute pour lui donner les instructions quant au lieu de rassemblement.
Nous arrivâmes sur place, Gian se gara à la suite d'autres voitures et je sortis de l'habitacle, contente de pouvoir me dégourdir un peu les jambes. Il m'indiqua les véhicules qui allaient nous amener jusqu'à la villa. Déjà nous étions dans un autre monde. Les petites voitures étaient mignonnes et présagées un mariage riche en découverte et en sensationnel. Le cadre était, comme je l'avais imaginé, splendide. La musique se faisait entendre à notre arrivée, je ne saurais dire s'il s'agissait d'un orchestre qui répétait ou d'une musique d'ambiance classique mais ça me donnait le sourire et j'étais de plus en plus excitée de me retrouver à cette cérémonie. En nous rendant à notre chambre, nous croisâmes plusieurs personnes qui étaient déjà habillées, d'autres qui arrivaient tout juste. L'élégance était de mise dans tous les cas et j'espérais vraiment avoir fait le bon choix avec ma tenue. Quand je voyais les femmes qui portaient toutes des robes, j'avais peur d'être un peu seule avec un pantalon. Puis je balayais mes craintes d'un revers de main, après tout l'important c'était de s'amuser.
La chambre que nous allions partager était belle, suffisamment grande pour que nous ne nous marchions pas dessus. Il n'y avait qu'un seul lit mais je m'y étais attendue. La perspective de dormir avec Giovanni me rendait nerveuse. Je savais qu'il ne se passerait rien, il avait bien trop de respect pour moi et pour Astrid pour ne serait-ce que le songer. Et moi ? Serais-je capable de partager le même lit sans me coller contre son corps qui me manquait tellement ? Je poussais un soupire pour me débarrasser de ces questions qui n'avaient pas lieu d'être pour le moment. Je pris ma tenue sur cintre lorsque Gian m'annonça qu'il allait faire un tour pendant que je me préparais. Je lui aurais bien dit d'attendre dans la chambre pendant que je prenais ma douche, mais il était déjà sorti. Je le savais curieux et j'espérais juste qu'il n'allait pas avoir la bonne idée de m'envoyer des photos de la déco des tables et du lieu de la cérémonie, sinon il allait m'entendre.
Je posais ma combinaison sur le lit puis allai prendre ma douche dans la petite salle de bain attenante. Je repensais aux quelques heures que nous avions passé ensemble. Tout s'était bien passé, mieux que ce que j'avais imaginé. Je restais sous le jet un peu plus longtemps pour savourer la douceur de l'eau sur ma peau. Et rassembler mes esprits pour ne pas laisser mon coeur reprendre le dessus sur mon esprit. Cette sortie était clairement un test pour moi. Savoir si je pouvais passer du temps seule avec mon ex sans être mal à l'aise, nerveuse, ou même souffrir de notre proximité trop amicale. J'arrivais à gérer pour l'instant, mais un mariage ça voulait dire des émotions fortes et notamment l'amour. Je n'étais pas persuadée que j'allais pouvoir rester forte tout le long. Une fois sèche, j'enfilais mes sous-vêtements -roses, ainsi que ma tenue. Puis je me mis à sécher mes cheveux pour les attacher en une queue de cheval sophistiqué. Le rendu me plaisait et je prévins Giovanni par sms que j'étais prête. Le temps qu'il me rejoigne, je mis une dernière touche de maquillage sur mon visage. Il entra dans la chambre pile au moment où je rangeais mes affaires dans la petite armoire en face du lit. Il ne dit rien, se contentant de m'observer, j'attendais avec impatience son verdict sur le choix de ma tenue et ce qu'il me dit me rassura un peu. "Ouf, je n'ai pas envie de voler la vedette à la mariée avec ma couleur." Je pris ma pochette dans laquelle se trouvait l'enveloppe pour les mariés puis laissai à mon tour Giovanni se préparer. Je me rendis à l'extérieur et suivis les instructions pour me rendre sur le lieu de la cérémonie de mariage. Je m'arrêtais une fois sur place, la bouche grande ouverte sous le choc. "Waouh !" C'était magique, incroyable, digne d'un rêve. Je n'avais jamais vu d'endroit comme celui-ci. C'était juste exceptionnel. J'allais me placer, gardant une place pour Giovanni à côté de moi. Il ne tarda pas à me rejoindre et encore une fois, un seul mot sortit de ma bouche. "Waouh" il était vraiment parfait dans ce costume. Et j'avais la chance d'être sa cavalière pour la soirée. J'allais faire des jalouses, c'était certain.
La cérémonie commença peu de temps après. Tout dans ce mariage était féérique. La musique était belle, digne d'une comédie romantique ou d'un mariage princier. Lorsque la mariée arriva, précédée de ses demoiselles d'honneur habillées du même rose que moi, je souris et fus émue en même temps. Elle était magnifique bien entendu et on sentait l'amour qui les unissait rien qu'en les regardant s'échanger leurs voeux. Je versais quelques larmes lorsqu'enfin on les déclara mari et femme et je me joignis à l'assemblée pour les applaudir et les féliciter.
L'émotion redescendit et il était temps de faire la fête. Là encore ils avaient mis les petits plats dans les grands sur la présentation, le service et les mets raffinés. Après avoir discuté avec quelques autres invités, Giovanni me proposa de faire un tour pour voir l'ensemble du lieu plus précisément. J'avançais doucement à ses côtés, buvant une gorgée du breuvage se trouvant dans mon verre de temps en temps. Il me demanda si je ne regrettais pas d'être là. Je levais les yeux vers lui et souris pour le rassurer. "Pas le moins du monde. Je te remercie d'ailleurs. C'était ce dont j'avais besoin. Voir du monde, être en plein air loin de Naples. C'est parfait." Je l'écoutais ensuite attentivement et déglutis un peu difficilement en l'entendant me rappeler que j'avais rompu le contact il y a peu. Il avait beau me dire qu'il comprenait, je sentais dans le ton de sa voix que ça lui faisait de la peine. Je lui avais expliqué mes raisons et encore aujourd'hui, je ne savais pas ce que j'étais capable de tolérer par rapport à lui. J'avais accepté de me rendre à ce mariage avec lui certes, mais ça ne voulait pas dire que j'accepterais de le revoir si il était accompagné d'Astrid. Je faisais un gros travail sur moi pour tenter de tourner la page de notre couple mais c'était difficile. Surtout quand on avait aucune raison à donner pour expliquer notre rupture. "Je travaille dessus Gian. Il me faut juste encore un peu de temps." Ce qu'il me dit ensuite me fit m'arrêter de marcher pour le toiser. Si je comprenais bien, il voulait me laisser la maison dans laquelle nous avions vécu heureux. Ce qui voulait dire qu'une chose. "Tu emménages avec Astrid." Ce n'était pas une question mais une affirmation. En fait j'aurais dû le voir venir tôt ou tard. Mais la pilule avait du mal à passer pour autant. Je me tournais vers la baie en dessous de nous pour ne pas lui montrer que ça m'affectait. Je bus mon verre d'une traite, comme pour me donner un peu de courage. J'avais la mâchoire crispée, je sentais mon coeur battre plus vite et les prémices d'une crise d'angoisse firent trembler mes mains. Je posais ma coupe sur la table la plus proche et serrai mes mains l'une contre l'autre pour qu'il ne remarque rien. C'était ridicule parce que je restais toujours encore silencieuse, il allait bien se douter de quelque chose à un moment donné. Je tentais de faire un exercice de respiration pour ne pas perdre mes moyens. J'inspirais profondément et expirais par la bouche. Mais la panique me cernait, je n'arrivais pas à l'empêcher. Je m'approchais d'un rebord pour m'y agripper et retentais de me calmer encore une fois. Sans succès. Je n'entendais plus la musique ni les voix autour de nous. J'étais enfermée dans cette bulle d'angoisse qui me paralysait et m'empêchait de respirer. J'avais emmener des médicaments, au cas où mais je n'avais pas les idées suffisamment claires pour en sortir un de ma pochette. Rien n'allait plus et j'allais finir par attirer l'attention sur moi, ce que je ne souhaitais pas. Sauf que me mettre la pression comme ça ne fit qu'accentuer ma panique. C'était comme si je tombais dans un puits sans fond. Avec personne pour m'entendre ni chercher à me retenir.


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Sujet: Re: When in Positano.... ( le Lun 4 Déc - 5:36 )

When in Positano
Amara & Giovanni


Dans la voiture déjà, nous étions en train de nous projeter à ce mariage, en anticipant ce qu’on verrait et comment on pourrait agir pour se sortir de discussions interminables et ennuyeuses au possible. Mon imagination n’était pas en reste et Amara était entrainée là-dedans. Dans ces plans plus ou moins foireux. Mais elle se prêtait au jeu et ça m’amusait. « Je ne sais pas trop pour les Glaïeuls, je sais qu’il y en a jusqu’en fin Septembre voire début Octobre… peut-être qu’il y en aura. Ça ne changera rien à la difficulté de caser le safe word de toute façon » dis-je en poussant un peu la voiture en pressant la pédale d’accélération vers le plancher. Le sourire en coin ne tarda pas à se dessiner suite à la remarque de la jeune femme « Et bien ça ne me gêne pas. Je garderai un œil sur toi constamment. Et tu viendras aussi goûter au dessert si nécessaire. C’est ton truc ça, en plus » dis-je en repensant à une anecdote ou deux.

À sa remarque sur la danse, je ne pus m’empêcher de répliquer alors que mes mains tenaient fermement le volant. « Ha ! Tu rigoles … désolé de te décevoir mais certaines choses ne changent pas…. et mon goût prononcé pour la danse y compris » précisais-je avec un peu d’ironie dans ma voix. Je détestais ça. Danser. Parce que je n’étais pas à l’aise probablement, parce que je n’avais selon moi pas le rythme dans la peau. Je préférais à la rigueur qu’on me force à jouer du piano, instrument que je maitrisais, plutôt que de faire quelques pas sur une piste. En revanche, regarder les femmes se déhancher était une réel plaisir pour mes yeux.

Les minutes filèrent et on se concentrait davantage sur la destination. Arrivés sur les lieux, on ne fut pas déçus du détour. Rester bouche bée à plusieurs reprises et émerveillés par la grandeur et l’élégance de ce mariage correspondait davantage à ce à quoi on ressemblait au fur et à mesure que l’après-midi avançait. La villa était somptueuse et ils n’avaient pas lésiné sur les moyens. Mon ami n’était certes pas un homme qui roulait sur l’or mais visiblement l’Américaine venait d’une famille aisée. Clairement les moyens étaient mis dans cette célébration afin de la rendre inoubliable. En arrivant dans la chambre, elle était décorée avec sobriété et rien que le fait d’avoir un logement attenant à la villa était une chance. Je jetais un coup d’œil à cette dernière sans prendre le temps de m’asseoir sur le lit qui avait pourtant l’air bien confortable. Le fait qu’il s’agisse d’un lit double ne me dérangeait pas sur le coup. J’allais le partager avec Amara sans réaliser que ça pourrait être un moyen inconscient de nous rapprocher. En même temps, ma préoccupation actuelle était la cérémonie qui était sur le point de se dérouler. Je n’étais pas une personne romantique ni fleur bleue mais voir toute cette mise en scène autour de nous ne pouvait laisser personne indifférent. C’était bluffant. Limite complexant pour ceux qui entreprenaient de se marier dans les semaines ou mois à venir.  Je décidais d’aller découvrir la décoration en avance, ne pouvant retenir ma curiosité plus longtemps et abandonnais ainsi Amy quelques temps. Je prenais sur moi pour ne pas lui envoyer des photos à l’avance non plus. C’était un peu notre truc ça, se taquiner en se spoilant pour embêter l’autre. Je me retins et fus distrait par un convive qui venait discuter avec moi. En revenant dans la chambre, je la complimentais sur cette tenue qui était splendide, tout comme elle. Je retrouvais une jeune femme qui avait besoin de peu pour éblouir. Puis la couleur rose de sa tenue se mariait parfaitement avec le ton rose qui mettait en valeur la décoration ainsi que les robes des demoiselles d’honneur. Elle se fondrait ainsi dans ‘le paysage’. Je l’en rassurais donc avant de me préparer à mon tour.  Je me dépêchais pour prendre une douche, m’habiller et me mettais un peu d’eau de parfum ‘Dunhill’, ce parfum que j’utilisais depuis des années, celui dont l’odeur était devenue mienne. Cette senteur légèrement orientale & boisée avec cette profondeur de santal et vanille dont la touche d’ambre et de cèdre soulignaient la masculinité, la fraicheur et l’élégance. Je me regardais une dernière fois dans le miroir de la salle de bain avant de quitter la chambre en réajustant mon costume. Exit la cravate, j’avais une simple chemise blanche sous ce costard bleu. La simplicité était mon maitre mot en m’habillant. La cérémonie venait tout juste de commencer, les invités étaient réunis au cœur de cet amphithéâtre à ciel ouvert. Je remarquais la queue de cheval de Amara ainsi que le tissu rose de sa jumpsuit. Comme prévu, elle m’avait gardé une place à côté d’elle et je la rejoignais rapidement. En lui souriant, je lui demandais si ça allait toujours en lui passant le temps de quelques courtes secondes ma main dans son dos. Aux premiers mots du maitre de cérémonie, je regardais alors ce qui se passait devant nous, en gardant les oreilles bien ouvertes. Les textes tout comme les vœux échangés étaient beaux, travaillés et à leur image. Les applaudissements généreux et sifflements s’ensuivirent accentuant ainsi l’émotion qui avait traversé chacun d’entre nous. Je fus parmi les siffleurs d’ailleurs, ne cachant pas un enthousiasme certain.

On profita de l’instant apéritif pour nous dégourdir un peu les jambes après avoir gouté à quelques préparations. Parfois maladroit dans mes propos, manquant de tact, j’amorçais l’annonce du déménagement en remerciant Amy pour sa présence qui me faisait très sincèrement plaisir. J’étais heureux de pouvoir lui faire voir un peu autre chose que l’hôpital, lui changer un peu les idées, contribuer à ce rétablissement qui passait par le fait de voir d’autres personnes, un autre environnement. L’esprit festif du mariage s’y prêtait. Je me rendais compte de la difficulté qu’était notre relation actuelle. On en était arrivé à un point sans raison tangible. La successions d’événements imprévus, les circonstances étaient telles que j’étais avec une autre femme à présent et je n’en oubliais pas pour autant ce que Amy représentait. Je lui exprimais par la même occasion mon souhait de continuer à la revoir, de passer un peu de temps avec elle. Sa réponse me fit réaliser que c’était plus difficile encore pour elle. Qu’elle avançait plus progressivement et surtout se protégeait probablement. Je comprenais alors en demander beaucoup. Probablement trop, et trop tôt. « Je comprends, je m’adapterai » lui dis-je avant de renchérir sur la maison.

Eprouvant une certaine émotion en lui parlant de cette maison qui allait être libérée, notre maison qui englobait tant d’histoires, tant de disputes, tant d’amour, tant de projets et d’espoir à elle-seule, j’eus un sérieux pincement au cœur lorsqu’elle s’arrêta de marcher. Elle ne me regardât même pas, en comprenant que de nouveaux murs allaient abriter Astrid et moi. Hésitant, je voulais la rassurer, de lui dire pourquoi je ne la vendais pas, cette maison remplie de souvenirs auxquels je tenais encore, lui justifier cette démarche mais je n’osais pas lui poser la main sur l’épaule ou me mettre face à elle. Amara encaissait (du moins je le croyais) ce que je venais de lui dire et je finissais par dire « … Je ne savais pas trop comment te le dire…  ça peut sembler égoïste mais ». La respiration forte et soudaine de Amara me coupa dans mes propos laissant ainsi place à de l’inquiétude. « Amara ? Amy ? ». Dès qu’elle posa sa coupe pour se tenir les mains, je voyais que ça n’allait pas. Elle tremblait  et démontrait des signes d’anxiété . Elle avait le souffle court, saccadé, respirait fort et tremblait. La gêne dans sa respiration me fit paniqué car je réalisais combien ça pouvait être grave. Très vite je m’étais mis à côté d’elle cherchant à tout prix le contact visuel pour qu’elle me regarde, m’écoute. « Amy respire,  tu m’entends ? Respire profondément, tout va bien ». Je tentais de masquer ma propre crainte en la voyant dans cet état pour ne pas empirer la chose et accompagnais mes paroles d’une gestuelle. « Est-ce que… est-ce que tu prends quelque chose ? Des médicaments ? Quelque chose pour te soulager ? Pour … ». Je fus interrompu par un type qui s’était rapidement approché en se présentant comme un médecin. Il parlait en italien et se montrait présent lui aussi en ordonnant autour de lui d’amener un verre d’eau. Je sentais qu’elle se laissait aller, partir et je la retins pour lui servir de soutien. Je l’assis sur un muret à proximité tout en la tenant le temps qu’elle soit plus réactive. Le médecin lui demandait à son tour si elle prenait des médicaments et mentionnait le nom d’anxiolytiques. Immédiatement j’eus le réflexe d’indiquer au médecin où était la pochette de la jeune femme dès qu’elle en mentionna le nom. Le temps qu’il prenne l’accessoire et en sorte une tablette de médicaments, je me trouvais tout près de Amy et continuais de lui dire calmement d’un ton rassurant « Détends-toi… inhale et expire profondément…. tout va bien concentre-toi sur ta respiration ». Je comptais à voix basse les respirations afin de lui permettre de ralentir son propre rythme cardiaque. Le médecin qui était agenouillé près d’elle lui tendait alors le cachet avec un verre d’eau. « Vous reprenez un peu de couleur, c’est mieux » dit-il rassuré en me conseillant de l’emmener s’allonger un petit peu, ne serait-ce que quelques minutes au calme. Je regardais alors Amara en cherchant une approbation ou un refus dans son regard. Etant donné qu’elle n’était pas dans les vapeurs, il n’avait pas été nécessaire de l’allonger les jambes relevées, ni lui administrer des claques. J’attendais qu’elle se calme et récupère doucement. Le médecin discutait avec moi en me posant des questions sur la santé de Amy et il lui en posa directement. La reporter était moyennement réactive dans ses réponses ou se contentait de la faire courte. « Grazie Mille » dis-je au médecin en indiquant que j’allais me charger d’accompagner Amara à notre chambre. En lui servant d’appui pour se lever, je lui disais avec un léger sourire dans l’espoir de le lui transmettre aussi « On va vérifier si les glaïeuls ont suffisamment d’eau dans leur vase…. hmm ? ».  Dès qu’elle esquissa un léger sourire, je voyais cela comme une victoire vu comment c’était mal parti quelques minutes plus tôt. « On va aller s’allonger un peu, histoire de récupérer et puis on retournera à la fête et au repas dès que tu te sentiras mieux, okay ? ».

On se dirigeait donc tranquillement vers la chambre et je tentais de faire de l’humour sur le chemin « Heureusement que tu n’es pas tombée dans les pommes, ça aurait été fâcheux d’utiliser cet autre safe word que tu aurais été incapable d’entendre…. ». L’humour marchait moyennement et je me rattrapais alors « je suis désolé de te montrer combien le bourrin maladroit avec ses mots n’a pas changé… ». Je suis plus un homme d’action, de gestes que un homme qui sait utiliser correctement ses mots de façon complètement appropriée. Elle le savait depuis longtemps et Astrid me le reprochait aussi bien assez souvent. Une fois dans la chambre, je lui demandais alors « Tu as besoin de quelque chose ? Une serviette humidifiée peut-être et de l’eau… » dis-je en guise de réponse avant qu’elle ne me dise quoi que ce soit. Je filais à la salle de bain après avoir posé sa pochette sur le lit pour humidifier une serviette pour le visage. Je revenais auprès d’elle en m’asseyant sur le rebord du lit, du côté où elle s’était allongée. « Je peux ? » lui demandais-je avant de poser un peu la serviette dans le cou pour la rafraichir et se débarrasser de sueurs soudaines auxquelles elle était confrontée. Tout en lui tamponnant doucement la peau et laissant aussi reposer la serviette sans mouiller le reste de sa tenue, je la regardais dans les yeux en m’excusant très sincèrement pour l’avoir mise dans cet état. Je me sentais coupable, responsable.  « Mi dispiace tanto… non ti meriti questo » rajoutais-je en disant qu’elle ne méritait pas ça.

Tout s’était passé extrêmement vite et à la fois lentement, depuis cette crise d’angoisse. Je la voyais partir sous mes yeux et m’étais retenu d’exprimer une inquiétude disproportionnée pour ne pas aggraver la crise. Puis elle revenait à elle mais je la sentais fragile; après tout ce qu’elle avait enduré. Elle était encore hospitalisée et ce mariage n’était qu’une parenthèse pour la sortir un peu de cette bulle médicale. Je m’étais abstenu d’en parler au médecin au risque qu’il la renvoie à l’hôpital. Puis quelques personnes s’étaient retournées, deux-trois avaient apporté leur aide et contribution en plus du médecin.  Le mariage battait encore son plein, on entendait au loin des éclats de voix et de la musique en fond. Cette crise n’avait, heureusement pour Amara, pas tout arrêté. Ça l’aurait encore plus fait paniquer. « What can I do or say to make it up to you ? » demandais-je alors en me demandant si par exemple je m’allongeais un peu à côté et lui disait des choses rassurantes l’aiderait. Est-ce que je continuais à passer ce tissu humidifié pour faire diminuer cette montée d’adrénaline ? Je ne voulais clairement pas la laisser seule en tout cas et m’adapterais à ce qu’elle souhaitait. Je n’osais pas non plus trop revenir sur le sujet qui avait été à l’origine de la crise. Ma main tenait toujours le but de ce tissu humide que je passais un peu partout, doucement dans son cou jusqu’à la naissance de son buste. « Parfois je ne me rends pas compte de l’impact de mes propos, et je manque de délicatesse. Je….  je suis désolé ». J’arrêtais le geste en gardant la petite serviette dans ma main et posais mes avant-bras sur mes cuisses alors que j’étais toujours assis au bord du lit. « … On ne retourne là-bas que lorsque tu te sens prête. En attendant, dis-moi ce que je peux faire pour t’aider ». Mes propos étaient sincères. Il fallait que je me rattrape pour ma bêtise.

Emi Burton


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Sujet: Re: When in Positano.... ( le Mar 12 Déc - 12:11 )

 
WHEN IN POSITANO
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L'espace d'un instant j'avais tout oublié, mon état de santé fragile, ma relation complexe avec Giovanni. Je profitais simplement du moment, de la soirée, du mariage, d'être entourée de personnes que je ne connaissais pas et qui ne savait rien de moi et mon passé. C'était agréable d'être une invitée comme une autre, que personne à part moi et mon cavalier ne savait ce qui m'avait fallu traverser pour pouvoir être présente ce soir. Sauf que j'avais trop baissé mes défenses, je m'étais laissée emporter par la beauté du moment et sans m'en rendre compte j'avais oublié de protéger mon coeur. L'annonce de Giovanni me fit l'effet d'une claque, d'un coup violent au coeur et une fois la douleur installée, je n'arrivais plus à contrôler la panique qui avait suivi. Je ne voulais pas me donner en spectacle, heureusement nous nous étions un peu éloignés pour marcher et les mariés ne semblaient pas se préoccuper de nous. Je m'en serais voulu si leur fête avait été suspendue à cause de moi. Même si pour le moment, je ne pensais à rien d'autre qu'à ma difficulté à respirer. J'avais la sensation qu'on me comprimait les poumons avec des étaux brûlants. J'avais envie de hurler mais je n'avais pas assez d'air pour cela. J'entendais la voix de Giovanni en fond, comme si il était loin de moi alors que je pouvais sentir ses mains sur moi. Je commençais à voir des points noirs devant mes yeux et je fus reconnaissante qu'il m'aide à m'assoir parce que j'étais à deux doigts de m'évanouir. Mes mains tremblaient, j'étais gelée et brûlante en même temps. D'autres voix se firent entendre et la seule chose que je pus dire c'était "Ma pochette." Je ne reconnaissais même pas ma propre voix. Mais je savais que la seule manière de m'aider à calmer cette crise était de prendre des médicaments. Médicaments que j'avais eu la bonne idée de garder sur moi ce soir. On me tendit un comprimé avec un verre d'eau. Je dus m'y reprendre à deux fois avant de pouvoir tenir le verre dans mes mains tremblantes. Avaler était tout aussi difficile quand on n'arrivait pas à respirer. Je toussais en sentant l'eau me couler dans la gorge. J'aurais aimé me cacher dans un trou pour que personne ne me voit dans cet état. Des larmes avaient coulé sur mes joues à force de tousser et je devais avoir une mine affreuse. Un homme s'occupait de moi, me posait des questions et tout ce que j'arrivais à répondre c'était oui ou non. Les questions plus complexes étaient posées directement à Giovanni. Je sentais mon coeur reprendre des battements plus doux même si je n'arrivais toujours pas à respirer correctement. Je pouvais ouvrir les yeux sans risquer d'avoir un vertige. Je savais que la crise allait passer, il fallait juste du temps pour que le médicament fasse effet. Avec de l'aide, mon cavalier me raccompagna à notre chambre. J'avais les yeux dans le vague, je ne réagis quasiment pas sur le trajet, me contentant de le suivre. Dans la chambre, j'ôtais mes chaussures avec peine et m'allonger sur le lit. Je commençais à avoir mal à la tête. Ma tension avait dû augmenter pendant ma crise et du coup le trop plein de sang dans ma tête devait être évacué. Mes mains ne tremblaient plus alors j'en mis une sur ma tempe pour me masser. Je n'avais pas parlé depuis tout à l'heure, je savais que je devais dire quelque chose pour rassurer Giovanni qui semblait paniqué et coupable. J'appréciais qu'il s'occupe de moi et qu'il me montre sa sollicitude, mais en même temps sa présence me faisait du mal et je ne pouvais m'empêcher de penser au fait qu'il allait bientôt habiter avec elle. Je pensais avoir dépassé le stade du coeur brisé mais il fallait croire que je n'étais toujours pas guérie. Le serais-je un jour ? Il me posa plusieurs fois la même question et vu que je ne répondais pas, il suivait simplement son instinct.
Je tournais la tête pour l'observer. Il me faisait de la peine assis là, au bord du lit, totalement impuissant. Je ne voulais pas lui mentir en lui disant qu'il n'était pas responsable ou que tout irait bien pour moi. Bien sûr que je ne lui en voulais pas, il ne pouvait pas prévoir ma crise d'angoisse et moi non plus d'ailleurs. Je m'éclaircis la gorge et dus me reprendre à plusieurs fois pour pouvoir enfin parler. "hum there's nothing you can do." Je pris appui sur mes bras pour me redresser sur le lit. J'essuyais le reste de larmes sous mes yeux et constatai que j'avais du mascara sur les doigts. Je devais vraiment ressembler à un zombie. "It was a mistake. I shouldn't come with you, I wasn't ready." Même si la journée s'était parfaitement déroulée, que nous avions parlé et retrouvé notre complicité d'avant, tout ça n'était qu'une grosse mascarade et il fallait que j'arrête de me faire des films. Mon coeur n'allait plus supporter toutes ces déceptions "You should be here with her, not me. I'm nothing to you anymore while you still mean so much to me." Voilà pourquoi je ne voulais plus le voir à l'hôpital. Pour m'éviter cette souffrance continuelle et pourtant, j'étais là, pendant un week-end complet avec lui. Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi franchement ? Je me redressais un peu plus et finis par m'assoir au bord du lit. Ma tête tournait légèrement mais j'avais juste besoin de quelques minutes pour reprendre mes esprits. "Ca va aller. Laisse moi cinq minutes pour me débarbouiller et on peut y retourner. J'ai assez gâché ta soirée comme ça. Je suis désolée."



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Sujet: Re: When in Positano.... ( le Mer 13 Déc - 23:08 )

When in Positano
Amara & Giovanni

• Musique : Bloodstream

Je l’aurais imaginé moi-même entièrement, je n’aurais pas pu mieux faire. Pas pu mieux vivre cet instant de communions entre un couple qui célèbre son union entouré de proches, d’amis, de famille, le tout dans un cadre à couper le souffle en bord de côte Amalfitaine, sous un soleil radieux et une nuit globalement douce en dépit du mois d’octobre. Tout était plus que parfait, et ce qui me rendait par dessus tout heureux à cet instant précis était le sourire de Amara. Ce sourire tendre, simple, sincère. Ce sourire qui exprimait son bien être actuel en ce lieu et cette occasion un peu uniques. On appréciait l’instant présent et c’était tout ce qui comptait.

L’instant magique ne dura pas. Peu à peu, au fil de notre discussion, la belle brunette fit une crise, une crise d’angoisse qui manquait de peu de l’étouffer. Une crise qui la fit réagir comme je ne l’avais jamais vue auparavant, éveillant en moi un sentiment de faiblesse, de peur et de peine. La voir explicitement en souffrance face à moi sans pouvoir immédiatement agir me renvoyait presque à cette sensation passée, lorsque les informations annonçaient les attaques de AQMI. Je l’avais laissée partir une dernière fois et à des milliers de kilomètres je ne pouvais rien faire immédiatement après. C’en était très douloureux à regarder aussi. Mais je me ressaisis vite en prenant des initiatives, avec l’aide un médecin qui heureusement m’aida aussi à gérer cette crise. Il m’affirmait que ça pouvait durer plus ou moins longtemps et savait que faire si jamais cela s’empirait et empêchait complètement Amara de respirer. Je souhaitais de tout cœur ne pas en arriver là, ne pas assister à ces scènes comme on voit dans les séries médicales ou reportages où le corps médical use d’ustensiles qu’il trouve, de n’importe quoi pour réanimer une victime ou ne serait-ce que la maintenir en vie en attendant que les secours viennent. Je tâchais alors de garder mon calme, du moins essayer le plus possible en n’inquiétant pas Amara davantage. Je l’accompagnais, tout en discutant avec elle avec des propos pour ralentir ces battements et calmer ces tremblements. Le médicament n’aurait pas un effet immédiat mais cela ne tarderait pas heureusement. Il m’était impossible de la laisser là, sans la tenir près de moi dès que possible. Le médecin m’avait laissé son numéro pour me dire de l’appeler si ça n’allait pas mieux plusieurs minutes plus tard après un repos forcé dans la chambre. Sinon j’irai le trouver au milieu des invités au besoin. Je l’en remerciais avant d’escorter la belle américaine jusqu’à notre chambre.

Elle était extrêmement affaiblie subitement, la tête qui tournait et je ne restais pas bien loin pour la rattraper au besoin. Une fois qu’elle fut allongée dans le lit, je trouvais dans une trousse à pharmacie de poche que j’avais dans ma valise quelque chose qui avait un effet similaire aux antihypertenseurs. Mon instinct me faisait agir de la bonne manière tout comme lorsque j’humidifiais une serviette pour la lui passer sur le front, dans le cou et sur le buste dégagé. C’était curieux, d’être là tous les deux, dans cette chambre. Autant le trajet s’était très bien passé tout comme le début de cérémonie, elle riait, on discutait, on se taquinait voire on se cherchait mais son visage avait changé, depuis cette crise qui passait doucement. Elle tremblait moins mais avait la chair de poule, je le voyais en la détaillant du regard. Je la connaissais. Les frémissements, les coups de chaud, l’anxiété…. je lisais la jeune femme comme un livre ouvert après avoir partagé un bout précieux de ma vie à ses côtés et la savoir dans cet état me faisait culpabiliser. J’en étais responsable, en partie.

Quand elle reprit une position assise sur le lit, le dos calé contre un des gros oreillers, je la regardais, l’air incompris. « Yes you were. You are ready…. Don’t say this…. please don’t ». Je détournais mon regard tant ses mots étaient comme des lames de rasoir, coupant ma peau à chaque fois qu’elle en ajoutait un à sa phrase. Elle ne pouvait pas dire ça, qu’elle n’était rien. Je ne pouvais pas endurer ces propos. Amara était entrée dans ma vie comme un boulet de canon dont la poudre s’était répandue partout. Dans chaque journée, depuis des mois, des années. Mon affect pour elle coulait aujourd’hui encore dans mes veines, la photographe reporter faisait partie de moi, de mon histoire, de notre histoire. Je me levais alors du lit en lui laissant le tissu humidifié entre les mains. « How ? ». Les mains posées sur mes hanches quelques secondes, je reprenais en me tournant de nouveau vers elle « How can you say this ? How can you even believe you’re nothing to me ? Do you even ask yourself why I cannot stay away from you ? Why I invited you to join me ? Why I care about your health and recovery ?! ». Je laissais couler quelques secondes pour reprendre moi aussi mes esprits quant à ce qui sortait de ma bouche sans aucun contrôle, aucune retenue. « Damn it Amara you’re not the only one being in pain. You’re not alone in this… ». Je commençais alors à faire quelques pas et revenais sur les miens un peu nerveux. « Si tu ne représentais plus rien pour moi, je n’aurais pas été à ton chevet à l’hôpital. Je …. je ne te demanderais pas de m’accompagner pour prendre l’air, te changer les idées…. je ne laisserais même pas voir ma famille…. ». En effet si je ne l’aimais plus, si je n’avais plus aucune considération à son égard, les ponts auraient été coupés depuis longtemps. Mais son retour m’avait fait ressentir cette culpabilité immense d’avoir laissé tomber à un moment donné. Et en ce moment, mon intérêt pour elle n’avait rien à voir avec un besoin de me rattraper, un besoin de me faire pardonner mais ça répondait à une envie. Un souhait. Un désir. Une volonté irrepressible d’être à ses côtés et de rattraper tout ce temps qu’on n’avait pas connu. Toutes ces aventures à côtés desquelles on était passé. « I know things are different now. I know I’m in a new relationship which is great with a beautiful and oustanding woman. But still. I missed you, Amy ». Je la regardais alors, droit dans les yeux, elle qui était toujours inerte sur ce lit. «  I missed us so much ». Elle n’avait pas idée à quel point. Aimer deux personnes était extrêmement difficile et je ne le disais peut-être pas explicitement ou clairement. Mais j’étais vraiment attaché à ces deux femmes pour diverses raisons, avec un amour distinct. Les deux contribuaient à un équilibre. Et chacune d’elle apportait quelque chose de vital. Je ne voulais toutefois pas jouer le coup du chantage affectif en disant à Amara que, si elle souhaitait se retirer définitivement de ma vie, je ne survivrais pas. Même si cette hypothèse était celle que je ne souhaitais jamais connaitre, jamais vivre, il serait égoïste de lui infliger ça. Est-ce que lui dire de rester l’empêchait d’avancer ? Est-ce que cela faisait de moi un p*** de monstre égoïste si je lui disais que je l’aimais encore ? Que cette proximité avec elle éveillait en moi de nombreux souvenirs, des battements vivaces dans ma poitrine ? Une volonté de lui montrer beaucoup de choses et de partager beaucoup de choses avec elle ?

Je m’apprêtais à sortir de la chambre pour exhausser son souhait de lui donner un peu de temps toutefois je n’étais pas rassuré à l’idée de la laisser seule après ce qui venait de se produire. Et encore moins lorsqu’elle osait affirmer qu’elle avait gâché ma soirée. « Ce n’est pas vrai. Tu n’as rien gâché du tout. Au contraire…. ». Sa présence m’avait un peu plus ouvert les yeux tout en me faisant rendre compte qu’il fallait qu’elle soit là. Dans ma vie. Je me retournais alors et disais à voix reposée « Je t’attends devant la porte de la chambre, tu me rejoins quand tu es prête…. ». Ainsi je lui laissais de l’intimité sans pour autant trop m’éloigner si quelque chose tournait mal. Ce ne fut pas le cas et on rejoint ainsi à deux les autres convives à table pour profiter du repas. Heureusement on n’eut besoin d’utiliser notre safe word qu’une seule fois. Elle le fit et j’accourais avec discrétion à ses côtés afin d’éloigner le gars qui ‘lui tenait la jambe’.  On retrouvait une atmosphère plus détendue, de nouveaux rires et discussions intéressantes. Le médecin vint reprendre de ses nouvelles et tout allait bien. A mon tour, plus tard dans la soirée je faisais ce fameux code entre nous alors que tout allait bien. « J’avais juste besoin de savoir si tu allais venir à la rescousse » fis-je discrètement en lui faisant un clin d’œil. Elle me tapa. Je retrouvais à nouveau son côté plus pétillant. D’ailleurs le sujet ‘Aménagement’ fut prohibé du vocabulaire de toute la soirée et elle ne s’en portait que mieux. Encore une fois, je l’incitais à vivre dans le moment présent. Au moment du dessert, je lui disais à l’oreille alors qu’elle était assise à côté de moi. « Ça ne te dirait pas de faire un tour du propriétaire ? Juste nous, une visite un peu exclusive dans les coulisses…. ». Un peu comme un gamin explorateur, je voulais l’entrainer avec moi dans cette découverte ‘insolite’ bien que nous n’y étions pas invités. En nous levant, je ne pus m’empêcher de prendre la petite assiette avec les deux parts de gâteaux posés dedans et elle me lança ces regards réprobateurs avant de lever les yeux au ciel. « Bah quoi, tu sais combien d’explorateurs se sont retrouvés dans des endroits paumés sans avoir pensé à prendre à manger ?! ». Je fis un peu l’innocent, le naïf mais ça l’amusait et c’était le but. Je la suivais donc de très près et on attendait que les gens soient distraient par des discours de convives pour s’éclipser dans le hall de la villa. Le but étant d’échapper à tout membre du personnel, tels des agents secrets. « Eh tu sais quoi…. ». Lui dis-je pour la lancer dans ce jeu enfantin afin de lui redonner encore une fois le sourire. « Les espionnes devraient porter du rose…. ça fait un peu panthère rose tu vois…. c’est fluide comme tenue, puis quand même sexy ». Une petite taquinerie avant que elle me tire vers un recoin car une personne passait pas très loin. J’étais là, silencieux avec le la petite assiette toujours en main. Sans couvert c’était moins idéal pour en manger. Elle guettait que la voie soit libre et en attendant je lui proposais à voix basse « T’as même pas encore goûté… tu devrais il est bon… et assorti à ta tenue en plus ». Non je ne la comparais pas à un marshmallow mais je la taquinais simplement, comme d’habitude.

« C’est bon y’a plus personne ? » demandais-je à la belle qui avait une meilleure visibilité. J’étais impatient de découvrir diverses pièces de cette immense villa.

Emi Burton




Dernière édition par Giovanni Caruso le Jeu 28 Déc - 1:42, édité 1 fois
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Sujet: Re: When in Positano.... ( le Mer 27 Déc - 18:33 )

 
WHEN IN POSITANO
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Je détestais me montrer faible surtout devant Giovanni. Je voulais me forger une carapace qui m'aiderait à affronter les épreuves, celles de mon passé et celles à venir. Je voulais hurler, me blâmer d'avoir été naïve. Je m'étais prise au jeu, je m'étais laissée envouter par le mariage et par la beauté de cette journée. J'en avais oublié la raison de ma présence à ses côtés. Il n'y avait plus aucune relation romantique entre nous, je me le répétais chaque jour pour que ça rentre dans mon esprit et que mon coeur comprenne. Sauf que il m'arrivait d'oublier et le retour à la réalité était douloureux. Ma crise de panique en était la preuve. Grace à mes médicaments je me calmais doucement mais mon état émotionnel était au delà du minable. Je voulais me cacher dans un trou, seule avec ma peine et ça encore ça ne me ressemblait pas. Je ne me reconnaissais pas dans cette attitude lâche et faible. Je pleurais à chaque mot que je prononçais, réalisant encore une fois à quel point je l'aimais. J'étais certainement brutale dans mes paroles mais sous le coup de la peine et de la colère je ne réfléchissais plus avant de parler. Je voyais sa propre douleur dans ses yeux, dans sa façon de réagir à mes accusations et ça me rendait un peu plus malade. Je ne savais pas comment me sortir de cette situation sans que le semblant de relation que nous avions encore n'en pâtisse. "It doesn't matter anymore. I don't want this to happen again. I won't let it happen again." Même si pour cela je devais rompre définitivement tout lien avec Giovanni pour que ça soit possible. Mais cela je le gardais pour moi. Je n'avais pas le droit de lui gâcher d'avantage sa soirée. J'allais reprendre mes esprits et profiter de ces instants tout en sachant que ce serait certainement les derniers à ses côtés.
Il me laissa le temps de sécher mes larmes et de me refaire une beauté pour ne pas attirer l'attention sur moi. Nous retournâmes à la soirée et personne ne s'occupa plus de nous. Le repas fut exquis, la musique et l'ambiance me permirent d'oublier les tourments précédents et je m'amusais vraiment. Le calmant faisait encore effet m'empêchant de m'effondrer, ça m'était d'une grande aide. Au moment du dessert, Giovanni me proposa d'aller faire un tour du propriétaire sans que personne ne nous voit. "Tu es pire qu'un enfant. Mais je te suis." Je me prêtais au jeu, couvrant nos arrières pour ne pas nous faire remarquer pendant que Gio nous guidait à travers les allées. Il avait pris son assiette de dessert avec lui en guise de provision ce qui m'avait fait lever les yeux vers le ciel. Je n'avais jamais vu un homme plus gourmand que lui. Heureusement qu'il était très sportif, sinon son pauvre corps en subirait les conséquences. Je pris un morceau de gâteau alors qu'il me tentait depuis un moment pour que je le goute. Je me léchais le doigt en savourant le goût exquis de la pâtisserie. "Je retire ce que j'ai dit plus tôt. Tu as bien fait d'emmener à manger." Je vérifiais que le couloir que nous voulions prendre était désert puis pris la tête des opérations. J'avançais doucement, comme je l'avais vu faire dans les films, regardant devant et derrière moi, à l’affut du moindre bruit de pas. Nous passâmes devant une porte et je voulus savoir ce qu'il y avait à l'intérieur. Je l'ouvris doucement pour vérifier que personne n'était à l'intérieur. Comme je n'entendais rien, j'entrais et refermais la porte derrière Giovanni pour qu'on ne se fasse pas repérer. La pièce était immense et il n'était pas difficile de deviner qu'il s'agissait de la chambre nuptiale vu l'immense lit, les pétales de roses disposées un peu partout, la coupe de champagne dans un saut prête à être sabrée et la vue magnifique depuis le balcon.
"Waouh, c'est magnifique." Nous ne devrions pas rester trop longtemps ici, c'était un lieu intime mais en même temps c'était tellement beau. J'avançais vers la baie vitrée qui menait à la terrasse. Le paysage était assombri par la nuit mais nous pouvions distinguer la mer au fond ainsi que la verdure luxuriante des jardins. "C'est un vrai paradis. Presque irréel." Je me perdis dans mes pensées, rêvant d'une autre époque, d'une autre vie, où je me tenais à cette même place mais je portais une robe blanche avec de la dentelle fine, un voilage ravissant me tombait des cheveux. J'observais le dehors alors que l'homme fraichement devenu mon mari s'approchait de moi pour me prendre par la taille et embrasser mon cou. Je secouais la tête pour revenir à la réalité et me tournais vers Giovanni. "Nous devrions partir, il y a encore plein d'endroits à voir."



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