Revenir en haut
Aller en bas


 

- (flashback) no man's land - teobaldo & nato -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Voyager dans le passé
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Nato Leonelli10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://ciao-vecchio.forumactif.com/t1327-rather-a-dangerous-free http://ciao-vecchio.forumactif.com/t1330-walk-the-line-nato
ID : camille, tennessee
Faceclaim : chris evans + vinyle idylles
Messages : 120 - Points : 367
Âge : 31 ans et le 2 janvier tu auras un an de plus
Métier : cuistot dans un vieux resto cherchant désespéremment quelque chose d'autre, n'importe quoi d'autre
Sujet: (flashback) no man's land - teobaldo & nato ( le Lun 16 Oct - 0:08 )
Allongé sur le dos Nato Leonelli regardait le plafond. Il en connaissait absolument chacune des irrégularité, chaque fissure, chaque tâche, chaque poussière ancrée dans le béton. Il avait tant de fois fixé ce plafond, et pendant tant de temps. Il avait perdu le compte des jours. Au début il s'était accroché, se repérant grâce aux plateaux repas qu'on lui apportait chaque jour. Il avait d'abord tenté de garder le compte des jours, il tâchait le mur, grattant jusqu'à créer une petite fissure. Mais finalement il avait arrêté de compter. A quoi bon ? Il ne sortirait jamais. C'était du moins le sentiment qu'il avait. Après tout il était flic. La moitié des mecs dans cette prison étaient là par sa faute après tout. Un pied dans la prison et il risquait le coup de couteau, ou de brosse à dent bien taillée ou tout simplement le passage à tabac jusqu'à ce que mort s'en suive. Au bout d'un moment il s'en était convaincu. Il s'était persuadé que cette cellule isolée, cette solitude permanente, était ce qu'il lui fallait. Après tout c'était bien pour ressasser ses idées noires. Pour faire le deuil de son fils et se flageller pour toutes ses erreurs. Mais finalement on était venu le chercher. Au bout de presque un an peut-être, Nato n'en savait rien à vrai dire, et en toute honnêteté il s'en fichait. Quelle importance? On l'avait laissé évoluer dans le quartier haute sécurité de la prison pendant une semaine. Pour que les autres détenus s'habituent à sa présence. Mais en vérité les autres détenus se fichaient de lui. Il se contentait de rester assis en silence, le regard perdu dans le vide. Il mangeait quand on lui donnait son plateau, il dormait quand on le remettait dans sa cellule, c'était tout. Alors au bout de quelques jours on l'avait balancé dans une cellule "normale". Il fallait faire de la place à l'isolement sûrement. Mais voilà qu'il se retrouvait dans une cellule inconnue, avec un co-détenu. Il n'était plus seul à présent. Plus physiquement en tout cas. Pourtant il restait mué dans le silence. Mais après tout ce temps, même Nato ignorait si c'était pas conviction ou simplement par habitude. C'était presque comme s'il avait oublié comment parler. Presque. Après tout les gardiens lui menaient la vie dure, et ils se voyait toujours obligé de lâcher deux ou trois mots. Mais à part ça, ses cordes vocales avaient été reléguées au second plan.

Un gardien poussa Nato vers sa nouvelle cellule. Nato se laissa faire. Il ne voulait pas avoir de problèmes. Il fit quelques pas et fit son lit machinalement sur la couchette du haut - la seule de libre si l'on en croyait l'homme installé sur celle du bas. Une fois le lit fait il s'approcha de la lucarne. Elle ne devait même pas faire trente centimètres sur trente, mais c'était suffisant pour voir l'extérieur. Nato n'avait pas vu l'extérieur depuis une éternité, il se perdit dans la contemplation de ce monde hors de sa portée. Ce n'était pas pire que de fermer les yeux et revoir son fils mourir entre ses bras. Autant regarder le soleil se coucher sur une terre qu'il ne pourrait plus fouler avant un long moment. Neuf ans à tirer encore. Huit, peut-être sept avec de la chance s'il bénéficiait d'une liberté anticipée. Mais c'était inutile de penser à tout ça. A quoi bon ? Nato ne voyait plus aucune utilité à rien en vérité. Pas même à sa propre vie, même s'il n'était pas encore arrivé au stade irréversible qui le pousserait à faire tout s'arrêter une bonne fois pour toute. Pourtant s'il voulait prendre cette décision c'était maintenant ou jamais. Bientôt sa mère et ses soeurs viendraient lui rendre visite et il se sentirait obligé de tenir pour elles. Pour sa famille. Nato laissa alors échapper un long soupir, le regard toujours perdu vers l'horizon.

@teobaldo del toro j'espère que ça ira
sinon je pourrais modifier bien sûr
Revenir en haut Aller en bas
Teobaldo Del Toro10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://ciao-vecchio.forumactif.com/t592-killing-in-the-name-of http://ciao-vecchio.forumactif.com/t637-sometimes-the-most-special-are-the-most-lonely
ID : Bone_echo
Faceclaim : Joaquin Phoenix † bone_echo ; sign Solosand
Multi-comptes : O-zizi ; Magmar
Messages : 453 - Points : 654

Âge : 42 y.o
Métier : Padre Del Toro. Homme de Dieu excommunié. Déchu. Disgracié. Détenu pendant de longues années pour sortir en tant que chômeur.
Sujet: Re: (flashback) no man's land - teobaldo & nato ( le Jeu 16 Nov - 9:14 )
Les matraques se cognent avec force sur les tables du réfectoire. La masse d'hommes en tenue de détenu se sépare laissant un homme au sol. Un homme en sang passé à tabac. Pour quoi ? Juste pour le plaisir de se défouler. Juste pour le plaisir ?! Teobaldo fixe l'homme, le cœur se serrant mais son corps ne bouge pas d'un centimètre. Parce que les gardes le remettraient à sa place. Parce que les autres détenus lui feraient regretter d'être intervenu. Pourtant, il aimerait intervenir. Il aurait aimé car l'homme à terre, c'est souvent lui. Le prêtre assassin. Le traître. Alors il essuie à chaque fois le blasphème de son acte à coup d'intimidations, de coups de poing, d'humiliations. Le pire dans tout cela, c'est que le prêtre ne piffe pas mot. Ne lève pas le petit doigt. Il porte sa croix en serrant des dents, certain de mériter ces traitements. Comme à chaque bordel sanglant, la pause déjeuner s'écourte et tout le monde est sommé de retourner à sa cage comme une bête obéissante. Teobaldo suit le troupeau sans piper mot, la tête basse. La tête de celui qui ne veut pas se faire remarquer. Celui qui veut être invisible. Alors il rentre dans sa volière sans broncher et part s'enfoncer dans son lit d'infortune, se tournant vers le mur pour ne pas avoir la vue sur le reste de sa cellule. Sous son matelas inconfortable, ses mains cherchent un réconfort. S'extirpe de sa cachette les lettres de Tosca qu'il relit pour se donner du courage. De la paix dans ce monde de violence et de crachat. Sa lecture est aussitôt interrompue par la porte du cachot qui s'ouvre. Un regard par dessus son épaule et il voit que le lit d'en haut à trouver un nouvel propriétaire. L'ancien prêtre retourne à sa solitude alors que le nouveau venu entre et s'installe avant de se poser à la fenêtre. Le silence s'installe si ce n'est coupée par un long soupir. Par expérience, le brun n'entame aucune discussion car il a eu trop de mauvais expérience et que de toute façon, la prison, il l'a bien compris. C'est du chacun pour soi.

« Mon père ? » Un souffle venant de la cage d'à côté. « Mon père ? S'il vous plaît ! J'ai besoin de vous parler » Teobaldo se retourne légèrement. L'envie de l'ignorer est là car il ne se sent plus Père. Plus vraiment. « Mon père ! S'il vous plaît » Hélas, l'homme n'est pas aussi dur qu'il aimerait. Son cœur encore tendre. Encore sensible à l'être humain. A sa détresse. Sa carcasse quitte son lit et se colle aux barreaux, laissant sa main dépasser. « Je suis là, Hector » « Mon père, merci ! Merci. Bénissez-moi encore, s'il vous plaît. J'ai besoin de paix dans mon coeur » La main d'Hector saisit la sienne. « Hector, tu sais bien que je ne suis plus prêtre. J'ai été excommunié » « Mais la prêtrise vous a été accordée. Il ne peut être repris que par Dieu lui-même » Teobaldo serre les dents alors qu'il sait, en son fort, que Dieu le lui a déjà repris au moment même où il asséna son premier coup de poignard. « Hector, je ne peux pa... » « Pitié, mon père. Pitié ! » Sensible aux supplications, l'homme se force et ouvre la bouche pour utiliser sa prêtrise qui ne vaut plus grand chose mais l'apparition d'un garde lui coupe vite la parole. « Qu'est ce qui se passe ici ? Arrière !! » Pour accentuer ses mots, le geôlier sort sa matraque et frappe contre les barreaux. Ne se privant pas de frapper au passage les mains entrelacés des deux hommes. « Encore entrain de donner des bénédictions ?! Tu n'es plus prêtre, Del Toro ! » Le garde passe ses mains à travers les barreaux et saisit le col de Teobaldo. « Tu n'es qu'une p'tite merde, maintenant, sale assassin ! » Ponctuation de ses dires : il pousse l'ancien prêtre en arrière lui faisant perdre l'équilibre. Le brun se cogne à son nouveau voisin de lit et l'entraîne dans sa chute malgré lui. Le geôlier, lui, repart en rigolant sans demander son reste. « Je suis désolé » Qu'il souffle le Del Toro sans même regarder son voisin. Par pudeur. Par honte. Par culpabilité. « Est-ce que ca va ? Tu t'es pas fait mal ? » Parce que malgré tout, il reste ce qu'il est Teobaldo, quelqu'un d'attentif à autrui. Quelqu'un qui fait comme s'il s'enfout mais qui ne s'enfout jamais réellement. Se relevant, il tend sa main à cet autre. Lui propose son aide en sachant qu'en faisant cela, il signe peut-être aussi le début de représailles.

@Nato Leonelli C'est parfait pour moi
Désolée du retard de ma réponse



What have I become
My sweetest friend?

I wear this crown of thorns upon my liar's chair, full of broken thoughts I cannot repair. Beneath the stains of time, the feelings disappear. You are someone else. I am still right here © signature by anaëlle.
Revenir en haut Aller en bas
Nato Leonelli10 sec en bouche et 10 ans sur les fesses
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://ciao-vecchio.forumactif.com/t1327-rather-a-dangerous-free http://ciao-vecchio.forumactif.com/t1330-walk-the-line-nato
ID : camille, tennessee
Faceclaim : chris evans + vinyle idylles
Messages : 120 - Points : 367
Âge : 31 ans et le 2 janvier tu auras un an de plus
Métier : cuistot dans un vieux resto cherchant désespéremment quelque chose d'autre, n'importe quoi d'autre
Sujet: Re: (flashback) no man's land - teobaldo & nato ( le Mer 6 Déc - 16:32 )
Nato n'est plus un homme, il n'est plus un être humain. Il n'est qu'une enveloppe charnelle vide, vidé de son essence. Il n'est plus rien. Nato n'a plus de raison de vivre et pourtant il est là, il respire, le regard perdu vers l'horizon, le regard perdu sur une terre qu'il ne pense plus pouvoir fouler, ni aujourd'hui ni demain. Il n'espère plus rien, il n'attends plus rien de la vie. C'est pathétique ? Peut-être. Mais que dire d'un homme qui a tout perdu ? Sa femme, son fils, sa famille, son travail, sa liberté. Nato n'a plus rien qu'un coeur qui bat et qu'il voudrait arracher de sa poitrine pour ne plus avoir à ressentir quoi que ce soit. Parce que malgré ses efforts il pense, il réfléchit, il se souvient et il aime. Parfois il aimerait juste mourir et que ce cauchemar prennes fin, qu'il soit réuni avec son fils. Soudain il tombe. Nato n'a rien vu venir, il faut croire qu'il n'est pas très accroché à la réalité. Il voit une main tendue, un homme s'excuse. Il accepte la main tendue et se relève. "Merci." dit-il d'une voix rauque. C'est le premier mot qu'il dit depuis... depuis quand déjà ? Quand est-ce qu'il a parlé à un autre être humain déjà ? Il ne sait plus. Il ne se souvient pas. Il s'éclaircit la gorge et pose enfin un regard sur l'homme, le co-détenu. Ses mains sont rouges, sûrement sous un choc. Et il semble avoir plusieurs blessures certaines plus anciennes que d'autre. Un bourreau ou une victime ? Le regard de Nato est soudain attiré par une croix discrète autour du cou de l'homme. "Vous êtes croyant ?" demanda Nato sa voix toujours aussi rauque, il n'était plus vraiment habitué à converser. Il se souvient vaguement avoir entendu le mot "prêtre" ou alors "mon Père"? C'est un peu confus dans sa tête, mais il est pratiquement sûr d'avoir entendu ça. "Vous croyez qu'un homme qui a fauté peut quand même aller au Paradis ?"

HJ:
 
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Sujet: Re: (flashback) no man's land - teobaldo & nato ( le )
Revenir en haut Aller en bas
 
- (flashback) no man's land - teobaldo & nato -
CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Voyager dans le passé
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Autour de Naples :: Voyager dans le passé