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- [Terminé] Is this a goodbye ? -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Hôpital de Pellegrini
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Sujet: [Terminé] Is this a goodbye ? ( le Jeu 12 Oct - 14:56 )
Is this a goodbye ?
Amara & Giovanni


play : Too good at goodbyes

J’avais reçu un message de la reporter qui me faisait savoir qu’elle ne voulait pas que j’aille la voir. Ou plutôt qu’elle se refusait de me voir. La semaine précédente, nous avions pourtant pu discuter de tout en passant un peu de temps ensemble et je l’avais vu une fois depuis celle où j’étais resté dormir. nous essayions de lui rendre visite tour à tour, à rythme régulier sans précipiter quoi que ce soit ni être étouffant. Mais il est vrai qu’après tant d’absence, de souffrance ressentie par ses proches, sa famille et moi-même, ce que nous pouvions qualifier de miracle était si extraordinaire et inattendu qu’il était impossible de ne pas vouloir être là pour compenser tout ce temps où elle était seule, en danger, presque abandonnée. Un sentiment de culpabilité, de peur, d’affection sincère, de douleur, d’espoir…. tout ce mélange faisait qu’on était là. J’avais d’ailleurs pu, la semaine précédente, prendre un café sur une petite placette de la ville, avec Stella, sa mère et Peter, son père. Nous étions restés en de bons termes. Bien que le temps et les circonstances avaient parfois ralenti et réduit les instants partagés. Nous nous étions tous soutenus pendant bien longtemps et prenions de nos nouvelles, respectivement. Toutes ces années, je continuais à leur adresser mes vœux de fin et début d’année. Puis j’encourageais Rafael dans ses démarches. Ce dernier avait commencé à plonger dans l’alcool et ne l’avouant à personne de son entourage, je le soutenais à distance. J’avais été le premier informé de sa réunion chez les A.A. C’était un type entier qui ne méritait pas de sombrer. J’appréciais toujours ce beau-frère que je considérais un peu comme tel encore aujourd’hui. Enfin, en quelques sortes.

En assumant cette proximité avec la famille de Amara, je ne pouvais me résigner à ne plus la voir à cause d’un simple message. Elle pouvait avoir toutes sortes de réactions après-tout. Dire des choses qu’elle pense vraiment ou d’autres auxquelles qu’elle ne voulait pas dire, dans le fond. J’avais extrêmement conscience de cette situation qui était inédite pour nous tous et encore une fois, nous en avions un peu discuté avec les parents qui eux, seraient toujours du côté de leur fille. Si elle voulait définitivement m’exclure, alors ils suivraient la décision de la jeune femme. Dans le cas contraire, s’ils savaient que j’étais quelqu’un de bien avec de bonnes intentions, alors ils me laisseraient. A la fois je sondais ce qui était bon de faire, et d’un autre côté mon instinct m’avait toujours guidé avant la réflexion. D’où le fait que, je quittais la maison, après avoir longuement discuté avec la secrétaire d’accueil qui elle, avait joint les personnes ayant un pouvoir ‘de décision’. J’avais en effet prévu quelque chose étant donné que Amara m’avait tenu informé de l’évolution de ce qu’elle pouvait ou ne pouvait pas faire. A propos d’évolution, il y avait aussi du nouveau, des examens médicaux complémentaires avaient du être faits la veille. Les résultats étaient probablement tombés le matin. Pourquoi ça m’importait tant que ça ? Pourquoi avais-je fumé une cigarette sur le parvis de l’hôpital avant d’entrer dans le bâtiment ? Pour calmer mes nerfs ? Pour essayer de ne pas stresser ? Même si… j’étais avec une autre personne à présent, même si j’avais avancé et débuté un nouveau chapitre de ma vie, tout ce qui se rapportait à la santé de cette femme qui avait compté énormément pour moi (et qui comptait toujours) me touchait, je me sentais inexplicablement concerné. Peu importe si c’était normal ou non. Peu importe si j’étais ou non à ma place. Je ne me rendais pas compte de ce qu’on pouvait penser, vu de l’extérieur mais l’opinion des étrangers ou de l’entourage un peu éloigné m’était égal. Complètement.

Elle aurait pu m’écrire encore 5 messages me disant que ça ne servait à rien que je sois là, me demandant de partir, de ne plus revenir, il me fallait en avoir le cœur net et venir par moi-même. L’écouter me le dire en face. Quelque part, au fond de moi, j’avais cette minime crainte qu’elle me le dise, en le pensant réellement mais je n’y étais pas, et j’aviserai en temps voulu. Je jetais alors le mégot dans la poubelle prévue à cet effet, restait prendre un café dégueulasse dans la machine qui se trouvait dans le hall, silencieux, quelques minutes avant de retrouver cette dame eue au téléphone un peu plus tôt; pour lui expliquer le contexte et ce que j’avais prévu. Cela fit débat une bonne vingtaine de minutes et je croisais une autre infirmière du service qui faisait, heureusement pour moi, preuve de compassion. Satisfait de cette réponse positive, je prenais ainsi les marches afin de rejoindre l’étage où se trouvait la chambre 216. Une fois, je pris une pastille de menthe afin de faire passer cette odeur désagréable de cigarette (et ne pas me faire réprimander par Amara qui détestait ça), j’enlevais ma veste qui peut-être était imprégnée de cette odeur de tabac et toquais à la porte. Puis je pénétrais dans ce couloir et délaissais cette veste sur la poignée de la salle de bain avant d’entrer dans la partie chambre que je commençais à connaitre maintenant. « Hey… » dis-je pour la saluer. « … c’est très difficile de convaincre les personnes têtues, tu dois savoir ça… » évoquais-je sans penser que cela pouvait également s’appliquer à elle. Là je saisissais le tabouret de l’autre côté de la table de chevet et venais me positionner près de son lit pour lui parler tranquillement. « Je ne pouvais pas rester chez moi, je voulais vraiment être ici, je sais ce que je fais » dis-je pour répondre à son SMS de vive-voix. « Maintenant…. je ne veux pas être pour toi une source d’énervement, de stress ou de dérangement.  Mais je préférerais qu’on en parle, tu ne crois pas ? ».  J’avais passé un bon moment la dernière fois que j’étais venu et avais quelque part envie recommencer.

N’osant pas trop aborder le sujet mais sachant qu’il fallait le faire, je marquais un temps de pause quelques secondes avant de la regarder droit dans les yeux, et lui demander ce dont elle voulait me parler. Enfin, si elle le voulait toujours. Je n’avais pas pu être là par le passé, mais maintenant que je le pouvais, j’avais l’intention de faire au mieux.

Emi Burton


Circuit 2 - Devinette 3 : Je suis la première partie d'un programme découpé.




Dernière édition par Giovanni Caruso le Ven 13 Oct - 20:30, édité 2 fois
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Sujet: Re: [Terminé] Is this a goodbye ? ( le Jeu 12 Oct - 16:58 )


   
   
is this a goodbye ?
Giovanni & Amara

   

"Vous êtes sûre ? Je pourrais lui faire barrage ou trouver une raison médicale pour l'empêcher d'entrer s'il faut.." La détermination de Chiara me fit sourire. Depuis mon arrivée dans cet hôpital c'était avec elle que je m'entendais le mieux. Au point même où j'avais bonne espoir qu'on devienne amies, même après mon séjour ici. J'arrivais facilement à me confier à elle, tellement qu'elle savait toute l'histoire de ma vie ou presque. Elle passait facilement deux heures par jour dans ma chambre entre mes traitements, mes pansements et les soins divers. Alors forcément, ça rapprochait deux personnes. Aujourd'hui particulièrement, je lui avais fait part de ma nervosité. J'allais revoir Giovanni cet après-midi et je ne savais pas du tout comment j'allais gérer sa présence. Je lui avais demandé via texto de ne plus venir me voir parce que je ne supportais plus la situation, de le savoir déchiré entre moi et sa copine actuelle, Astrid, prénom que j'avais découvert par moi même en fouinant sur les réseaux sociaux. Voir toutes ces photos qu'ils partageaient ensemble, tous ces endroits qu'ils fréquentaient, tous ces souvenirs qu'ils se créaient.. je n'avais pas réussi à avaler quoi que ce soit depuis la veille. Même pas le petit déjeuner qui était de loin le meilleur des trois repas de la journée. J'avais l'estomac noué et je savais que plus l'heure de visite arrivait, plus j'allais être stressée et nerveuse. "Amara ? Vous êtes avec moi ?" Je croisais le regard de Chiara et secouai la tête pour reprendre mes esprits. "Oui c'est juste que.. non c'est gentil, je vais bien devoir l'affronter à nouveau à un moment donné. Et puis à sa place je réagirai de la même façon.. je suppose." Je soupirais et me redressais dans mon lit. J'avais commencé les séances de kinésithérapie depuis la semaine passée et je pouvais maintenant m'assoir au bord de mon lit sans aide et sans perdre l'équilibre. Avec l'aide de quelqu'un, je pouvais me lever et tenir quelques secondes debout mais je n'avais pas encore la force de marcher. Je faisais les exercices que le kiné m'avait appris à chaque fois que j'en avais l'occasion pour me remuscler et retrouver la souplesse de mes mouvements. J'étais bien obligée de faire preuve de patience même si je trouvais que mes progrès étaient encourageants. Mes blessures cicatrisaient bien aussi. D'après les médecins, je n'aurais pas besoin de greffe de peau sur mes bras, j'aurais cependant des cicatrices à vie. Si je continuais à m'alimenter correctement - une des clés d'une bonne guérison des plaies, je n'aurais plus de pansement d'ici la fin du mois. Ce serait déjà une bonne étape parce que la réfection quotidienne de mes bandages me faisaient encore souffrir. La peau était à vif par endroit et à chaque fois qu'on ôtait les compresses qui s'était collées à la peau, je grimaçais de douleur. Pourtant je ne me plaignais jamais, ce n'était pas mon genre. Alors je serrais les poings et comptais dans ma tête jusqu'à 100 pour me concentrer sur autre chose. "Si vous changez d'avis, vous pouvez compter sur moi." Je remerciai l'infirmière que j'appréciais de plus en plus puis la laissais vaquer à ses occupations auprès des autres patients.

Le reste de la matinée était passé assez rapidement. Je m'étais occupée, j'envoyais quotidiennement des nouvelles à ma famille ainsi que les nouveautés sur mes examens s'il y en avait. J'avais appelé ma mère dès que le médecin m'avait donné les résultats de mes tests de stérilité. J'aurais aimé qu'elle soit à mes côtés à ce moment là mais il était déjà tard et les visites n'étaient plus autorisées. Je n'avais pas beaucoup dormi par la suite, incapable de penser à autre chose que ça. Quand enfin le sommeil avait pris possession de moi, j'avais fait des cauchemars. Mais je ne pouvais pas dire s'il s'agissait de souvenirs ou de mon imagination suite aux résultats. Puis enfin l'après-midi arriva et avec elle, l'heure des visites. Je lisais un livre, ou en tout cas j'essayais de me concentrer pour le lire, quand Giovanni entra dans ma chambre. Je posais le roman sur la tablette à côté de moi et croisai enfin son regard. Pour être têtu, il l'était. Mais il avait l'avantage puisqu'il pouvait faire ce qu'il voulait de son corps, contrairement à moi. Je le laissais s'assoir près de moi, ne sachant toujours pas quoi dire. Je me débarrassais du drap qui recouvrait mon corps et m'assit au bord du lit, près de lui. Je portais un legging ainsi qu'un t-shirt ample qui cachait mon état cachectique. Je soufflais pour reprendre mon souffle après l'effort puis pris mon courage à deux mains et croisais à nouveau son regard. "Tu as refait ta vie, tu en aimes une autre, tu as des projets avec une autre. Moi je suis là à me battre chaque jour pour remarcher et à chaque fois que je pense à toi j'ai mal. Parce que je t'aime toujours, que pour moi notre histoire n'a pas eu de point final et que ça me rend malade d'être loin de toi. Mais quand tu es près de moi, je t'imagine avec elle et ça aussi ça me rend malade." Je détournai le regard le temps de laisser couler les larmes qui avaient envahi mes yeux. Je les laissais couler, honteuse de me montrer faible devant lui mais en même temps il était temps que les choses soient dites non ? "Au début j'ai gardé l'espoir que tu la quitterais pour revenir vers moi. Mais je me rends bien compte que ce n'est pas juste ni pour toi ni pour elle." Je ne cesserais pas pour autant de l'aimer parce que c'était tout simplement inconcevable pour moi. Il était et serait toujours l'homme de ma vie, même si ce n'était pas réciproque. J'essuyai les larmes sur mes joues et soufflais pour me calmer. "Je sais que tu veux savoir si je pourrais un jour avoir des enfants. La réponse est oui." Le soulagement se lisait sur son visage mais je n'avais pas fini de parler. Il voulait savoir la vérité et ce n'était qu'une part de la réponse. "Par contre... ce sera difficile. Parce que j'ai fait trois fausses couches ces dernières années. Dont je ne me rappelle pas et heureusement. Ça, plus les viols.. font que je risque d'avoir beaucoup de mal à tomber à nouveau enceinte un jour." Je lui épargnais les détails sordides de ces trois accouchements dont quelques séquelles persistaient dans mes entrailles, ça ne le concernait plus vraiment aujourd'hui. Je posais mes mains sur le matelas, à côtés de mes jambes pour me maintenir droite. "Voilà tu sais tout. Maintenant je ne te retiens pas plus longtemps. Ta vie se trouve en dehors de cet hôpital. Tu mérites d'être heureux plus que quiconque.." ouais c'était un adieu. Mais si je ne le disais pas maintenant, je ne le lui dirais plus jamais. Je préférais profiter du fait qu'il soit choqué par mon annonce pour lui dire tout ce que j'avais sur le coeur. Parce qu'il n'avait pas besoin d'avoir de la peine, mon coeur était suffisamment brisé pour deux.

   ©TENNESSEE.


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Sujet: Re: [Terminé] Is this a goodbye ? ( le Ven 13 Oct - 1:31 )
Is this a goodbye ?
Amara & Giovanni


play : Hate u, Love u

Nerveux mais essayant de le masquer même si elle me connaissait par cœur après toutes ces années, j’étais assis tout près du lit, toute ouïe. Je n’étais pas une personne refusant le dialogue et me fermant à tout échange. Le fait que j’agisse plus souvent en premier lieu, avant de penser ne signifiait pas qu’on ne pouvait pas se confier à moi, parler ouvertement sans que je n’écoute. Au contraire. Je pense d'ailleurs que c’était ce qui faisait que notre relation fonctionnait, entre Amara et moi. D’accord nous avions beaucoup de divergences mais c’était ça aussi la vie, avoir des opinions différentes, des débats, des discours. C’était enrichissant de pousser l’autre à expliquer le fond de la pensée, argumenter et puis se disputer pour ensuite se réconcilier. Sur d’autres points, nous étions complètement sur la même longueur d’onde, complices pour tout et cela pouvait rendre certains jaloux. Alors oui, elle pouvait me dire absolument tout ce qui lui passait par la tête, me parler avec une franchise déconcertante, sans filtre. Tout me dire que ça soit blessant ou non. Que ça soit difficile à entendre ou insupportable. Et c’est d’ailleurs pour cette raison que j’appréhendais la revoir après un tel message.

Finalement j’étais le premier à ouvrir le dialogue pour lui permettre de ‘vider son sac’ et de me dire honnêtement ce qu’elle avait sur le cœur. Elle n’y alla pas par quatre chemins et attaqua d’emblée. Ses paroles étaient tranchantes, dures à entendre car je réalisais que ça lui faisait du mal, que je sois là. Une douleur qu’on causait à l’un et à l’autre sans le vouloir. Elle m’aimait toujours. Et c’était dur à entendre car elle pensait que… tout était fini en dépit d'une histoire dont la fin avait été erronée, arrachée. Cette affection unilatérale est, pour tout être humain normalement constitué, invivable au bout d’un moment. On tolère, on supporte … et on craque. Pour beaucoup la solution serait d’obtenir ce qu’on désire, ou de couper les ponts. Et là, ce qu’elle me demandait, c’était d’arrêter tout ça. Que l'on se voit. Au fur et à mesure qu’elle parlait, quand bien même le ton employé était neutr et non-agressif, on m’aurait foutu sur la tronche ou assaillit de coup de poings, ça aurait eu le même effet. Pire même. Ses propos se rapprochaient plus d’une sensation d’un couteau qu’on enfonce dans la poitrine, juste au niveau du cœur. C’est encore pire.

En même temps, je comprenais ce qu'elle me disait, mais je n’avais pas envie d'obtempérer. J’étais certes très mal de lui provoquer cette sensation affreuse, mais depuis son retour, je ne cessais de penser à elle constamment. Je m’inquiétais des progrès qu'elle pouvait faire même à échelle réduite, je m’inquiétais de savoir si elle mangeait à sa faim ou de savoir si on s’occupait bien d’elle, si elle avait peur, si elle était triste ou même déprimée. Tout m’importait. Que je la vois ou non comme à sa demande, ça ne m’empêcherait pas de penser à elle coûte que coûte. Et de m’inquiéter. Encore plus même, comme je ne pourrais constater par moi-même comment elle se sentait. Ma gorge était toute aussi nouée que la sienne et voir cette larme s’accaparer de cette joue sur laquelle mes doigts avaient, à de multiples reprises parcouru le contour, où mes lèvres s’étaient posées de nombreuses fois; cette même joue qui s'était calée par le passé, sur mon torse lorsqu’on passait du temps à refaire le monde en parlant au lit… toutes ces images revenaient en tête. J’avais envie de l’essuyer, cette larme, pour qu’elle cesse de tracer une route salée sur sa peau mais je ne le pouvais pas.

Je la regardais entièrement, se tenir droite sur le rebord du lit, et veillais à ce que l’équilibre ne soit pas perdu. Elle récupérait physiquement quelques forces, chaque jour mais Amara restait quand même bien fragile. Physiquement et psychologiquement. « Amara je… ». Je voulais m’excuser, de lui causer autant de souffrance par ma seule présence, mais elle poursuivit et avait bien raison. Je ne pouvais pas d’un claquement de doigts effacer toute ma vie actuelle et faire comme si ‘rien ne s’était passé’ pendant tout ce temps pour l’accueillir à bras ouverts. Enfin si, je pouvais et le voulais plus ou moins explicitement, mais visiblement ce que je faisais avait l’effet inverse. J’étais partagé entre cette vie d’avant, et cette vie présente. Astrid comptait pour moi et m’avait été d’un grand soutien. Notre relation se solidifiait au fil des mois et on était bien tous les deux. Le fait que la reporter ré-apparaisse dans ce tableau sans nuage était … comme une touche à fondre dans le paysage pour l’incorporer. Et obtenir un beau tableau d’ensemble. Lumineux. Mais c’était plus facile à dire que à faire. Nous étions humains, nous avions des sentiments. Elle s'était manifestée à cet égard, et moi, où en étais-je ?

En fait c’était très difficile d’être là, assis sans rien dire et la regarder s’écrouler. Elle était la dernière personne à qui je causerai du tort. Il fallait qu’elle aille bien, moralement parlant, pour progresser. Je voulus prendre la parole mais elle renchérit en évoquant cette fois-ci des examens tant attendus et redoutés. Je fus soulagé, instantanément au mot ‘oui’. Je soufflais doucement, heureux pour elle. Il s’agissait initialement de notre souhait à tous les deux, il y a 3 ans de cela. Elle pourrait donc réaliser son vœu d’enfanter un jour, si elle le voulait. Lui ôter cette possibilité aurait été vécu comme une sorte d’échec et l’aurait affecté encore plus. En soit, la nouvelle était bonne sauf ce qui suivit. Elle me fit part des sévices et je ne pouvais me retenir d’imaginer que, si elle n’avait pas disparu, si elle avait été toujours là près de moi, à l’heure qu’il est, elle n’aurait jamais connu ces atrocités, ces rapports non consentis, ces fausses-couches. Le fait qu’elle ne s’en souvienne pas bien était relativement une bonne chose mais je me doutais que des sensations ou souvenirs referaient surface lorsqu’elle en arriverait à avoir de nouveau un quelconque rapprochement physique avec un homme. Mon corps me faisait littéralement mal à l'idée que des hommes aient abusé d’elle. C'était intolérable dans mon imaginaire. Jamais je n’aurais laissé la moindre main se poser sur elle contre son gré. J’avais envie de me lever de rage et de frapper dans quelque chose, mais je me contenais. Mieux valait éviter tout excès de brusquerie ou de violence surtout après ce qu’elle avait connu.

P***, aujourd’hui je serais père. Si tout ça n’était pas arrivé, on aurait une famille. Mais Amara était transformée à vie, abîmée définitivement et très sincèrement, je ne pouvais pour l'instant pas admettre qu'un autre homme puisse prendre suffisamment soin d’elle. La confiance qu’elle accorderait serait primordiale et après son vécu, ce n’était pas chose évidente. « Je suis….. désolé » dis-je alors que mon regard quitta rapidement le point d’ancrage initial pour descendre vers le sol. Mes mains se posèrent de chaque côté d’elle, sur le matelas. Je les fermais en serrant le matelas. Fort. Je serrais ma mâchoire en me retenant de sortir des mots que je regretterais. En fait je ne voulais pas laisser échapper une seule larme, face à elle pour lui montrer que j’étais tout aussi blessé qu’elle me rejette ainsi. Je l’avais attendu, espéré et pendant si longtemps. Maintenant qu’elle se trouvait ici, je n’arriverais pas, même si je le voulais, à ne pas me manifester. Je ne pouvais plus vivre ma vie normalement, tranquillement tout en sachant qu’elle était ici. Et dans cet état qui plus est.

Je me redressais et passais une main sur mon visage tout en fermant les yeux. Sans la regarder je remettais le tabouret à sa place et me dirigeais vers le mur blanc de la chambre. Je voulais les coincer, nominativement, tous ces hommes dégueulasses. Je voulais me venger sans savoir comment. Evacuer une rage, une colère mais évidemment c’était un géant, ce groupuscule. Maudit AQMI. « Tre anni Amara, Tre anni cazzo ! ». Mon poing vint finalement heurter le mur d’une couleur blanche immaculée. Je tapais doucement, une fois, deux fois, jusqu’à trois, réagissant sous l’impulsion du moment. Tourné de nouveau vers elle mais encore près du mur, je sortais, les bras croisés « Come fai a dirlo ? ».

Je reprenais mes dires « Comment tu peux me dire que ma vie est en dehors de l’hôpital ? ». Ma vie… elle en faisait partie. Un pourcentage de mon existence était Amara. Elle l’avait presque toujours été et le serait toujours. Que je sois ici ou ailleurs, cela ne changerait pas. Après un reniflement, je repris un ton sérieux, plus grave. « J’aimerais qu’il y ait un mode d’emploi pour ça. Ou des personnes qui aient vécu les mêmes choses parce que franchement… Je ne sais pas comment m'y prendre ». Je m'approchais de nouveau vers elle pour rejoindre atteindre le pied du lit et poser mes mains sur la barre en métal. « … J’ai …. je n’ai rien oublié de notre histoire et un million de fois je me suis repassé cette scène en boucle, il y a quelques années, celle où j’avais la chance de te retrouver. Mais la vivre, c’est complètement différent c’est…. c’est pas une p*** d’histoire, c’est notre vie. C’est ma vie aussi tu peux le concevoir ? ».

Je restais silencieux quelque secondes, posais mon intonation avant de continuer. Quitte à vider ce qu’on avait sur le cœur, alors je le faisais moi aussi. « Tu es, un bout de ma vie Amara. Que tu le veuilles ou non. On ne peut pas déplacer les gens comme ça comme ça nous chante, comme des pions qu'on veut ou qu'on ne veut pas. Et crois moi, si je savais comment faire, pour ne pas te blesser à chaque fois que tu me vois ou pour panser tes maux, je le ferais. Je serais le premier à le faire même. Je sais que ta famille et les liens du sang, ça c’est indestructible ».

Quelques secondes plus tard, j’osais m’approcher de nouveau d’elle, en m’asseyant sur le lit, à côté. Serrant une nouvelle fois la mâchoire, ne sachant pas l’impact de ce que j’allais dire, je me lançais quand même. « Mais ça… » tout en prenant cette main encore fragile, avec la plus grande délicatesse pour la poser sur mon cœur « … ce n'est pas tout aussi fort ? ». Tant que j’étais en vie, il battrait. Il battrait pour les choses qui me provoquaient des émotions, pour les gens que j’aimais. Et là, en l’occurrence, il battait quelque part pour elle car j’avais aimé cette femme. Tellement. On n’effaçait pas ce sentiment aussi facilement. C’était différent à présent, mais je l’aimais encore.

La laissant maître de sa main, je continuais cette fois-ci mes propos tout en la regardant droit dans les yeux « Je sais que je ne pourrais pas rester sans te voir. Toi non plus. Alors …. il faut qu’on trouve un équilibre, qu’on s’approprie cette… situation. Je ne sais pas encore comment mais on n’a jamais trouvé les obstacles insurmontables à l’époque. Sans regarder directement le sommet de la montagne mais progressivement les étapes …. qu’est-ce que tu en dis ? ».

Humidifiant mes lèvres sèches après ce presque (trop long) monologue, j'ajoutais « Ce que je te propose, si tu le veux bien, c’est de respecter les horaires régulières de visite, ne les dépasser si tu ne le veux pas, t’aider dans ton rétablissement et à te focaliser sur ta progression, pour que ça aille au mieux. Je voudrais que….. je sais que ce n'est pas facile, mais je voudrais que tu ne penses pas à ma vie actuelle, mais à toi. Concentre-toi sur l’essentiel, et je m’engage à t’apporter toute mon aide. Tu n’as qu’à demander, ce qui te convient ou non… mais je t’en supplie… une dernière fois Amara... ». Je prenais sa main en insistant dans le regard pour captiver le sien qui était marron-vert selon la lumière. « Ne m’abandonne pas, pas encore une fois ». J’avais tout autant besoin de la voir à présent. De ne pas la sentir m’échapper encore une fois de peur de revivre une autre douleur comme celle de son départ. Il fallait que je m’assure, tout du long, de sa remise sur pieds. « Est-ce que tu penses que tu peux faire ça ? ». J’espérais très sincèrement qu’elle accepte. Nous trouverions tous comment gérer cette situation, au fur et à mesure. Encore une fois, il fallait improviser et s'adapter car c’était complètement inédit. Décidément, je n’étais vraiment pas doué pour les adieux. J’essayais d'être le plus réconfortant, confiant et doux possible. Il fallait qu’elle se reconstruise et je contribuerais à atteindre cet objectif.

Emi Burton


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Sujet: Re: [Terminé] Is this a goodbye ? ( le Ven 13 Oct - 14:00 )


   
   
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J'avais la conversation la plus pénible et douloureuse de toute ma vie. Je ne voulais pas le blesser mais lui dire pourquoi je ne pouvais plus l'avoir à mes côtés me semblait juste et je voulais être sincère avec lui, comme il l'avait été avec moi. Je ne voulais plus me faire d'illusion concernant notre relation, ça faisait trop mal de garder espoir. De le voir s'en aller après chacune de ses visites en sachant qu'il allait rejoindre une autre, passer la nuit avec elle, dans ses bras et faire tout un tas de choses qui m'étaient à présent interdites. Je pleurais à chaque fois qu'il me quittait, parce que je n'étais plus sa priorité. Il avait sa vie, sa copine, son business, bref il avait avancé. Moi je stagnais parce que je n'arrivais pas à me souvenir de ce qui m'était arrivé. Puis comment j'étais sensée reprendre une vie normale si celle que j'avais quitté avait avancé sans moi ? Où était ma place ? Je laissais les larmes couler, consciente de me montrer faible mais la conversation que nous avions s'y prêtait bien. Je lui avouais mes sentiments, ce que j'avais gardé pour moi jusque là. Je lui annonçais aussi les résultats de mes examens gynécologiques, ainsi que leurs conséquences. Ca ne le concernait plus vraiment mais il avait insisté pour les connaître et je lui devais bien ça. Il avait souffert de mon absence lui aussi. Je ne lui en voulais pas d'avoir tourné la page et cherché à être heureux sans moi. C'était ce que j'aurais voulu pour lui de toute manière. J'avais cependant besoin de temps et d'espace pour calmer ma peine et faire face comme la femme forte que tout le monde voulait que je sois.

Mes yeux s'embuèrent à nouveau lorsque je le vis s'énerver contre le mur de ma chambre et de parler en italien. Je comprenais très bien ce qu'il disait, j'avais eu l'occasion d'apprendre sa langue depuis notre rencontre. Il poursuivit en anglais, s'énervant contre ma façon de voir les choses. J'avais conscience que la situation était inédite et c'était bien ça le problème. Personne n'allait me dire comment je devais me comporter ni ce que je devais ressentir. Personne n'allait m'aider à me sentir à ma place ni m'aider à avancer malgré tout. Ma priorité devait être ma guérison physique, sur ce plan là j'avançais doucement mais surement. Par contre mes sentiments étaient sans dessus dessous et je me sentais constamment mal, incapable de décrire ce malaise qui s'était installé en moi. Je ne faisais que l'écouter me donner son point de vue, sa vision des choses. Il s'installa finalement à côté de moi et lorsqu'il posa ma main sur son coeur je laissais échapper un sanglot. Ses mots j'avais rêvé les entendre à nouveau dans d'autres circonstances, qu'il me dise qu'il m'aimait et que tout allait s'arranger. Que nous allions faire face ensemble, comme toujours, que le passé ne serait pas un obstacle pour construire notre avenir. L'avenir que je voulais de tout mon coeur.

J'agrippais son haut quand il libéra ma main, incapable de le lâcher maintenant que je le touchais et qu'il était si proche de moi. Il tenta de me proposer une solution, de me faire changer d'avis et de rester dans ma vie malgré tout. Je m'apprêtais à rétorquer qu'il devait me comprendre, que c'était trop dur d'être séparée de lui, que chaque départ me brisait le coeur un peu plus. Mais il reprit ma main dans la sienne et me demanda de ne plus l'abandonner. Message subliminal sur ma mauvaise décision d'il y a trois ans, qui avait provoqué tout ce merdier. Que pouvais-je bien dire à cela ? Je me laissais aller dans ses bras, nichant ma tête dans son cou en pleurant encore. Je n'avais jamais versé autant de larmes de ma vie. J'étais à fleur de peau et complètement ravagée, il était la raison de ma peine, même si dans ses bras, je me sentais aussi protégée et en paix. "Sers moi dans tes bras Gian." J'avais besoin de cette parenthèse de douceur et de tendresse. Il n'était plus mon homme, mais l'espace d'un instant je voulais oublier notre situation chaotique et simplement sentir sa force contre moi. Je fus envahie par son odeur, celle qui le caractérisait et qui me rassurait. Il portait toujours le même parfum, celui qui m'avait fait tant d'effet des années plus tôt.

Spoiler:
 

"Je ne sais pas quoi faire..." finis-je par dire après ce qui me semblait être une éternité. J'avais la voix rauque d'avoir autant pleurer. Mes yeux devaient être bouffis et rouges mais ce n'était pas le moment de me préoccuper de mon apparence. Je reniflais une dernière fois puis quittais à regret son cou pour essuyer mes larmes. Je savais que d'autres aller encore venir mais pour le moment, je profitais du répit pour m'exprimer. J'avais toujours sa main dans la mienne, je la serrais aussi fort que je pus. "J'aimerais pouvoir enfermer tous ses sentiments, ne plus souffrir." C'était impossible je le savais et je devais passer par là mais c'était tellement douloureux que ça me broyait les tripes à chaque respiration, chaque seconde. "Il faut que tu comprennes que je ne peux pas continuer comme ça.. c'est trop dur..." Je lâchais sa main et me redressais puis me passais une main dans les cheveux. "Te voir me fait du bien, énormément de bien, j'en oublies parfois tout le reste et c'est agréable. Mais quand tu pars... mon coeur se brise à chaque fois un peu plus et ça, je ne peux plus le supporter." Si je voulais guérir, je devais me protéger, protéger mon coeur et pour cela j'allais devoir faire des choix difficiles. Il en faisait partie. "Si tu continues à venir me voir, je ne tournerais jamais la page à mon tour. Pourtant il va bien falloir que je le fasse." Même si arrêter de l'aimer revenait à m'arracher le coeur, il allait au moins falloir que j'apprenne à vivre sans lui à mes côtés. "Quand je suis seule dans cette chambre, j'ai le temps de penser à un tas de choses. Je ne peux pas me maintenir occupée comme toi, avec ton travail, tes activités et ta copine. Moi je suis enfermée ici et je cogite. Je n'ai pas récupérée la vie que j'avais quitté, je n'ai plus de maison, plus de petit ami, plus de travail, ma famille est la seule chose stable dans ce désastre." Mon but n'était pas de le faire culpabiliser mais qu'il comprenne mon point de vue et ce que je ressentais. J'étais incapable de passer outre mes sentiments et continuer comme si de rien n'était. Regardant un point invisible contre le mur, je poursuivis avec une voix bien moins assurée "J'aimerais te dire que ce n'est que temporaire, mais je refuse de te mentir. Tu représentes tellement pour moi et ça ne changera probablement jamais. Alors tu dois comprendre que c'est la seule solution.." Ce n'était pas de simples adieux. Je disais adieux à notre relation, celle que je chérissais au plus profond de moi et qui avait disparue sans mon consentement. Je disais adieux à l'homme de ma vie, celui qui surpasserait toujours tous les autres, que je n'oublierais jamais et dont l'amour ne m'appartenait plus.


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Sujet: Re: [Terminé] Is this a goodbye ? ( le Ven 13 Oct - 18:48 )
Is this a goodbye ?
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play : Latch

Lorsqu’elle eut cette main délicate posée sur mon buste, mon cœur battait deux fois plus vite. Mon cœur qui était médicalement parlant tout aussi fragile. Je n’étais pas invisible, je n’étais pas toujours le roc qu’on pensait. Derrière cette carapace, il y avait cet homme aimant, avec de sentiments et lorsque qu’elle me demanda de l’enlacer, je le fis. Avec une douceur et un calme certain. J’avais tellement peur de lui faire mal. Mes yeux se fermèrent le temps de l’étreinte qui, au départ se voulait immobile mais rassurante. Ma main gauche commença à former des caresses retenues dans son dos, par dessus ce haut qui cachait une ossature fragilisée, un corps épuisé. Ses pleurs étaient nécessaires pour évacuer, et je lui disais en chuchotant que les choses iraient bien. Alors que non, les choses s’empiraient et je me voilais la face. On restait comme ça, à se cajoler pendant quelques minutes, ma musculature naturelle se voulait rassurante et protectrice. Puis je regagnais peu à peu son regard lorsqu’elle s’éloigna après en avoir fini avec les pleurs. Je pris la boite à mouchoir posée sur la table de chevet pour la lui tenir avant de la remettre à sa place.

Je devais être réalise, je souffrais moins qu’elle. Ou différemment. Je l’avais perdue, son absence avait été un enfer et lui faire du mal en étant avec une autre n’était pas non plus mon but. Une autre. J’avais reconstruit ma vie, j’avais comme elle le soulignait, j'avais mon boulot, une compagne, ma famille, mes amis…. tout. Sauf elle. De son côté, c’était sur sa famille qu’elle pouvait compter quoi qu’il arrive. Ses parents m’avaient fait part qu’ils resteraient aussi longtemps qu’il serait nécessaire et Rafael était même près à trouver un petit boulot ici. Je savais que ces derniers prendraient soin d’elle. Et ne me laisseraient plus l’approcher si Amara le décidait. « Je comprends… » dis-je faible et incapable de remédier à tout ça. C’était compliqué car, évidemment que si les choses n’étaient pas si sérieuses avec Astrid, si elle ne me faisait pas autant de bien, je ne l’aurais quitté. Mais ce n’était pas le cas, nous avions parlé d’emménager ensemble, je m’habituais à elle, ses manies, son air espiègle…. tout. Je m’habituais à elle bien que c’était pas évident à dire. Jamais je ne le dirais à Amara. En détail du moins car ça équivaudrait à remuer le couteau dans une plaie ouverte. Elle avait complètement raison sur ce point, celui de se concentrer sur son état physique en premier lieu. Les sentiments et relations personnelles, ça viendrait en second plan car elle pouvait au moins contrôler le prompt rétablissement physique, en s’y consacrant pleinement et en y croyant. Je croyais en elle à vrai dire et je me disais qu’il fallait qu’elle reprenne ces forces nécessaires pour ensuite avoir de nouveau sa vie en main.

Présumant qu’on en avait fini pour ce soir et que peut-être on en reparlerait une autre fois, elle mit une bonne fois pour toutes les points sur les « i ». Ce n’était pas temporaire. Je prenais bien sûr cela comme un abandon plus ou moins mérité. Extrêmement difficile à entendre et encaisser, mais je l’acceptais car je n’avais simplement pas le choix que de lui donner de l’espace et du temps. Peut-être qu’une fois qu’elle irait mieux sur le plan physique, il serait possible de la revoir. « Fair enough…. You know, you are horrible at goodbyes too…. » dis-je en essayant de bien prendre la chose et d’un ton doux. Nous ne savions pas bien se dire au revoir et encore moins adieu. Ça aussi c’était inédit et ça se manifestait sous forme d’une douleur toute nouvelle dont les effets apparaîtraient plus tard et sur le très long terme.

Je me levais donc sentant que ce n’était plus la peine que je reste après tous ces propos. J’avais prévu une petite surprise en effet pour le soir venu et celle-ci se passait sur le toit-terrasse du bâtiment C de l’hôpital. Je n’en n’avais pas parlé à Amara évidemment étant donné qu’il s’agissait d’une surprise mais, j’avais prévu une table et des chaises (pliantes qui étaient pour l’instant dans le coffre et à l’arrière) qui ne restait plus qu’à être dressée. Tout le nécessaire était dans la voiture. Aussi je devais partir chercher un bouquet de glaïeuls pour les poser en décoration sur la table, bien que l’odeur soit prégnante, en extérieur ça serait tolérable pour la jeune femme. Enfin, dans des tupperwares de la voiture, j’y avais mis des spaghettis a la bolognese préparés par la Mamma Chiara, qui portait toujours la reporter dans son cœur. Il ne restait plus qu’à les réchauffer mais toute cette mise en scène, cette petite attention pour satisfaire l’estomac de la brunette me paraissait complètement décalé et inapproprié à présent. Pourquoi prolonger l’instant alors que j’étais une persona non grata ?, « J’aimerais que tu me donnes des nouvelles de temps en temps, des messages, c’est tolérable ? ». J’avais l’impression d’être très lourd, de ne pas parvenir à me détacher mais dans le fond, c’était le cas, je n’y arrivais pas et ne le voulais pas. Peut-être que s’envoyer des messages et communiquer différemment sans se voir serait plus supportable ? Au moins elle n’aurait plus ce sentiment qui l’envahissait à chaque fois que je repartais.

« Prends soin de toi, Amara. Tu es la personne la plus courageuse et admirable que je connaisse…. ». J’étais toujours près d’elle, ma main vint caresser encore une fois, avec beaucoup de douceur, sa joue. Je ne quittais pas son regard qui à présent était vert en raison de la luminosité de la pièce. Je replaçais doucement une mèche de cheveux derrière son oreille et vins lui déposer un baiser sur son front, à côté de cette cicatrice encore apparente. Esquissant un sourire discret, pour lui faire comprendre que je prenais les choses comme elles venaient et ne lui demandais pas plus qu’elle ne pouvait, je repartis dans ce petit couloir, pris mon manteau et sortait de cette chambre d’hôpital. Je fis mon possible pour trouver une femme du service, afin de lui demander où était une prénommée « Chiara ». Amara m’en avait parlé brièvement dans un message et il semblait que cette femme était une infirmière avec laquelle elle s’entendait bien. Je trouvais alors cette femme pour lui demander de donner quelque chose à Amara au moment du repas à savoir les Spaghettis. Cette dernière m’accompagna jusqu’à la voiture et je lui donnais les deux boites pleines avant de lui demander , bien que l’on ne se connaissait pas, de faire attention à la journaliste. Car j’éprouvais énormément d’affection à son égard. Puis je refermais cette porte de voiture en me disant que j’ignorais quand serait la prochaine fois où je me garerais ici de nouveau. Quoi qu'il advienne, elle serait toujours cette personne si spéciale à mes yeux, et aurait toujours mon soutien. Toujours.

Emi Burton


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