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- [Terminé] It's been a while -

CIAO VECCHIO :: Naples, Italie :: Le Coeur de Naples :: Hôpital de Pellegrini
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Giovanni CarusoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: [Terminé] It's been a while ( le Mer 27 Sep - 21:57 )
It's Been A While
Amara & Giovanni


play : Live in this moment

J’étais lancé dans ma tirade, celle incontrôlée et incontrôlable par laquelle je délivrais le ressenti des derniers mois, ce mal-être et ce, sans volonté délibérée de la blesser. Les mots sortaient seuls sans que je n’en analyse les conséquences. Je ne réalisais qu’après que je m’étais un peu emporté, trop peut-être car il fallait y aller modérément avec Amara. Elle ne devait connaitre aucun stress, et je ne m’étais pas aperçu immédiatement que mes propos engendreraient ce qu’il fallait à tout prix éviter. Ses supplices pour que je cesse de parler traduisaient cette douleur qui s’emparait d’elle, par ma faute et j’en étais désolé. Au moment de sortir, je croisais le docteur qui arrivait heureusement quand il le fallait. La reporter de guerre faisait une crise d’épilepsie. Le corps médical nécessaire se précipita dans la pièce ce qui pu rassurer la panique qui se lisait sur mon visage; J’étais un peu bousculé et tout allait ensuite très vite. Chacun était réactif et savait exactement ce qu’il ou elle avait à faire. Voir cette femme qui comptait tant pour moi dans cet état me bouleversa et me fit indirectement du mal. Sa souffrance était difficile à supporter et pourtant ce n’était pas le moment de fuir. Il fallait être là, auprès des êtres qui nous étaient chers et encore plus quand ça n’allait pas.

Je sortis un peu de la pièce avec une infirmière qui m’invita à le faire histoire de me rassurer à mon tour et me dire que tout était sous contrôle. Mademoiselle Sheffield aurait besoin d’un électro-encéphalogramme comme examen supplémentaire (pour s’ajouter à la tonne de traitements et examens dont elle avait besoin) mais ça irait. J’étais adossé à ce mur, dans le couloir, juste à côté de la porte de la chambre et j’avais la gorge nouée. J’imaginais Amara il y a quelques années, quand tout allait bien. Jamais elle n’avait eu de souci de ce genre, c’était une femme rarement malade, rarement vulnérable. Les seuls maux qu’elle avait connus étaient ceux on ne peut plus communs que tout le monde attrape au fil des saisons. Après avoir repris une bouffée d’air, je retournais dans cette chambre alors que le docteur était en train de vérifier les réflexes pupillaires en orientant une lampe dans les yeux marrons-verts de la jeune femme. Je parlais doucement au médecin et me rendais rapidement compte que les paroles de la jeune femme étaient mal construites, le temps de récupération. J’avais cette crainte des personnes qui pouvaient tout à fait suite à une crise, souffrir d’une paralysie faciale par exemple. Mais heureusement son élocution repris le chemin de la normalité. Et je culpabilisais de nouveau au fur et à mesure que le médecin posait des questions car l’apparition de cette crise était en parfaite corrélation avec les propos que j’avais tenus.

Je comprenais aux mots du Dr. Albertini qu’il fallait éviter une présence d’autre personne pendant quelques temps et je m’inclus dedans jusqu’à ce que Amara demande à ce que je reste. A cet instant j’étais pris de remords et en même temps je bouillais contre le médecin qui contre-indiquait ma présence. Je ne voulais pas la laisser seule et visiblement elle pensa la même chose. La regardant dans les yeux une fois que je fus à côté de son lit, sa requête ne put trouver une réponse négative. Je savais que je devais retrouver une autre femme mais sur le coup, la question ne se posa pas vraiment. J’acquiesçais d’un hochement de tête pour laisser ensuite le Docteur reprendre la discussion. Alors qu’il parlait de tests VIH et d’examen gynécologique à venir afin de confirmer si elle pouvait ou non donner vie à un petit être, je repensais à ce point précis, qui était un des sujets primordiaux à nos yeux plusieurs mois avant son départ et encore plus les jours qui le précédait.

Flashback:
 


Je retournais à la réalité à l’instant T au moment où le médecin marqua une pause avant de rappeler qu’elle serait victime de flashs et de cauchemars. Par ailleurs, l’amnésie et le travail à faire pour regagner en mémoire serait peu prévisible et il faudrait voir au fur et à mesure la progression faite. « Merci Docteur » dis-je avant qu’il ne quitte la pièce pour nous laisser seuls, elle et moi. Là je me rendais compte qu’elle avait retenu certaines choses dans mes propos, qui n’auraient pas du être dites de la sorte. Silence. Je baissais les yeux au sol pour y répondre. « Je suis désolé. Le combat contre la leucémie s’est avéré plus difficile qu’on ne l’aurait pensé… elle a été forte jusqu’au bout … elle nous a quitté environ 2 mois après ton départ … ». Je parlais de son mental car au niveau physique évidemment que les symptômes s’étaient fait de plus en plus conséquents.

Le soleil faisait briller l’acier de ma montre ce qui me poussa à regarder l’heure. Je voulus donc revenir sur des propos précédents afin de m’organiser. « C’est vrai ce que tu as dit tout à l’heure ? Tu veux que je reste ? ». Je savais qu’à cause de moi sa tension tout comme le stress était monté et encore maintenant je m’en voulais d’être responsable de son mal-être; Je savais également qu’avoir une nouvelle relation n’arrangeait pas les choses, que ça soit pour Amara comme cette nouvelle femme qui était à mes côtés. Et intérieurement je ressentais quelque chose de compliqué, d’inexplicable. Quand bien même les choses avaient changé, je trouvais cela normal d’être un peu auprès de Amara. Après tout ce temps, tout ce qu’elle avait traversé. J’en ressentais aussi une envie, au fond de moi. « Ecoute hum… je crois que je vais repasser chez moi, préparer quelques affaires, et je reviens tout à l’heure pour te tenir compagnie en soirée … et je passe la nuit ici aussi, ça te convient ? ». Elle aurait le temps de se reposer un peu afin de gagner quelques heures de sommeil et je comptais bien revenir peu avant le repas car je me doutais combien les plateaux repas dans les hôpitaux étaient tout sauf goûteux.  « Qu’est-ce que tu aimerais manger, en dessert ? Je vais essayer de faire passer illicitement quelque chose qui aura sûrement plus de saveur que ce qui te sera proposé en dessert… ». La prochaine fois, j’avais bien l’intention de lui permettre de manger autre chose de plus consistant. Comme l’avait si bien dit le médecin, elle faisait face à une forte dénutrition et il fallait qu’elle reprenne des forces. En tout cas, je comptais bien lui apporter quelque chose qui lui fasse plaisir.

Je m’absentais donc, pour retourner chez moi, appeler une certaine personne pour expliquer que les plans de ce soir tombaient à l’eau, la belle fut compréhensive fort heureusement et j’avais su me montrer convaincant. Après avoir préparé ce qu’il fallait qu’il s’agisse de nourriture comme du sac avec des vêtements, je chopais une grande couverture polaire et j’étais de nouveau parti pour l’hôpital. Une infirmière sortait tout juste de la chambre 216 quand j’y entrais. Elle m’informait qu’un lit d’appoint venait d’être installé dans la pièce.
Une fois entré, je fus surpris qu’à 18h45 les repas soient déjà servis. « Ça m’a l’air appétissant tout ça » remarquais-je avec une pointe d’ironie tout en posant les affaires sur le lit une place. Je pris ensuite une chaise pour m’installer près du lit de la brunette. « Qu’est-ce qu’on mange ? ». Autant repartir sur une conversation un peu plus légère que plus tôt, bien que ça ne durerait peut-être pas.

Emi Burton
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Amara SheffieldLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: [Terminé] It's been a while ( le Jeu 28 Sep - 15:45 )

hôpital  ◈ giovanni & amara
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"Bien sûr. Tu m'as manqué tu sais. Je sais que ce n'est pas la situation idéale, que tu as le cul entre deux chaises, que tu as refait ta vie mais voilà.. je tenais à ce que tu le saches tout de même." J'avais ravalé ma fierté pour lui avouer cela. Je n'étais toujours pas remise de l'annonce de cette petite amie mais j'allais bien devoir m'y faire. En fait non, je n'arriverais jamais à me faire à cette idée. Cet homme devant moi était celui que j'aimais, celui que je voulais comme mari, comme père de mes potentiels enfants, biologiques ou non. Je n'arriverais jamais à me dire que cet avenir n'existait plus pour nous deux. Que j'avais fait une erreur en partant et que si j'étais stérile aujourd'hui, si j'avais perdu l'amour de ma vie, c'était entièrement à cause de ma dévotion idiote à mon boulot. J'aurais dû l'écouter à l'époque quand il m'avait supplié de ne pas partir. Mais non, je m'étais sentie investie d'un besoin de remplir cette dernière mission. Voilà le résultat. J'avais trois ans de perte de mémoire, des séquelles physiques et psychiques à évaluer et une vie plus si parfaite qu'avant. Le médecin n'avait pas menti sur les risques de dépression qui me pendaient au nez, j'avais toutes les raisons pour céder à la tristesse et à la résignation. Mais ce n'était pas mon caractère alors j'allais me battre, même si les raisons n'étaient plus les mêmes. J'allais le faire pour mes parents et mon frère en priorité. Puis quand j'arriverais à accepter que Giovanni n'était plus mon homme, peut-être le ferais-je aussi pour lui, en souvenir de tout ce qu'il avait représenté pour moi, et qu'il représentait encore, d'ailleurs. Je sentais une vague d'émotions me submerger, sauf que ce n'était vraiment pas le moment de pleurer alors je serrer les points et fut presque soulagée que Giovanni décide de partir quelques heures. J'allais pouvoir rassembler mes esprits, bâtir ce mur protecteur pour ne pas souffrir d'avantage et ainsi pouvoir apprécier son retour autant que mon coeur le permettrait. "Pas de soucis, j'imagine que tu es occupé et.. attendu." j'eus du mal à sortir ce dernier mot mais il fallait que je sois réaliste, je savais qu'il allait la voir en partant ou au moins la contacter. Ça brisait un peu plus mon coeur à chaque fois que je pensais à cette fille mais que pouvais-je bien y faire ? Si j'avais été en bonne santé je serais aller la voir et évaluer ce qu'elle avait de plus que moi et si elle méritait l'amour de Giovanni. Mais j'étais clouée au lit pour un bon moment encore, donc c'était peine perdue. Du moins pour le moment. Je fronçais les sourcils lorsqu'il me parla de dessert, comme si ce mot m'était étranger. Je sentais mon estomac se tordre d'envie à l'idée de manger une pâtisserie italienne et ça me rassurait de savoir que j'avais gardé ma gourmandise légendaire malgré toutes ces épreuves. "Et bien un tiramisu serait une bénédiction j'avoue ! Je ne me souviens peut-être pas de ces trois dernières années, mais mon estomac lui, n'a pas oublié à quel point ce truc était bon !" Et il n'avait pas tord, le repas servi à l'hôpital n'avait rien à voir comparé aux bons plats de la mama Caruso mais il fallait bien que je m'y fasse et que je me force à avaler ce qu'ils appelaient un repas équilibré pour que je reprenne un minimum de force. "C'est gentil de ta part Gian.."

Pendant son absence, je fis une sieste, provoquée par la dose de médicaments antalgiques qu'on m'avait donné un peu plus tôt. Quand l'infirmière repassa un peu plus tard pour prendre mes paramètres vitaux, j'avais eu le temps de reprendre mes esprits et j'avais pris une décision cruciale pour la suite de ma convalescence. Mon air déterminé et pensif intrigua l'infirmière qui me questionna. "J'ai l'intention de séduire à nouveau mon compagnon. Une femme a profité de mon absence pour prendre ma place et je ne l'accepte pas. Alors j'ai décidé de toute faire pour guérir au plus vite, retrouver des forces et les formes que j'avais avant.. mais pour commencer j'aimerais ressembler à autre chose qu'un zombie, vous pouvez m'aider ?" Elle m'aida à me mettre au bord du lit, je fis de mon mieux pour me débarbouiller, tandis qu'elle me lavait les cheveux avec une bassine étant donné que j'étais encore trop faible pour me lever. Elle m'aida ensuite à me maquiller un peu. J'avais le teint pâle à cause de la fatigue et de la dénutrition alors un peu de fond de teint m'aida à retrouver de belles couleurs. Puis ça permettait de camoufler un peu les quelques cicatrices que j'avais sur le visage. Elle m'aida ensuite à enfiler une chemise de nuit, pour virer cette affreuse tenue d'hôpital qui ne mettait personne en valeur. Reconnaissante de son aide, je la laissais reprendre son travail tandis que je lissais mes cheveux avec un miroir posé devant moi. Ce n'était pas du grand art, mais au moins je faisais moins "malade". Le repas fut assez rapidement servi et je ne pus m'empêcher de grimacer en voyant le menu. Rien de réjouissant mais pourtant il allait falloir que je me force. Je jouais avec la purée de mon plat lorsque Giovanni revint. Je lâchais mon couvert et lui souris. Le ton ironique qu'il prit en voyant le repas était tout à fait approprié. "Je te laisse goûter pour te faire une idée si tu veux ?" En voyant sa tête je ris malgré moi. Il avait l'air aussi dégouté que moi de ce qui se présentait dans mon assiette. "Je me damnerais pour des tagliatelles avec des scampis. Ou carbonara. Ou encore mieux une pizza !" Mon appétit était là comme il pouvait le constater mais il n'était pas trop rassasié avec ce que j'avais sous la main. "Tu m'as apporté mon tiramisu ?" histoire que j'ai au moins le dessert pour satisfaire mes papilles depuis trop longtemps au repos. Je bus un verre d'eau, seule aide que j'avais trouvé pour avaler la bouillie infâme dans mon assiette. "Au fait comment va.. euh.. j'ai oublié son prénom. Elle ne t'en veux pas trop de rester avec ton... ex toute la nuit ?" Ma bouche avait eu du mal à sortir ce mot encore une fois, je ne me considérais pas comme tel mais j'espérais que ça allait le faire réagir. Au moins un peu.


   


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Giovanni CarusoLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: [Terminé] It's been a while ( le Dim 1 Oct - 22:26 )
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Amara & Giovanni


play : Fading Away

Dans la voiture en repartant chez moi, je repensais aux propos que Amara avait tenu, le fait qu’elle se rappelle de tout ce passé à deux, en dépit de ses troubles amnésiques liés à la période de séquestration, ce qui remontait plus loin n’avait pas été effacé. Ni de sa mémoire, ni de la mienne. Apprendre qu’elle était là, vivante dans cet hôpital me troublait car elle revenait de loin, cela me troublait car c’était la nouvelle que j’attendais depuis longtemps, la nouvelle qui ferait battre ce cœur fragile si rapidement mais les raisons qui auraient pu justifier cet état n’étaient plus les mêmes. Enfin, disons que c’était les mêmes mais s’ajoutait à cela le fait que j’avais avancé dans ma vie sentimentale, j’étais avec une femme qui avait su m’apporter cette sensation perdue et notre relation s’était faite au fil de mois, devenant de plus en plus solide. Je ne savais plus que penser. La culpabilité se mêlait à tout cela alors que je ne devrais normalement pas m’en vouloir. J’étais simplement humain après tout. J’affichais un air sérieux tout en conduisant puis un sourire vint s’afficher lorsque me revient en tête ce goût pour le Tiramisu. Je me souviendrais toujours de cette fois-là où nous étions invités chez mes parents et que j’avais préparé ce dessert que je maitrisais à la perfection, sauf qu’une maladresse de la part de Amara avait valut qu’elle renverse la préparation et qu’elle en refasse un, à sa manière, ne me l’avouant qu’une fois arrivés le soir pour le repas en famille. Elle avait surpris tout le monde, moi le premier. J’avais tellement de souvenirs, avec elle. Ma main serra le volant et je me concentrais sur la suite du trajet afin de m’organiser, matériellement et psychologiquement pour repartir ensuite à l’hôpital.

Je recevais quelques messages, de celle qui accompagnait désormais ma vie. Elle se montrait compréhensive mais restait dans le fond mitigée. L’idée que j’aille passer la nuit dans cette chambre, avec Amara, ne lui plaisait que moyennement mais elle me faisait confiance et c’était un des fondements de notre relation. Je regardais ma montre et le temps nécessaire pour la préparation et repos du Tiramisu était très juste. Ça pouvait le faire et heureusement que j’avais le coup de main pour le préparer relativement rapidement. En même temps que je cuisinais, j’étais au téléphone, avec ma sœur qui avait été dans la confidence sur le retour de la reporter de guerre. Evidemment elle n’avait pas tenu sa langue et notre mère était déjà en double appel. La conversation dura près de 30 minutes et il m’avait fallut lui dire que j’allais raccrocher toutes les 5 minutes vers la fin. Finalement elle faisait davantage un monologue qu’une conversation téléphonique mais je savais qu’elle portait dans son cœur l’américaine. J’étais nerveux et pour ça, il fallait que je m’occupe l’esprit. Je repartais donc au centre ville de Naples où j’avais ouvert mon bar à vin pour m’assurer que tout fonctionnait bien, je conseillais quelques consommateurs et discutais un peu laissant l’heure tourner. Puis je retournais chez moi pour préparer les affaires nécessaire à cette nuitée.

Alors que je sortais de la douche pour la nième fois de la journée, serviette attachée autour de la taille, je mettais diverses affaires dans un sac et je fus surpris par une voix féminine dans mon dos. Ma belle était passée comme elle avait sa soirée de libre. Normal, nous avions prévu de la passer ensemble à la base. S’ensuit un échange où je dus expliquer plus ou moins bien le pourquoi du comment car moi-même ne savais pas trop ce qui se passait. C’était naturel, instinctif. Je lui devais bien ça, à Amara. La jolie jeune femme me fit cette moue un peu râleuse et attendrissante et je vins la rassurer comme il se devait, accompagnant mes quelques mots par d’un baiser. Une chose entrainant une autre, rapidement la serviette nouée à ma taille finit à terre alors que je me chargeais de la fermeture éclair de cette robe sexy.

Encore une fois je ne vis pas le temps passer et en regardant mon portable posé sur la table de nuit, je remarquais qu’il fallait que je parte dans les cinq minutes pour arriver à une heure décente à l’hôpital de Pellegrini. Je retournais rapidement dans la salle de bain me passer un coup de peigne et remarquais quelques marques rouges, traces de ce qui venait de se passer dans la chambre. J’enfilais un sweat-shirt au col rond et aux manches longues que je retroussais, un Jean et j’embrassais une dernière fois la douce créature qui était encore dans les draps défaits. « A domani cara mia ». Sac en main je redescendais en cuisine pour récupérer le dessert qui avait suffisamment reposé et je retournais voir la miraculée.

En arrivant de nouveau dans ce lieu qui commençait à m’être familier, j’avais remarqué en plus de l’odeur du plateau qui venait d’être apporté, un teint de peau légèrement plus frais, moins pâle en regardant Amara. Enfin, ceci une fois que j’eus posé les affaires sur le lit d’appoint. Elle avait également changé de blouse ou du moins passé une vraie chemise de nuit, en coton, légèrement déboutonnée dans le haut. Je ne pus m’empêcher de sourire en la voyant triturer sa purée avec un air de dégoût. Je fis de même rien qu’en constatant la consistance qui ne me donnait absolument pas envie. « Je pense que tu as un régime alimentaire stricte pour te rétablir non … ? Il faut patienter un peu mais tu pourras re-goûter à tout ça, bientôt ». Je lâchais un petit rire, elle ne perdait clairement pas le nord. « J’ai eu le temps de le faire, et je n’ai pas perdu la main… enfin à toi de me le dire » dis-je en retournant près de mes affaires pour sortir d’un sac le plat moyen contenant le dessert. Je tiquais. J’arrêtais de bouger deux-trois secondes en l’entendant évoquer cette nouvelle femme avec qui j’étais. Amara savait y faire, en tant que reporter, les questions ça la connaissait. Je n’avais jamais mentionné le prénom de cette dernière et n’en n’avait pas l’intention. Pas ce soir. J’étais dos à elle pour lui répondre « elle…elle comprend ». C’était vrai, elle comprenait plus ou moins. Un peu moins que plus mais elle avait accepté l’imprévu, pour ce soir. Puis je me retournais vers Amara pour rejoindre le petit tabouret près du lit, dévoilant le Tiramisu que je tenais en mains, avec deux cuillères. Soit je changeais ouvertement de sujet, soit je lui faisais remarquer que ça n’était pas bon pour elle, en son état, d’aller sur ce terrain là. Puis je ne voulais pas la blesser en satisfaisant sa curiosité. C’était vraiment délicat. « … je pense que ce dont on devrait parler en ce moment même, c’est de ce Tiramisu… ». J’enlevais l’assiette du plateau pour la poser sur la chaise disponible de la pièce et reprenais ma place non loin de Amara. Elle avait déjà ôté une partie du dessert d’un geste habile et je la regardais porter cette cuillerée de douceur à ses lèvres, leur donnant une couleur légèrement cacaotée. Je souris en voyant que ses papilles étaient ravies. « Toujours aussi bon ? ». Bien sûr, ce n’était pas la version re-visitée mais celle originale, celle familiale. Mais je savais lui faire plaisir en préparant cela. « Bon par contre il va falloir faire profile bas parce que je n’ai pas l’impression que tout le monde soit commode, dans ce service » dis-je en me référant au personnel hospitalier.

Je m’apprêtais à couper à mon tour un bout de Tiramisu, à l’endroit même où elle avait entamé le plat mais je restais à la place la regarder, a observer chaque trait de son visage, parcourant du regards les blessures et pansements apparents, ne pouvant m’empêcher d’imaginer le pire. Le pire qu’elle ait enduré. « Est-ce que tu as réussi à dormir, la nuit dernière ou tu as des difficultés à trouver le sommeil ? ». Je n’étais pas médecin, encore moins psychologue ou psychiatre mais il me paraissait tout aussi naturel de m’interroger sur son bien être, son état d’esprit. Et je me préparais également à la nuit qui allait arriver. Je n’étais absolument pas dans le reproche mais il fallait que je le dise « … je sais combien ton métier te tient à cœur .. et ce n’est probablement pas le moment ni l’endroit pour en parler… mais est-ce qu’il t’est arrivé, lorsque tu es sur place, au milieu d’une situation de crise, dangereuse même, de regretter de te trouver là ? Est-ce que tu as senti que quelque chose allait se produire, au Mali  ? Tu n’as eu aucun pressentiment ? ».

Le terrain était glissant, certes mais il fallait que j’en parle, maintenant que j’étais en sa présence. Car j’avais une parfaite mémoire de mon état le jour de son départ, du fait que je ne le sentais pas, ce voyage et la têtue avec qui je vivais était quand même partie à l’assaut du monde et de ses dangers. Je délaissais cette cuillère vide sur le rebord de l’assiette tout en regardant Amara avec une certaine gravité « Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. Peur pour toi ». C’était un réel soulagement de la savoir saine et sauve et ça aussi, elle devait le savoir. Quand bien même ma vie avait changé depuis.

Emi Burton


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Amara SheffieldLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: [Terminé] It's been a while ( le Mer 4 Oct - 20:24 )

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En y repensant, discuter de nourriture alors que je venais de retrouver l'homme de ma vie pouvait paraître absurde. Complètement dingue même. Mais que pouvions-nous dire vraiment ? Il y avait ces années de séparation, cette distance involontaire qui s'était formée au fil du temps. Puis il y avait cette tierce personne qui était venue tout chambouler pendant que moi j'étais je ne sais où au Mali, captive de terroristes. Je n'avais certes aucun souvenir précis de ces moments là, mais j'étais certaine d'avoir tenu tout ce temps grâce à l'amour que je portais à l'homme en face de moi. Ma famille était ce qui m'avait fait tenir et il représentait ma famille, mon futur, mon envie de devenir mère.. bref tout ce qu'aujourd'hui, je n'aurais plus. Je ne pouvais pas lui en vouloir d'avoir essayé de tourner la page. Ni même d'y être arrivé. Mais je ressentais une sensation d'inachevé qui ne me plaisait pas du tout. Il n'y avait pas eu de point final à notre histoire. Pas de fin logique ni même voulue. Alors je gardais l'espoir égoïste que j'allais lui faire ressentir à nouveau tous ces sentiments qu'il éprouvait autrefois pour moi. Par mon attitude, ma personnalité, mon apparence, ma façon de me comporter en sa présence. Bref j'étais motivée plus que jamais à réussir ce défi que la vie m'imposait. Il était impossible pour moi que je le laisse partir avec une autre. Pas maintenant, pas comme ça.
Alors oui, nous bavardions sur la nourriture infecte de l'hôpital, mais le sujet important allait suivre. Parce qu'il n'allait pas y couper. Je ne voulais pas faire comme si de rien n'était alors que je souffrais réellement à l'intérieur de moi de ne pas pouvoir le prendre dans mes bras sans penser à elle. "Je t'avoue que je n'en sais rien. Ils m'apportent ces repas mais ne m'ont jamais interdit de manger autre chose. Je devrais leur poser la question, à l'occasion." Il sortit le fameux dessert que je lui avais demandé et j'en salivais d'avance. Je n'avais plus du tout envie de m'occuper du repas de l'hôpital. Le tiramisu me comblerait largement pour ce soir. "Ça a l'air délicieux en tout cas." Incapable de me retenir plus longtemps, je lui posais la fameuse question qui me brûlait les lèvres depuis un moment. Mais il ne me dit rien de plus que deux mots. Il ne voulait pas parler d'elle, je pouvais le concevoir mais moi j'avais besoin de réponses. Il ne savait pas quel combat intérieur se menait en moi actuellement. J'avais envie de plus qu'une main serrée, qu'une présence rassurante et apaisante. J'avais besoin de mon homme, celui qui me montrait son soutien, son amour et sa confiance en toute chose. Je voulais retrouver le goût de ses lèvres contre les miennes. J'étais presque incapable de me rappeler comment ça faisait, tellement ça faisait longtemps.
Il revint sur le sujet du dessert et je le goûtais, mon enthousiasme était un peu redescendu. C'était délicieux bien entendu, et je gémis de plaisir tellement le goût me faisait du bien tant aux papilles qu'au moral. "C'est .. hmm.. merveilleux." Sa réflexion concernant le personnel me fit froncer les sourcils. Je remis une nouvelle bouchée de tiramisu en bouche et le laissant se dissoudre dans ma bouche avant de répondre. "Je n'ai rien remarqué. Les soignants qui s'occupent de moi sont gentilles et disponibles." Je voulais revenir sur sa petite amie mais il ne m'en laissa pas l'occasion. Il me questionna sur mes nuits, et sur mon séjour au Mali. Du moins sur celui que j'avais fait avant de me faire capturer. Je n'avais pas envie d'aborder toutes ces choses là. Je croisais son regard et y vis une réelle inquiétude. Ça me touchait vraiment qu'il se sente toujours concerné par mon cas mais je ne voulais pas pour autant qu'il se sente obligé de rester à mon chevet par pitié. Je ne le supporterais pas. Je soupirais profondément et posais ma cuillère, incapable de manger une chose aussi délicieuse tout en parlant de souvenirs difficiles.
"Il m'arrive de me réveiller en sueur la nuit. Mais je ne me souviens pas de mon rêve. Une image me vient parfois, mais c'est flou et je ne suis pas capable de l'analyser. Je suppose que ça viendra au fur et à mesure. Tu as entendu le docteur." Je me souvenais de sa réticence à mon départ pour cette mission. Elle avait été plus forte que les autres parce qu'il voulait qu'on fonde une famille et que je refusais de commencer quoi que ce soit avant d'être rentrée. Il était inquiet comme d'habitude quand je partais en zone de guerre. Mais il s'agissait du fondement même de mon métier et j'avais vraiment envie de faire cette dernière mission avant de penser à ma vie privée. Je haussais les épaules à sa question, ne me rappelant pas avoir eu un quelconque pressentiment sur ce qui allait arriver. "J'étais sur une base militaire sécurisée, de ce que je me souvienne il n'y avait pas eu de suspicion d'attaques dans les environs. Mes souvenirs s'arrêtent le 4 juillet. Je me souviens avoir eu une discussion avec mes parents au sujet de la fête nationale. Puis plus rien." Je soupirais à nouveau. J'étais frustrée de ne pas connaître le fin mot de cette histoire mais en même temps je devais constamment me dire que j'avais vécu des horreurs qui risquaient vraiment de me changer si je finissais par les découvrir. Je levais les yeux vers lui à son aveu suivant. Il me fendit le coeur et j'eus du mal à contenir mon émotion. Je baissais la tête vers mon plateau, sans vraiment regarder quelque chose de particulier. "Je suis désolée de t'avoir causée du soucis. J'aimerais pouvoir revenir en arrière et tout recommencer..." mais lui comme moi savions que je referais la même erreur. Je partirais pour cette mission et je me ferais enlevée, sinon tuée. Y avait-il une meilleure fin ? "Tu sais.. ça me fait du bien que tu sois là. Et j'espère qu'un jour, tu arriveras à voir autre chose en moi qu'une victime. Je ne sais pas ce qui s'est passé là-bas, je ne le saurais peut-être jamais. Mais je ne veux pas que ces années là dictent ma vie et me cataloguent. Je ne le supporterais pas." J'étais de nature battante et forte, il était hors de question qu'on me décrive comme la victime de sévices, la rescapée ou la miraculée. Je ne me sentais pas différente au fond de moi, j'étais toujours la même femme, avec quelques cicatrices et blessures en plus. "Et maintenant j'aimerais que tu sois honnête avec moi, s'il te plaît, Gian. Est-ce que tu l'aimes... cette femme... ?"
   


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Sujet: Re: [Terminé] It's been a while ( le Jeu 5 Oct - 19:08 )
It's Been A While
Amara & Giovanni


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En revenant cette fois-ci à l’hôpital dans le but d’y passer la nuit, je ne réalisais pas encore me mettre dans une situation un peu compliquée. Pour moi, il me semblait tellement naturel, normal de venir ici que je ne m’étais pas posé une seule fois la question. Bien sûr cela pouvait déranger Astrid car certains plans étaient reportés, cela pouvait aussi peut-être gêner un peu Amara bien qu’il me semblait qu’elle avait plus besoin de soutien, de présence et de réconfort pour l’instant. Elle était faible, vulnérable et ce n’était pas n’importe qui à mes yeux. Elle était la femme avec qui je me voyais vieillir et fonder une famille il y a environ 3 ans. Elle était celle qui avait quitté son pays pour vivre à mes côtés, de l’autre côté de l’Atlantique. Avec elle, nous avions ce rapport rare et tellement intense, qu’il était impossible pour moi de m’interroger sur le pourquoi je venais ici. Pourquoi je me trouvais dans cette chambre avec elle. Je n’étais pas du genre égoïste, à prendre les décisions seuls quand cela impliquait d’autres personnes importantes, toutefois j’agissais avec le cœur et ce que je ressentais, intuitivement. Plus qu’avec la tête. La réflexion dans un second temps.

A plusieurs reprises, la brunette fragilisée me posait des questions sur cette nouvelle femme qui était dans ma vie. Si je n’en parlais pas plus que cela et déviais le sujet, c’était parce que la traductrice-interprète comptait pour moi. Elle avait été là à des moments difficiles, avant, pendant et après. Son charisme était particulier, elle était douce et taquine. Espiègle parfois et libre d’esprit. L’avoir dans ma vie m’avait fait beaucoup de bien et je ne me voyais pas en parler davantage à mon ex-compagne. En dépit d’un sentiment de relation non aboutie, j’avais longtemps culpabilisé jusqu’à ce qu’il y ait peu de temps; et ça ne faisait que quelques semaines que nous avions ce projet de vivre ensemble, Astrid et moi. Bien entendu c’était un fait que je souhaitais garder pour moi. La seule chose qui m’importait dans l’immédiat, était la santé tant physique que morale de la reporter. Je n’avais jamais été engagé dans une profession exposant autant au risque mais à maintes et maintes reprises j’avais vécu dans une angoisse terrible de la perdre. Curieusement cette dernière mission je la sentais encore moins que celles précédentes. Visiblement ça n’était pas son cas. En effet elle était dans une base sécurisée, comme d’habitude, et les attaques n’étaient en général pas prévisibles. Je ne mangeais plus mais je l’écoutais, je la regardais fixement et écoutais chaque élément qu’elle me donnait avec la plus grande attention.

Ce rêve ou plutôt cauchemar dont elle ne parvenait pas à se débarrasser ni même se rappeler entièrement m’inquiétais. Je m’inquiétais car j’avais lu des choses sur la mémoire qui parfois revient progressivement (dans le meilleur des cas) et qui révélait des traumatismes dont il aurait mieux valut ne pas se souvenir. Cette situation d’incompréhension et méconnaissance des derniers événements n’aidaient pas à une guérison. Tout ce processus était complexe et indépendant de tout traitement. Seul le temps et les capacités de chacun pouvaient y changer quelque chose. Quant à moi, je ne pouvais littéralement pas faire grand chose et ça me faisait du mal. Etre incapable d’aider quelqu’un qu’on aime. Surtout Amara. Je soupirais en silence et remarquais cette difficulté qu’elle avait à parler de tout ça. Cet événement avait bouleversé à jamais sa vie. Et la nôtre. Je la regardais quelques secondes et me retenais de laisser transparaitre trop d’émotion. Mon regard passa de son visage au plafond de la pièce ce qui me permettait plus aisément de lui dire « Je sais…. mais même si tu n’étais pas partie là, ça aurait été ailleurs. Et autre chose aurait très bien pu se produire. Tu es passionnée par ce métier et rien ne peut empêcher ça. Pas même moi ». Je me mettais à mon tour dans une position de victime et détestais insister sur ce point de nouveau. J’étais heureux, qu’elle aime son travail dans le fond, et qu’elle soit aussi douée pour ça. Ce n’était pas donné à tout le monde. Au début de sa carrière elle avait pris un cliché qui avait fait le tour du monde. Amara avait sa réputation de reporter de guerre et n’importe qui pouvait comprendre qu’elle ne lâcherait rien d’un coup, du moins sans l’avoir décidé par elle-même, elle seule.

Nullement dans l’intention de lui occasionner des remords, je focalisais de nouveau mon attention sur elle, remarquant qu’elle en avait fini avec le dessert. Je posais le tout sur le plateau posé sur le lit d’appoint et retournais m’asseoir sur ce tabouret à côté de son lit. « Peu importe combien j’ai eu peur dans le passé, l’important est que tu sois là, aujourd’hui. Et que tu t’en sois sortie ». Avec un léger sourire en coin, j’écoutais les propos suivants. Je comprenais qu’elle ne souhaite pas qu’on voit en elle uniquement une victime ou rescapée. Elle avait toujours été ainsi d’ailleurs, à ne pas être définie par autre chose que la personne qu’elle était, et non le statut. Par moi du moins. « Je ne te vois pas comme ça. Enfin, si la première fois que j’ai mis les pieds dans cette chambre, mais maintenant, je te considère comme une femme battante, qui va finir par se relever pour re-vivre pleinement. Peu importe le temps que ça prendra ».

Je me contredisais pas complètement en lui disant cela et pensant différemment mais il est vrai que j’avais pour le moment du mal à regarder ses bandages, à prendre connaissance ou voir les cicatrices, à imaginer quoi que ce soit. Un léger silence s’imposa jusqu’à ce qu’elle reprenne la parole au bout de quelques secondes. Je ne pus répondre de suite. Je voyais dans ma tête, à ce moment là, la chevelure blonde, ce regard bleu doux et ce rire qu’avaient Astrid. Nous nous construisions nos propres souvenirs depuis plusieurs mois et avions en tête de poursuivre cette consolidation qui se faisait pierre par pierre, au fil des semaines. J’étais très mal de dire cela mais en même temps je ne voulais pas lui mentir. J’hochais la tête en un acquiescement un peu timide en ajoutant « Je pense que c’est sérieux oui, et on solidifie la relation progressivement…. ». Encore une fois il m’étais difficile de lui dire exactement ce que je ressentais car sa présence me bouleversait. L’infirmière arriva à pic pour débarrasser le plateau. « Je n’ai pas souvenir qu’il y avait du Tiramisu au menu…. » dit-elle d’un ton un peu accusateur sans nous réprimander. Je souriais à Amara. J’avais l’impression d’être un gamin qu’on grondait. Et elle ma complice. Puis je me retournais vers l’infirmière « Je plaide coupable…. il ne me semble pas avoir vu de contre-indication à ce type de plat, ni d’interdiction dans le règlement de l’hôpital ». « Vous vous attendiez à ce qu’on mette une affiche devant chaque porte en disant de ne pas nourrir les patients peut-être ?! ». J’haussais alors les sourcils. La nana n’était pas forcément agréable, comme je l’aurais pensé. « Non, bien sûr que non. Mais tant qu’il n’est rien indiqué dans le dossier du patient et qu’il n’a aucune allergie particulière, je n’y vois pas d’inconvénient. D’autant plus que j’ai pu en discuter avec le Dr. Albertini …. ». Elle n’aimait pas trop qu’on lui répond visiblement. « Hmm bon ça passe pour cette fois. Mais que ça ne devienne pas une habitude. Les repas doivent être contrôlés, légers et il faut attendre quelques jours avant de reprendre une alimentation normale ». Je regardais la jeune femme tout débarrasser « C’est dommage, le tiramisu est fait maison… et comme vous le voyez j’en ai encore dans le plat. Je m’étais dit que ça pouvait peut-être aussi faire plaisir au personnel soignant…. mais c’est à vous de voir, je n’apporterai plus rien ». Elle m’interrogea ensuite sur la qualité gustative du dessert italien et je lui renvoyais l’ascenseur en lui disant que c’était à elle de juger. Finalement elle repartie avec  le plateau et le reste de Tiramisu qu’elle partageait avec les autres collègues du service.

Une fois qu’elle eut quitté la pièce, je regardais de nouveau Amara tout en me levant « Sympathique tu disais ? Franchement j’espère que tu n’as pas à la côtoyer de trop celle-là… ». Je voulais que la brunette soit entre de bonnes mains, qu’il s’agisse du médecin ou du personnel et l’atmosphère était donc importante. « Il faut être dans un bon environnement, positif et chaleureux, pour aller mieux.  Quand est ton premier rendez-vous avec le Kiné ? » demandais-je en me dirigeant vers la fenêtre pour l’entre-rouvrir un peu. « Je vérifie que tu ne puisses pas faire le mur » dis-je d’un ton humoristique pour justifier mes gestes. Non en fait j’avais juste envie de voir ce sur quoi donnait sa chambre et aérer un peu pour faire entrer un peu de fraicheur. Il ne faisait pas encore froid les nuits mais un peu frais et la température de la chambre me paraissait élevée.

Flashback:
 


« Ça t’ennuie si elle est un peu ouverte ? Je la re-fermerai tout à l’heure ». Je m’asseyais par curiosité sur ce lit d’appoint et m’interrogeais à voix haute « Comment vous faites pour dormir sur des matelas pareils… soit je me fais vieux, soit ils sont vraiment pas confortables. A moins que ça soit juste pour les lits d’appoints afin d’éviter que les visiteurs squattent…. ». Je déridais un peu l’atmosphère pour rendre l’ambiance un peu plus légère et changer les idées de Amara. « En même temps si le tient est aussi dur alors ça va t’encourager à vite te remettre sur pieds… ». J’enlevais mes chaussures les laissant tomber à terre  et m’allongeais sur le lit en croisant mes bras derrière la tête.
Et je continuais sur ma lancée « … bon l’avantage c’est que tu aies la chambre pour toi seule. T’imagines partager une chambre d’hôpital avec un ou une casse-pieds ? ». Je l’imaginais parfaitement, elle et son fort caractère, ce qui me faisait rire doucement. Puis exprès pour la taquiner je sortais  « Je l’aurais plaint » en supposant faussement que la casse-pieds aurait été la reporter, car elle n’était pas de ce genre.

Emi Burton


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Amara SheffieldLe vin est un puissant lubrifiant social
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Sujet: Re: [Terminé] It's been a while ( le Mer 11 Oct - 17:13 )

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Je ne pouvais pas regretter quelque chose dont je ne me souvenais pas. Cependant je voyais dans le regard de mes proches qu'ils avaient souffert de mon absence, du néant d'information concernant ma position et ma situation. J'avais eu un choc en voyant ma mère pour la première fois depuis mon retour. Elle avait des cernes importantes, les cheveux plus gris qu'avant et semblait avoir bien vieilli. Mais au cours de la conversation, elle avait fini par sourire un peu, chose qu'elle n'avait plus fait depuis ma disparation, m'avait raconté mon père. Lui, il avait aussi pris un coup de vieux, surtout au niveau du front, ses rides d'expression s'étaient creusés et je voyais bien qu'il était fatigué. Je n'étais pas forcément la seule cause de soucis mais j'étais certainement la principale. Je pouvais les comprendre, à leur place j'aurais été dévastée de perdre un enfant et ne pas savoir ce qui s'était passé ni s'il avait survécu. Ils avaient me répéter que cette épreuve était derrière nous, elle laissait des marques visibles du temps et de l'inquiétude. J'espérais que les futurs moments entre nous seraient aussi conviviaux qu'avant, sans allusion à cette période sombre dont je n'avais toujours aucun souvenir.
J'avais parfaitement conscience que rien ni personne n'aurait pu me faire changer d'avis à l'époque. J'étais déterminée à remplir ma mission et faire de ce voyage mon dernier avant de fonder ma propre famille. Tout ça était remis en question à présent et ça me tuait de l'intérieur de me dire qu'en ayant voulu mettre un point final à un rêve, j'en avais détruit un autre dans la foulée. "Je sais bien mais ça ne rend pas la chose plus facile à supporter pour autant." Je n'étais pas du genre à m’apitoyer sur mon sort ni jouer la victime, d'ailleurs je refusais toujours qu'on me voit ainsi, mais dans ma situation actuelle, je n'arrivais pas à m'empêcher de culpabiliser. Après tout, j'avais joué avec le feu trop longtemps. "Je me dis que ce voyage ne valait pas la peine de risquer tout ce que j'avais... tout ce que j'ai maintenant perdu..." trois années de ma vie à profiter de chaque instant, à voir ma famille et mes amis, à fonder une famille... mais le pire de tout se trouvait devant moi. Le perdre, lui, était la pire de mes fautes. Il pouvait me remonter le moral avec ses paroles réconfortantes, ça ne changeait rien aux faits. D'ailleurs je tenais à ce qu'il soit honnête avec moi sur sa relation avec cette fille qu'il fréquentait. Je ne voulais pas me faire d'illusion, même si je gardais l'espoir de pouvoir un jour le reconquérir. Je sentais la gorge me serrer lorsqu'il m'avoua que leur relation était sérieuse. J'aurais du m'en douter pourtant. Quelle femme saine d'esprit ne voudrait pas passer sa vie avec un homme tel que lui ? Je détournais le regard, incapable de le regarder dans les yeux après un tel aveux. C'était douloureux, trop douloureux. Je profitais de l'intervention de l'ASH pour reprendre mes esprits et les laisser discuter tous les deux sur les pour et les contre de manger du tiramisu dans mon état. C'était le genre de futilité qui ne m'intéressait plus désormais et j'en profitais pour boire un verre d'eau même si ça ne faisait pas disparaître la boule qui s'était formée dans ma gorge.
Je ne m'étais pas rendue compte que j'étais perdue dans mes pensées lorsqu'il me fit une remarque sur la femme qui venait de sortir de la chambre. Je haussais les épaules, puis me forçai à parler pour penser à autre chose. "Elle a peut-être eu droit au même plat en guise de repas ? Il y a de quoi devenir aigris si c'est le cas !" J'exagérais, consciente d'avoir la chance d'avoir un repas après mes années de famine mais c'était la seule explication à peu près cohérente que j'avais trouvé. "Si j'ai bien compris je commence lundi. Ils me laissent le week-end pour me reposer et reprendre des forces avant de commencer la rééducation pour de bon." Je n'en pouvais plus d'être couchée dans ce lit, il avait beau être refait tous les jours, les soignants me proposaient même de m'aider à changer de position régulièrement mais je voulais retrouver l'usage de mes jambes. J'avais peur de ne pas supporter l'échec des premiers jours de rééducation. Il était clair que je n'allais pas remarcher du jour au lendemain et cette perspective me faisait peur. Moi qui avait toujours été active et dynamique, je me retrouvais clouée au lit malgré moi et ça m'ennuyait fortement. Giovanni se leva pour ouvrir la fenêtre, chose qu'il faisait souvent avant. Il avait toujours été celui qui avait chaud, alors que moi j'étais le contraire, une vraie frileuse. Mais je n'allais pas être contre un peu d'air, surtout que l'atmosphère était encore doux à cette période de l'année. "Au contraire, j'aimerais entendre autre chose que le bruit de ces machines pour une fois." Je montrais du doigt le scope qui prenait mes paramètres vitaux régulièrement ainsi que les pompes à perfusion qui me délivraient les médicaments dans les veines. Je l'observais s'installer sur le lit d'appoint et souris en le voyant râler. Il était adorable d'avoir accepter de rester avec moi, je devais donc profiter de chaque moment. "Je te proposerais bien de venir comparer avec le mien.. mais la place est limitée. Quoi que, je commence à avoir un peu froid.." C'était quitte ou double. Soit il acceptait de se coucher à côté de moi dans mon lit pour me tenir chaud, soit il refusait pour une raison évidente. J'aurais au moins essayé. Il me taquina ensuite et je levais les yeux au ciel en riant malgré moi. "Ça aussi, ça aurait pu me motiver à me lever plus vite pour partir, tu ne crois pas ?" Mon portable qui se trouvait sur ma tablette s'illumina m'annonçant l'arrivée d'un nouveau message. Ma mère me souhaitait une bonne soirée et me demandait de passer le bonjour à Gian. Je souris en lui répondant rapidement puis me tournai vers lui. "Ma mère te salue.. Elle m'avait dit que tu avais ouvert un bar à vin ? Raconte moi." J'étais fière qu'il ait avancé dans sa vie professionnelle d'autant plus qu'il était passionné par ce qu'il faisait. Je m'étais toujours intéressé à ce qu'il faisait et même si notre relation avait changé, je ne voulais pas qu'il pense que je ne voulais plus savoir ce qu'il faisait, bien au contraire.
   


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Sujet: Re: [Terminé] It's been a while ( le Mer 11 Oct - 23:22 )
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Après avoir essayé de la jouer sympa avec l’infirmière venue remporter le plateau à peine entamé, je la laissais repartir sans aucun regret. Elle ne devait certainement pas être celle dont m’avait parlé Amara en faisant référence à un personnel sympathique. Clairement. J’osais espérer que la mauvaise humeur de cette bonne femme serait que temporaire. Enfin après-tout elle nous avait finalement laissé sans trop s’énerver pour le Tiramisu et encore heureux. C’était qu’un dessert après tout. Et s’ils voulaient que la journaliste reporter reprenne des forces, ce ne serait certainement pas avec une alimentation aussi médiocre et écœurante. Elle avait été en sous-nutrition pendant si longtemps que je pensais bien, en la voyant, que des kilos perdus seraient à reprendre. Déjà que par nature la brunette est une femme élancée, de corpulence plutôt fine mais comme il faut… il fallait qu’elle remange un peu plus qu’à sa faim. Bien sûr en y allant progressivement mais le minimum était de fournir une alimentation appétissante. Pas ces plateaux qui étaient pires que ceux qu’offrent les compagnies aériennes médiocres. « Si c’est la nourriture qui la rend comme ça j’espère qu’elle n’aura pas le même effet sur toi alors ! S’il le faut je viens t’apporter de la vraie cuisine toutes les semaines si c’est pour t’éviter le même sort ! » lançais-je d’emblée.

Puis elle m’expliquait un peu son emploi du temps s’agissant de la kiné. je me doutais qu’elle ferait tout pour que les exercices se passent bien et qu’elle puisse progresser relativement rapidement. Amy était une femme qui n’aimait pas laisser trainer certaines choses et la procrastination n’était pas un mot qui faisait partie de son vocabulaire; Certes elle savait prendre le temps quand il le fallait mais pas our ce genre de choses. Sa force de caractère me poussait à croire qu’elle se débrouillerait bien. Malgré le fait qu’elle serait forcément frustrée au début car en dépit d’un esprit vif et actif, le corps ne suivait pas encore bien. Je ressentais qu’elle avait suffisamment perdu de temps selon elle et qu’elle voulait le rattraper, sortir d’ici au plus vite. « Je vois… si jamais ça ne va pas ou si tu as besoin de parler de tes séances, n’hésite pas d’accord ? Je pense que tout n’ira pas forcément à la vitesse souhaitée et je te connais. Tu vas t’énerver contre toi-même…. je prendrai des nouvelles pour ça de toute façon ». Finalement je me faisais un peu une question réponse car vu le contexte actuel, il n’était pas certain qu’elle n’ose m’appeler (ou le veuille). Je devais être celui qui redoublerait d’effort pour ne pas lâcher prise, et entretenir ce lien qu’on venait tout juste de récupérer après toutes ces années.

Pour la fenêtre, je m’étais permis plusieurs minutes plus tard d’aérer la pièce, avant de me poser dans le lit d’appoint et la taquiner comme je le faisais d’antan. Pourquoi changer des habitudes ? Surtout que tout ce qui pouvait lui être familier était bon à prendre, pour rendre un sentiment de confort, de connu… je savais ce qui lui faisait plaisir, je connaissais ses goûts et ne me gênerai pas pour essayer de lui donner un peu de joie, raviver quelques sourires sur son visage afin d’amoindrir le plus possible la pénibilité de l’hospitalisation. Intérieurement et inconsciemment, je me donnais cette mission. Enfin, ce n’était pas une mission en soi. J’étais simplement moi-même. Sur le coup, je ne rétorquai pas à sa remarque en renchérissant sur le casse-pied. Mais je la regardais, depuis ces quelques mots. Cet appel presque silencieux. « Je crois que ça l’aurait motivé lui ou elle à partir en fait… toi tu serais peut-être encore là ! » je riais encore de cette remarque qui n’avait rien de méchant. Encore une fois je la taquinais et elle le savait; Puis je me redressais pour aller refermer cette fenêtre. Au moment où je refermais cette dernière, j’eus quelques secondes, brèves certes, mais quelques secondes quand même d’hésitation. Je revenais vers mon lit sur lequel était posé mon portable. « Tu peux lui dire que je la salue en retour » dis-je rapidement avant de reprendre mon propos. « Oui ça fait un an qu’il est ouvert, enfin presque le 22 octobre ça fera un an…. j’ai eu une opportunité qui s’est présentée et je l’ai saisie » commençais-je en regardant si j’avais des photos des lieux ainsi que l’évolution des travaux, de l’installation et la déco du bar. « …. tu connais mon père il était ravi de ce projet et puis ça permet d’avoir un point de chute pour faire connaitre le vin du domaine familial … » logique. Qui plus est j’étais de nature sociable, j’étais bon en matière commerciale et dans le marketing … tout était configuré pour que ça fonctionne. « En plus il est très bien situé dans le cœur de Naples, ça marche super bien ». Ça y’est, je trouvais enfin quelques photos que je voulais lui montrer et je m’avançais vers son lit. Là je lui tendais mon téléphone sur lequel une photo récente y était. Avant que l’endroit ne soit plein de monde le soir. « Tu vois le comptoir là, qui est en bois de noyer noir puis laqué ? Et bien c’est Alceo qui l’a fait ». Il s’agissait d’un ami qu’on connaissait tout les deux de longue date, qui était menuisier et ébéniste. « Bon tu n’imagines peut-être pas le temps que ça a pris pour le faire car c’est sur mesure, puis il a fallut le laquer parce qu’évidemment s’il y’a de l’alcool dessus ça abîme le bois ». Pour moi, il fallait faire un usage intelligent de cette matière noble. Je regardais la brunette faire glisser les photos sur l’écran et zoomer de temps à autre, comme si elle y prêtait un grand intérêt. « Il faut regarder depuis le début parce que jamais on aurait pensé que ça allait être comme maintenant… tu aurais vu le chantier ! ». Puis je voulais lui raconter l’histoire de l’acquisition des lieux, comme si elle vivait cet instant avec moi. Du début du projet. Je m’assis sur le lit pour être en meilleure posture pour lui montrer et naturellement elle se décala un petit peu pour faire de la place. Tout en faisant attention aux divers tuyaux auxquels elle était accrochée et aux machines environnantes, finalement je m’installais petit à petit avec grande précaution pour ne pas lui faire mal ou déplacer, tirer quelque chose qu’il ne fallait pas. « Attends, je vais te montrer » dis-je en parlant des photos pour bien commencer au départ. « Ça va là ? » demandais-je afin de m’assurer de ne causer aucun mal. Je m’allongeais sur le rebord du lit qui il fallait l’avouer était très étroit et pas forcément conçu pour deux patients. Mais je me mettais en biais, sur la tranche et me rendant compte que je manquais d’équilibre en plus de ne pas être confortablement installé, je proposais quelque chose. « Deux secondes je pense qu’il faudrait que… » tout en parlant, je mettais bien un oreiller un peu plus redressé pour pouvoir m’y caler à hauteur de l’épaule droite et la gestuelle suivit pour faire de la place contre moi laissant ainsi mon bras droit sous elle, et utilisant bras gauche et main gauche pour tenir le portable et faire passer les photos du portable pour mieux suivre les étapes de l’instauration du bar à vin.

Je ne me rendais pas trop compte de ce qui se passait étant donné que ce n’était pas calculé, pas réfléchit, naturel en d’autres termes. Elle était venue contre moi et je pouvais rapprocher la main gauche pour maintenir l’iphone à bonne hauteur, sans qu’elle ait d’effort à faire. Parfois elle revenait sur une photo quand j’allais trop vite ou qu’elle voulait regarder les choses plus attentivement, avec intérêt. Et on conversait ainsi, pendant de longues, très longues minutes, échangeant quelques rires, et souvenirs. Je ne me rendais même pas compte, pas encore, que Amara commençait à s’endormir.

Emi Burton


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