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- Demon Day ft. Lucia Rizzo -

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Sujet: Demon Day ft. Lucia Rizzo ( le Jeu 17 Aoû - 17:26 )
Kinésithérapeute, j’étais soumis à deux codes de déontologie différents. Le premier était celui de la profession, celui auquel tous les professionnels de santé étaient soumis, avec quelques variations selon les spécialités mais globalement le même. Le second quant à lui, était officieux. J’étais même le seul à y être soumis. Pourquoi ? Tout simplement parce que c’était mon propre code de déontologie. Celui que j’avais créé et que je m’imposais. Des règles non écrites mais qui me permettaient d’être un professionnel irréprochable, sérieux et apprécié. Parmi ces obligations, celle de ne jamais rentrer dans un rapport de séduction avec une cliente. Le risque était trop grand, la relation malsaine et le travail potentiellement mal réalisé. Mauvais en tout point donc. Maintenant que je vous parle de tout ça, vous commencez à vous douter qu’il y a un « sauf que ». Bien vu. Je ne vous savais pas si pragmatiques. Sauf que voilà, tout bon – et même excellent dans mon cas – professionnel de santé a ses failles et j’avais les miennes. Lucia Rizzo. Voilà l’identité de ma faille. C’était en parfaite inconnue qu’elle était venue la première fois pour une consultation. Puis deux, trois, quatre, bref, vous voyez. Et plus les séances défilaient, plus la relation changeait. Le tutoiement a certainement était le début de la glissade vers l’avant. A moins que ce soit l’invitation au restaurant que je lui avais faite juste avant qu’elle quitte mon cabinet. Je ne sais plus. Toujours est-il qu’elle n’était plus une simple cliente. Il y avait ce fameux rapport de séduction que j’avais toujours voulu – et réussi – à éviter. Oui, nous flirtions. Pas une relation de couple, non, il n’y avait pas vraiment d’engagement entre nous. Pas du tout même. Nous étions juste bien ensemble sans avoir l’exclusivité sur l’autre. Et demain ? n’était pas vraiment une question que l’on se posait elle et moi. Demain était un autre jour, trop éloigné pour qu’on y pense, pas assez actuel pour qu’on s’y projette. A vrai dire, on savait rarement à l’avance si on allait se voir ou pas. Les seules entrevues préméditées étaient ses rendez-vous qu’elle continuait de prendre ; ceux où, perturbé par notre relation, je ne réalisais pas un travail des plus excellents. Honte à  moi.

Ce jour là nous avions d’ailleurs rendez-vous. Le dernier créneau de la journée. Son dos. C’était la raison officielle de sa venue. Sûrement une toute petite douleur qui ne nécessitait pas vraiment mon intervention mais bon, je ne boudais pas mon plaisir de la voir. Jamais. La journée fut un peu fade, comme souvent en fait, rien de bien croustillant à se mettre sous la dent, pas d’accident de piscine ou de blocage complet du corps. Dommage. J’aimais profondément mon métier, ça c’était une évidence et ce n’était a priori pas prêt de changer mais je dois avouer qu’il n’était la plupart du temps qu’une répétition cyclique des même cas, encore et toujours. Aussi peu réjouissants soient-ils, je traitais ces patients avec toute l’attention qu’ils méritaient, au moins par politesse, celle de me payer et d’entretenir mon train de vie. Je leur devais au moins ça. Quand vint l’heure du rendez-vous de la belle brune, je ne fus pas déçu de m’être ennuyé une bonne partie de la journée. Je m’étais attendu à autre chose, mais son attitude fut tout de même suffisamment étonnante pour susciter mon intérêt et mettre du piment dans ma journée. En effet, après avoir attendu dans la salle prévue à cet effet comme une patiente lambda, Lucia entra promptement dans mon bureau, le visage fermé, l’air boudeur. Pas un bonjour en me croisant, pas le moindre signe d’affection une fois la porte refermée, rien. Étonnant. J’imagine qu’on ne mange pas ensemble ce soir, je me trompe ? Ma question avait cette odeur d’huile qu’on jette sur un brasier.
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Sujet: Re: Demon Day ft. Lucia Rizzo ( le Ven 18 Aoû - 1:12 )
Ce qui est bien quand on est enseignant, c'est qu'on a des horaires plutôt sympathiques, qui laissent pas mal de temps pour d'autres activités. Ce qui est pénible quand on est enseignant : les élèves. Parce qu'ils pompent toute l'énergie et l'envie de vivre de ton corps. La semaine a été épouvantable, et dès le lundi j'en avais senti les effets. Ces maudits adolescents m'avaient tellement épuisés qu'a peine la première journée de la semaine, tout mon corps me criait de m'allonger et de ne plus bouger pour les trois jours consécutifs, et d'éteindre mon cerveau. Bien sûr, je ne l'avais pas écouté. Qui écoute son corps de toute façon ? Personne n'a le temps pour ça.
Non j'avais préféré passer des heures à corriger des copies, à préparer mes cours et à faire mes recherches. Bon, d'accord, j'avais passé plus de temps à faire des recherches que le reste. Et une fois de plus, j'avais vraiment cru avoir trouvé une piste intéressante. Mais non, c'était une impasse. Au cours des dernières années, j'ai bien remarqué que les différentes administrations ne menaient qu'a des impasses, mais je ne peux pas m'empêcher d'espérer quand même. Je venais de passer des heures penchée sur mon ordinateur, mal assise sur ma chaise de bureau ou avachie sur mon lit. Dès le lendemain, je savais que je ne survivrais pas si je ne prenais pas un rendez-vous avec le kinésithérapeute pour régler ça. La perspective de voir mon cher kiné Ugo m'avait enchantée au moment où j'avais appelé son cabinet. En effet, notre petit jeu de séduction me distrayais bien et je pouvais même envisager plus à la fin de l'entrevue : un dîner, une soirée, une nuit ...
Mais en arrivant dans la salle d'attente en fin d'après midi, j'étais d'une humeur massacrante. Le trajet du quartier de Fuorigrotta au centre ville de Naples avait été une horreur absolue, mes élèves avaient été particulièrement agités toute la journée, le proviseur était venu me trouver pendant la pause déjeuner pour me demander de chaperonner un groupe en sortie et je n'avais pas pu refuser, et mon dos me faisait souffrir comme jamais. Et pour en rajouter une couche, j'avais reçu un appel de mon banquier qui me demandait de ralentir sur mes appels à l'étranger car il venait de voir passer le chèque que j'avais rédigé pour ma compagnie téléphonique. En somme, je venais de passer une bonne journée et même une bonne semaine de merde. J'étais contente d'être enfin en week-end et de voir mes douleurs enfin être soulagées. Mais je n'étais en aucun cas d'humeur taquine ou séductrice.

Voilà pourquoi j'entrai dans le bureau d'Ugo le visage fermé, raide, et le regard noir. Je n'avais même pas daignée le regarder ou le saluer. Je voulais uniquement qu'il fasse son boulot correctement, sans jouer, pour que je puisse rentrer chez moi me coucher. Je m'assis sur la chaise face à son bureau comme une patiente normale, les bras croisés sur la poitrine et répondis sèchement à sa question  « Pas de repas, pas de ciné, pas de soirée, rien.» Je levai enfin le visage vers lui. Je devais être de sacrée mauvaise humeur car même son magnifique visage ne me fit pas flancher. « Je suis venue pour que tu arranges mon dos. Tu vas le faire j'espère ? » demandais-je, non pas en ayant l'air de le supplier, mais plutôt sur un ton qui le défiait de faire son travail correctement et rapidement, sans discuter.
Je n'attendis pas vraiment la réponse d'Ugo. Je me levais et commençais à enlever mes chaussures et ma veste pour me mettre plus à l'aise. Après tout, j'allais le payer, alors autant commencer pour que ce soit terminé le plus rapidement possible et que je rentre chez moi.
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Sujet: Re: Demon Day ft. Lucia Rizzo ( le Ven 18 Aoû - 14:19 )
Depuis le temps, je commençais à connaitre Lucia. Je la connaissais souriante, chaleureuse, séductrice, mais je la connaissais également agacée, énervée et boudeuse. La voir ainsi, aller s’asseoir directement sur une chaise sans un mot, n’avait donc rien de nouveau. Dans son dos, je décrochai un petit sourire en coin avant de contourner mon bureau pour aller moi aussi m’asseoir, face à elle. Là, il n’y avait plus de sourire, j’arborais mon expression neutre, presque froide, typique du kiné très professionnel que j’étais. Et puis il faut dire qu’avec la réponse spontanée de la jeune femme, l’ambiance n’était pas vraiment à la rigolade. Au moins les choses étaient claires, je savais d’ores et déjà que le soir venu, je n’aurais pas l’occasion de partager un repas avec elle et encore moins le droit à la chaleur de son corps, chose que je n’avais pourtant pas demandée. Bien. J’avais sans doute un peu sous-estimé ses douleurs dorsales car il était évident que c’était la raison de son humeur exécrable. Et j’avais surtout fait fausse route en pensant qu’elle venait pour moi en prétextant des douleurs mais si ça avait été un autre kiné, ça ne l’aurait visiblement pas dérangée : elle avait juste mal. Silencieux également, je commençai à prendre des notes comme je le faisais avec tous mes patients. Son identité, la raison de sa venue et ce que je comptais faire pour remédier à son problème. C’était une sorte de journal de bord, un rituel auquel je ne m’étais jamais soustrait ; à défaut d’être strictement rigoureux dans mes relations professionnelles, je l’étais dans ma méthodologie. C’était d’ailleurs sans doute ça qui faisait de moi le meilleur kinésithérapeute de la ville. Non, il n’existait pas de classement prouvant cette position dominante, c’était plutôt un titre autoproclamé disons. Mon cabinet ne désemplissait pas, jamais, et j’avais de bons retours alors pourquoi penserais-je l’inverse ? J’étais le meilleur, point. Mais bon, nous ne sommes pas là pour parler de mon talent, revenons-en à Lucia. A sa question rhétorique, je demeurais muet, me levant comme elle le fit quelques secondes avant moi pour se changer. Je me lavai les mains à l’aide d’une solution hydroalcoolique et me dirigeai ensuite près de ma table de massage. Allonge toi sur le ventre s’il te plait. Il n’y avait pas que des désavantages avec son humeur. En effet, la brune se montra très obéissante, sans doute parce qu’elle voulait en finir au plus vite. Je relevai légèrement le bas de son haut afin d’avoir accès au bas de son dos. Comment est-ce que je savais que c’était là qu’elle avait mal ? Tout simplement parce que 90% des douleurs dorsales étaient situées à cet endroit, le haut du dos n’étant pas réputé pour être une zone de rhumatismes. Mes mains vinrent se poser dans le bas de son dos et mes paupières tombèrent pour que je me retrouve dans le noir. De cette façon, je me fiais à 200% à mon toucher et j’avais l’impression de mieux visualiser le squelette et les muscles que je sondais. Les manipulations durèrent une trentaine de secondes, parsemée de plusieurs froncements de sourcils, avant que je parvienne à localiser l’épicentre des problèmes de la jeune femme. A nouveau, un petit sourire malicieux vint prendre place sur mon visage et je rouvris les yeux. Taquin, j’appuyais relativement fermement sur le point de souffrance de Lucia et lui demandai innocemment C’est là que tu as mal? Evidemment que c’était là qu’elle avait mal, je le savais, je le sentais. Mais je prenais un malin plaisir à la provoquer un peu et attiser son agacement. Ça n’était pas drôle sinon ! Il fallait bien que je profite de cette position de force, je ne pouvais pas le faire souvent. Tu n’as pas le dos suffisamment musclé Lucia… J’appuyais une nouvelle fois sur la zone douloureuse, avec plus de retenue et dans le but de réellement commencer mon travail cette fois. … et tu es très tendue. Vous en doutiez vous ? On va commencer par un massage de relaxation musculaire ensuite je vais te faire faire quelques exercices que tu devras reproduire chez toi. Je laissai planer un instant de silence avant d’achever ma phrase. Ou chez moi.


Dernière édition par Ugo Castagliuolo le Dim 20 Aoû - 22:29, édité 1 fois
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Sujet: Re: Demon Day ft. Lucia Rizzo ( le Sam 19 Aoû - 1:09 )
Visiblement Ugo avait compris le message. Et je lui en étais presque reconnaissante. Presque.
Tandis qu'il inscrivait je ne sais quoi sur son petit carnet, minutieusement, je continuais de détacher mes lacets, ce qui me fit faire une grimace. Me baisser était douloureux. A vrai dire, j'en étais presque au point de penser que respirer était douloureux. Alors lorsqu'il me demanda de m'installer sur la table, je m'exécutais, ravie que l'on commence enfin la séance.
D'habitude, lorsqu'il soulevait mes vêtements, nous échangions des regards taquins et des paroles un chouillat plus teintées de séduction. Là, je ne dis rien et me contentais de le laisser faire son travail. Il semblait concentré, il ne parlait pas, sa respiration s'était calmée. Pour être tout à fait honnête, je ne l'avais que rarement vu aussi appliqué et sérieux. Notre relation ne m'amenait pas vraiment à le voir sous cet angle. Oh, je le voyais sous d'autres angles, plein d'autres, si vous voyez ce que je veux dire (hinhinhin). Parfois, on parlait de choses un peu plus sérieuses lorsqu'on prenait un café ou qu'il était vraiment tard dans la nuit. Ugo est quelqu'un d'attentif, qui est à l'écoute des autres. Probablement ce qui fait de lui un kiné réputé à Naples. Et pour de bonnes raisons. Si je venais habituellement le voir pour des douleurs mineurs, c'était surtout parce qu'il s'agissait d'un bon divertissement et que la suite du rendez-vous promettait généralement de bons moments. Mais je savais qu'il connaissait son métier et qu'il le faisait bien. Voilà pourquoi j'étais là aujourd'hui et pas chez un autre. Je lui faisais conf … OH PUTAIN LE SALOP ! L'expression “appuyer là où ça fait mal” vient de prendre tout son sens. Je retins un grognement lorsqu'il appuya exactement là où j'avais mal. Et en plus il osait me demander si ma douleur se situait bien à cet endroit. Sa voix le trahissait. Je le connaissais suffisamment bien pour savoir qu'il était totalement conscient de ce qu'il venait de faire et qu'il prenait un malin plaisir à remuer le couteau sous la plaie. Je répondis entre mes dents, mais sarcastiquement, à la fois pour me retenir de l'insulter mais aussi parce que c'était très douloureux. « Dans le mille ... »
Sa remarque suivante me fit lever les yeux au ciel. Si j'avais pu, je me serais retournée vers lui pour qu'il le voit. Mais hmm, Ugo n'avait pas tort. Je savais pertinemment que je n'étais pas assez musclée. Il me l'avait dit à plusieurs reprises et j'en sentais de toute façon régulièrement les effets. Mais peu importe. Il m'agaçait. Cet idiot de blond n'avait pas besoin de me faire la morale. Il avait juste à faire son boulot, sans rien dire.
Lorsqu'il reprit ses mouvements, j'étais à deux doigts de l'insulter. Mais il était réellement en  train de travailler, et plus en train de m'embêter. Je faillis lâcher un soupir de soulagement lorsque je sentis mon corps commencer à se détendre, mais je ne voulais pas lui donner cette satisfaction. J'étais toujours de mauvaise humeur et il m'irritait à faire ses remarques stupides. Je ne pus m'empêcher de lui répondre « Noooon ? Sans rire ? Merci Captain Obvious ! Je m'étais pas rendue compte que j'avais passé une semaine pourrie et que ça m'avait un poil tendue. »
Si j'avais pu je l'aurais étranglé. Je détestais son ton condescendant. Est-ce qu'il était vraiment tout le temps comme ça ? Est-ce que je ne me suis jamais rendue compte qu'Ugo était un être relativement irritant ? Et voilà qu'il en remettait une couche avec ses foutus exercices que je devrais faire.
Je me redressais d'un coup, l'obligeant à enlever ses mains de mon corps et à reculer un peu. Sa dernière remarque était de trop. Je n'étais définitivement pas d'humeur pour ce genre de phrase potache. « Tu sais quoi ? J'ai pas besoin de ton aide. Je vais rentrer chez moi. Seule. » lui dis-je froidement en le regardant droit dans les yeux.
A peine avais-je fini de parler que j'étais déjà descendue de la table, un peu haute pour moi, et que j'étais en train de remettre mes chaussures. Je souhaitai bien lui faire comprendre qu'il m'avait plus qu'agacée et que je trouvais son comportement écœurant alors je lâchai « Bien évidemment, ce semblant de consultation est offert par la maison hein ? » en me redressant et en enfilant ma veste.
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Sujet: Re: Demon Day ft. Lucia Rizzo ( le Dim 20 Aoû - 23:15 )
Vous vous rappelez ce moment où je vous ai dit que je connaissais parfaitement Lucia ? Et bien disons que j’ai été un peu trop prétentieux. Subir quelques petits coups de colère passagers venant d’elle ne signifiait pas que je la connaissais par cœur et cette colère là en était bien la preuve. Rarement la demoiselle m’avait repoussé aussi rapidement et pour si peu. Bon, ok, j’admets que ma remarque était un peu déplacée et que je méritais sa réaction mais bon… n’était-elle pas un peu disproportionnée ? Non ? Ah. Merde. Serein et immobile, je regardai Lucia quitter la table de massage d’un bond après m’avoir fusillé du regard et revenir sur sa chaise pour remettre ses chaussures. Vraiment ? Elle était vraiment en train de me faire une crise de cette ampleur là ? Dingue. Hallucinant même. Après tout, son degré de rage importait peu, elle restait fidèle à elle-même. Je pouvais sans doute m’estimer heureux qu’elle ne puisse pas voir mon sourire en coin amusé car dans le cas contraire, le volcan à chevelure brune se serait mis à gronder de plus belle. Si notre cher Vésuve adoré devait avoir une apparence humaine, il aurait très certainement les traits de mademoiselle la professeure, tous les deux partageant des éruptions explosives, violents, impressionnantes. Quant à moi, si je devais être un volcan – et j’étais très loin d’en être un – on m’associerait certainement l’Etna, volcan effusif donc plus calme, moins dangereux. En fait Lucia et moi formions une sorte d’équilibre parfois instable, parfois plus constant. Elle avait la fougue, j’avais le flegme, elle campait sur ses positions, j’étais conciliant, elle était le feu, j’étais plutôt l’eau, elle était belle… et j’espérais un équilibre instable pour le coup.

Adossé contre un mur, je regardais donc la scène avec amusement. L’énervement a ça de beau qu’il provoque parfois des moments de maladresse. Et c’était exactement le cas à ce moment là. Je ne pouvais pas faire la remarque, au risque de provoquer une nouvelle éruption, mais Lucia semblait avoir le plus grand mal à remettre correctement ses chaussures. Je retins un rire, qui aurait été aussi déplacé que ma remarque, en positionnant un poing fermé devant ma bouche, toussai et sortis de mon silence. Donc là, tu es en train de me dire que tu vas quitter mon cabinet, rentrer chez toi, passer un week end douloureux et repartir sur une semaine de travail crispante qui va accentuer tes tensions, c’est ça ? J’étais fier de moi. Très fier. J’espérais que la petite furie se calme et reprenne un instant son sérieux. Le même sérieux dont je faisais également preuve pour que mon discours ait plus d’impact. Fini le sourire provocateur, place au visage froid que je savais tout aussi bien faire. Après tu n’as peut-être pas si mal que ça en fait. Ça, j’en doutais fortement, mais l’appel de l’attaque facile avait été trop tentant. Elle avait bel et bien mal, je l’avais senti – ou du moins compris – et les jours passés sans soin n’aideraient pas son cas. Ça n’était pas une petite douleur bénigne, elle était plutôt au bord du blocage complet du dos si elle tirait trop dessus. Qui veut aller loin ménage sa monture et si Lucia était sa propre monture, elle devait faire gaffe ! D’un geste de l’épaule, je me décollai du mur et me dirigea à nouveau vers ma table de massage. Je me retournai ensuite vers la jeune femme que je fixai froidement tout en tapotant légèrement la table. On reprend ? D’après mes calculs très scientifiques, elle allait surement revenir à la raison et retirer ses chaussures pour revenir s’allonger. De toute façon, c’était la seule possibilité pour elle, dans tous les autres cas elle était perdante. Je la savais intelligente, elle aussi ferait les calculs dans sa tête et arriverait à la même conclusion que moi. Du moins j’espérais. Pour elle. Je fais mon travail, tu règles ta consultation et tu rentres chez toi soulagée et seule. On fait comme ça ? dis-je sur un ton assez monocorde, une expression neutre sur le visage.
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Sujet: Re: Demon Day ft. Lucia Rizzo ( le Mer 6 Sep - 0:15 )
Le bras à peine passé dans la manche, je tentais d'attacher ma veste, malgré la grimace que m'avait arraché la douleur provoquée par mon dernier mouvement. J'espérai qu'Ugo ne l'ai pas vu. Je sentais bien qu'il profitait de ce moment, et je savais pertinemment que je devais lui sembler ridicule à m'emballer ainsi. A croire qu'il n'avait jamais eu mal au dos. Tellement jamais qu'il préférait rester dans un coin de la pièce, le regard posé sur moi, à ne rien faire. J'allais me retourner vers lui pour le fusiller du regard lorsqu'il reprit la parole.
Ugo venait de marquer un point. Si je quittais le cabinet maintenant, j'allais passer le week-end dans d'atroces souffrances et enchaîner une nouvelle semaine à la recherche d'un kiné, qui serait sans doute moins efficace que lui. Bien évidemment qu'il savait avoir trouvé les bons mots pour me retenir. Je me voyais donc obligée de lui donner raison. Ce qui m'agaça au plus haut point. Ça et son ton arrogant.. Cet homme avait beaucoup trop de confiance en lui. Voilà ce qui m'énervait le plus chez lui : son arrogance et surplus de confiance. Mais en plus d'être agacée par ces points là, c'étaient aussi des éléments qui m'attiraient. Sa confiance en lui avait quelque chose de fascinant et de rassurant qui m'amenait toujours à me retrouver dans ses bras au beau milieu de la nuit. Et parfois même de la journée. Ugo avait ce quelque chose qui je savais pourrait me rendre accro à tout moment. Notre relation me convenait comme elle l'était à ce jour, mais je savais qu'au moment fatal où je me sentirais au plus bas, je risquais de plonger tout droit dans le piège qu'il me tendait malgré lui. Nous étions clairs sur ce que nous voulions l'un de l'autre, mais sa personnalité, sa façon d'être pourraient un jour avoir raison de moi et il était difficile pour moi de me l'avouer. Nos personnalités avaient beau être très souvent à l'opposée l'une de l'autre, je ne pouvais m'empêcher de remarquer que nous fonctionnions assez bien tous les deux. Il calmait mes coups de colère, et je le poussais à sortir de sa zone de confort.

Enfin, là, il était loin de calmer mon énervement.
Je dus me retenir de l'insulter en entendant son insinuation sur la réalité de ma douleur. Je savais qu'il ne faisait ça que pour me faire réagir. Il avait visiblement envie de jouer, mais je ne comptais pas lui donner ce qu'il voulait. Je me contentais de me retourner vers lui pour le regarder. Son petit sourire en coin que je ne connaissais que trop bien se transforma rapidement. Il était redevenu professionnel, froid. Sa capacité à passer du Ugo que j'appréciais habituellement au Ugo médecin compétent était somme toute assez impressionnante. Sa proposition de reprendre la séance me sembla tout d'abord indécente. Il me prenait pour qui ? Une fille qui se laissait convaincre facilement de suivre les conseils d'un tocard comme lui ? J'étais bien trop énervée pour céder. Ou alors, l'étais-je vraiment ? Je sentais les engrenages de mon cerveau fonctionner à plein régime. Voilà que j'étais en train de peser les pour et le contre. Il me promettait une consultation en règle et un week-end tranquille. Je lui devrai sans doute, en plus du prix de la consultation, une fière chandelle. Étais-je prête à payer ce prix ?

Un soupir plus tard (celui annonçant ma défaite) j'étais déjà en train de retirer de nouveau veste et chaussures afin de m'installer sur la table de massage. Le choix avait donc été fait rapidement mais sans un mot.

~

Une fois que ses mains quittèrent mon corps pour de bon ce coup ci, je ne me relevais pas immédiatement. Je savourais la sensation de mon corps que je sentais se détendre un peu plus. Je poussais un soupir de soulagement cette fois ci. Il avait vraiment un don ce Ugo.
Alors que je me redressais enfin pour m'asseoir sur la table, je réalisais que je n'avais pas été très tendre avec lui depuis que j'étais arrivée. Certes, mon mal de dos avait été épouvantable, mais j'aurais peut être pu lui dire bonjour. Au moins ça … Je baissais timidement la tête, replaçait une mèche derrière mon oreille et dit timidement « Euh, salut au fait … » en rougissant. Je me sentais idiote d'avoir agit ainsi et je sentais que je lui devais des excuses « Hmm, je … Tu … Enfin, je ... » Non, pas moyen de lui présenter des excuses, mon ego en serait trop affecté. Je descendit le plus gracieusement possible de la table de massage avant de me diriger vers son bureau où il était retourner s'installer. Je m'assis sur la chaise face à lui. Je ne dis rien le temps de remettre mes chaussures et de tenter de me recomposer une face. Les joues moins rosies par ma honte je lui dis alors, mal à l'aise « Euh, merci pour … pour la consultation. Je te dois combien ?  »
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Sujet: Re: Demon Day ft. Lucia Rizzo ( le Lun 25 Sep - 13:13 )
La victoire sur la tenace Lucia, qui venait de céder sous mes yeux, ne provoqua pas la moindre réaction visible de ma part. Pas de sourire, pas le moindre étirement des traits de mon visage. Rien. Et pourtant, j’étais très heureux. Heureux de l’avoir faite plier. Heureux qu’elle mette pour une fois son ego de côté pour avouer, sans le dire, que j’avais raison. Heureux qu’elle reste, surtout. Enfin bon, dans cette histoire l’essentiel du mérite revenait aux douleurs de la jeune femme ; moi je n’avais fait que les verbaliser, les mettre en valeur part des mots. Les maux, eux, avaient tout fait, et se suffisaient à eux même. Il m’avait alors suffit de faire comprendre à la brune qu’elle perdrait au change en s’éclipsant comme elle s’était apprêtée à le faire. Et il faut dire que j’avais à nouveau vu juste. Il n’y avait qu’à voir son visage crispé, preuve irréfutable de son amertume face à moi et mes arguments implacables. J’avais posé la question pour la forme, mais je savais bien qu’en effet, nous allions reprendre la séance et c’est en effet ce qui se passa, nous reprîmes. Habitué à une tension joueuse entre nous deux lorsque Lucia venait à mon cabinet pour de prétendues douleurs, je ne pu ressentir cette fois ci que la tension, bien réelle, du dos de la demoiselle. La séance fut silencieuse, froide, bref, très professionnelle. C’était un peu comme s’il n’y avait jamais eu cette alchimie particulière entre nous ; presque comme si nous ne nous connaissions pas.


Mon travail terminé, je reculai immédiatement de deux pas, laissant ainsi de la place à la jeune femme pour qu’elle puisse s’asseoir et se mettre par la suite sur ses deux pieds. Le silence était toujours là, lourd, accablant. Ça n’était pas dans mes habitudes mais là, pour le coup, je ne savais pas vraiment quoi dire. Parler argent comme ça, de but en blanc ? Non. Silence glacial ou pas, il s’agissait tout de même de Lucia, ce n’était pas n’importe qu’elle patiente. Le silence d’ailleurs, cette dernière le brisa. D’une manière assez bancale, certes, mais elle le brisa quand même. Et puis de toute façon, il n’y avait a priori aucune autre façon de faire pour rétablir un semblant de dialogue. Mon visage se décoinça, et un mince sourire se dessina. Salut. répondis d’une voix un peu étouffée, un ton qui se voulait doux et chaleureux à la fois. Elle baragouina quelques mots qui n’avaient pas de sens, qui n’aboutirent à rien et je profitai de cette occasion pour retourner à mon bureau pour lui prescrire non pas des médicaments mais des exercices à faire. Ainsi, en cas de douleurs récidivistes – sans doute accompagnées de l’humeur massacrante de rigueur dans ces cas là – elle ne serait pas obligée de venir se soumettre à mes provocations. Cependant, à la moitié de mon « ordonnance », Lucia me coupa dans mon élan en me remerciant. Vraiment ? Elle venait vraiment de me dire merci ? Où était passée la colère ? Où était la brune râleuse que j’avais vue une demi-heure plus tôt ? Ma tête se releva en même temps que je haussai un des mes sourcils. Le gauche plus précisément. Tu ne me dois rien, c’est offert par la maison. Prends ça comme une preuve que tu ne trouveras pas meilleur kiné que moi en ville. dis-je sans gêne tout en reprenant l’écriture des exercices auxquels devait se soumettre la jeune femme devant moi. La modestie était un concept assez flou pour moi vous savez. Je ne connaissais ni son but, ni son intérêt. J’étais le meilleur kinésithérapeute de la ville alors pourquoi voudrais-je dire l’inverse ? Insensé.


Je terminai le descriptif, le signai, le tamponnai et le fis glisser en direction de mon amie, si tant est que « amie » soit le mot correct pour désigner Lucia et la relation que j’entretenais avec elle. Voilà. C’est ce que tu dois faire si ton dos se fait à nouveau capricieux, mais tu devrais surtout faire plus de sport pour éviter qu’il le soit. Prévenir plutôt que guérir, tu vois le genre ? Lucia était cette femme chanceuse, gâtée par la nature et qui n’avait pas spécialement besoin d’une activité physique pour conserver sa silhouette longiligne qui me plaisait tant. J’étais pour ma part cet homme chanceux, capable de lui faire comprendre qu’elle était peut-être un peu trop paresseuse sans trop m’attirer ses foudres, ou de manière raisonnable en tout cas. Oh et au fait ! Je t’offre peut-être la consultation, mais je pense qu’il serait poli que tu m’invites au restaurant, disons… hmm… la semaine prochaine, puisque tu sembles occupée ce soir, mardi, à vingt heures trente, pour me remercier comme il se doit, tu ne penses pas ? Je savais qu’elle savait qu’avec moi, rares étaient les fois où j’offrais réellement quelque chose sans idée derrière la tête. Et elle devait savoir que je savais qu’elle savait. Vous suivez ? Mon sourire nettement plus large me trahissait de toute manière. A moins que ton emploi du temps se soit miraculeusement libéré ce soir.
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Sujet: Re: Demon Day ft. Lucia Rizzo ( le )
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